L’ambassade américaine en Ouganda met en garde contre une attaque de style «Westgate»

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Des militants du groupe djihadiste Al-Nusra dans le village d'Aziza en Syrie, le 4 avril 2013 (Archives/Guillaume/AFP(Briquet
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Des militants du groupe djihadiste Al-Nusra dans le village d'Aziza en Syrie, le 4 avril 2013 (Archives/Guillaume/AFP(Briquet
Des militants d’un groupe djihadiste  dans  un village syrien (Archives/Guillaume Briquet/AFP)

L’ambassade des États-Unis en Ouganda indique la possibilité d’un attentat similaire à celui de Westgate à Kampala et le service d’aide au voyageur du gouvernement canadien a jugé la mise en garde assez sérieuse pour en faire état.

Du côté canadien, aucun avertissement n’était en vigueur auparavant pour l’ensemble de l’Ouganda, bien que le ministère canadien des Affaires étrangères estimait déjà qu’il convenait toutefois de faire preuve d’une grande prudence en raison des troubles civils, de la criminalité, du banditisme armé.

 

La mise en garde publiée il y a quelques jours par l’ambassade américaine à Kampala, indique que l’ambassade continue d’évaluer les rapports qu’une attaque du genre de celle du Westgate Mall à Nairobi [où un commando terroriste shebab avait semé la mort dans ce centre commercial de luxe de la capitale kenyane] pourrait bientôt se produire dans la capitale ougandaise.

Les responsables de l’ambassade partagent toutes les informations avec les autorités ougandaises, précise la mission diplomatique américaine.

En ce moment, poursuit la mise en garde de l’ambassade, il n’y a pas plus d’informations sur le moment et/ou l’emplacement de cette attaque.

L’ambassade rappelle sa politique qui est d’alerter les citoyens américains à propos de toute information crédible ou de menaces potentielles et, recommandant la vigilance, demande aux Américains d’éviter les lieux publics qui attirent de grandes foules.

Interrogée vendredi 18 octobre lors du point de presse quotidien sur cette menace d’une attaque sur le modèle de celle du Westgate Mall, et alors que la police ougandaise redouble de vigilance dans les centres commerciaux de la capitale, la porte-parole du Département d’État, Jan Psaki, Westgate», a expliqué que le Département d’État envoie régulièrement ce genre de mise en garde «en fonction des besoins dans les pays.

Comme il est noté dans la mise en garde de l’ambassade, «Nous n’avons pas d’ informations spécifiques plus sur le calendrier et/ou l’emplacement d’une attaque potentielle», a précisé la porte-parole américaine, mais «Nous prenons toute menace, tout rapport du genre au sérieux et, en conformité avec notre politique, nous avons partagé nos informations […] par un message public aux citoyens américains qui vivent là-bas.»

La politique américaine à cet égard, appelée «no-double-standard», prévoit en effet que le gouvernement des États-Unis ne doit pas cacher aux citoyens américains les informations leur permettant de gérer leur sécurité qu’il révélerait au personnel à son emploi.

L’attaque du centre commercial de Nairobi le mois dernier a fait une soixantaine de morts selon les autorités kenyanes, plus d’une centaine selon les assaillants shebabs, quui l’ont présenté comme un avertissement aux puissances occidentales et à leurs alliés.

De plus en plus, avec le succès des services de contre-terrorisme occidentaux qui ont prévenu toute attaque majeure en Occident depuis huit ans, comme le faisait remarquer Pierre Alain Clément dans une analyse parue sur 45eNord.ca, les djihadistes, confrontés à une marge de manœuvre qui se réduit dans les pays dont les États ont une bonne maîtrise de leur territoire et de leur population, mènent des opérations de grande envergure dans des pays alliés (ou supposés tels) de l’Occident qui maîtrisent moins bien leur territoire et leur population.

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