Centrafrique: magistrat assassiné et recrudescence de la violence à Bangui

Des rations alimentaires sont remises par le PAM à des populations vulnérables près de Bangui, la capitale centrafricaine (Archives/Hervé Serefio/PAM)
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Des rations alimentaires sont remises par le PAM à des populations vulnérables près de Bangui, la capitale centrafricaine (Archives/Hervé Serefio/PAM)
Des rations alimentaires sont remises par le PAM à des populations vulnérables près de Bangui, la capitale centrafricaine (Archives/Hervé Serefio/PAM)

En Centrafrique, pendant qu’on regarde ailleurs, la situation ne fait qu’empirer, l’insécurité règne encore partout au pays et, maintenant, on assiste à une recrudescence de la violence et des exécutions sommaires dans la capitale elle-même.

Le Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en République centrafricaine (BINUCA) a exprimé lundi sa préoccupation face à la multiplication des incidents violents dans la capitale, Bangui, dont des meurtres et des vols à main armé, et a appelé le Gouvernement de transition à assurer que les auteurs soient traduits en justice, rapporte le service d’information de l’ONU.

Les propos de Bruno Charbonneau, de la Chaire Raoul-Dandurand de l’UQAM, sur 45eNord.ca il y a deux mois, sont encore d’actualité «Depuis le coup d’État, le gouvernement provisoire n’a démontré aucun réel pouvoir ou contrôle de la situation. Les rapports d’abus et de désordre se répètent et font craindre à certains la normalisation d’une situation sans État dans une région qui n’a nullement besoin d’une zone non gouvernée.

«La ville de Bangui est le théâtre depuis plus d’une semaine d’une recrudescence de la violence marquée par des vols à mains armés et des exécutions sommaires et extrajudiciaires. Parmi les victimes identifiées figurent des membres des Forces armées centrafricaines (FACA) et Modeste Martineau Bria, un Haut Magistrat assassiné le 16 Novembre au soir», a indiqué le BINUCA dans un communiqué de presse.

Le BINUCA rappelle que la sécurité des personnes et des biens est tout d’abord la responsabilité du Gouvernement de transition» et exhorte «les autorités centrafricaines à faire toute la lumière sur ces meurtres et assassinats, ainsi que sur les violations des droits de l’homme et à traduire devant la justice les auteurs de ces crimes».

Il invite également les autorités gouvernementales à poursuivre et à accélérer la restauration des capacités de la police et de la gendarmerie et à leur confier exclusivement les missions de sécurité, de maintien et de rétablissement de l’ordre à Bangui.

En octobre, le Conseil de sécurité des Nations unies avait approuvé l’envoi de 250 militaires pour protéger le personnel et les installations de l’ONU en République centrafricaine (RCA)

Ces 250 soldats, qui ne sont pas des Casques bleus, ont été déployés à Bangui. Quant la France, elle a déployé quelques centaines d’hommes sur place pour sécuriser l’aéroport et protéger ses ressortissants.

Pendant ce temps, la situation sécuritaire et humanitaire n’a cessé de se dégrader et, aujourd’hui, on assiste à une nouvelle montée de la violence dans la capitale même de ce pays où les rebelles de l’ex-Séléka, qui avaient chassé le président centrafricain Bozizé le printemps dernier, ne sont toujours pas rentrés «dans le rang» et multiplient violences et exactions.

«Entre les conflits au Mali et en Syrie, entre l’intervention militaire de la France dans le premier et l’hésitation des États-Unis dans le second, la crise humanitaire et sécuritaire en République centrafricaine (RCA) est plus ou moins passée inaperçue.», écrivait aussi le professeur Charbonneau sur 45eNord.ca.

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