Réunion de crise à l’Élysée après l’assassinat des deux journalistes français au Mali

0
162
Photomontage non daté fourni le 2 novembre 2013 par RFI montrant Ghislaine Dupont et Claude Verlon (AFP)
Temps de lecture estimé : 4 minutes

À la sortie de la réunion ministérielle ce matin, dimanche 3 novembre à l’Élysée, au sujet de l’assassinat de deux journalistes de RFI au Mali, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a révélé que les deux journalistes ont «été assassinés froidement» par balles par des «groupes terroristes».

À la réunion de crise de ce matin, «Tout a été mis en oeuvres afin de retrouver les assassins» a aussi déclaré le ministre.

À son point de presse ce matin, Laurent Fabius a rappelé les circonstances de l’assassinat «les deux journalistes étaient à Kidal pour réaliser la préparation de d’une émission d’ensemble de RFI et ils sont venus pour interviewer un responsable du MNLA, Ce qu’ils ont fait. Et à la sortie de l’interview, à 13h10 exactement, ils ont été kidnappés par un petit commando et emmenés hors de Kidal et assassinés, froidement».

L’un a reçu deux balles, l’autre trois balles», a révélé le chef de la diplomatie française, ajoutant que «Leurs corps ont été retrouvés à 12 km […] à quelques mètres de la voiture fermée à clé, il n’y avait aucun impact de balles sur la voiture».

«Immédiatement bien sûr, une action a été organisée pout tenter de retrouver les assassins», a ajouté le ministre.

La veille, le chef de l’État français s’était entretenu en soirée par téléphone avec son homologue malien, Ibrahim Boubacar Keöta, qui lui a présenté les condoléances du peuple malien. «Les deux Présidents ont marqué leur volonté de poursuivre sans relâche la lutte contre les groupes terroristes qui restent présents au Nord du Mali. Les meurtres odieux commis aujourd’hui à Kidal ne peuvent que renforcer la détermination des deux États à poursuivre et à remporter ce combat commun contre le terrorisme.», disait hier le communiqué de l’Élysée sur cet entretien.

«Les assassins, ce sont ceux que nous combattons, c’est-à-dire les groupes terroristes qui refusent la démocratie et qui refusent les élections», a déclaré ce matin Laurent Fabius, faisant état de la conversation téléphonique de la veille pour souligner que le président Keïta avait à cette occasion «réaffirmé sa détermination à ce que les élections [législatives, dont le premier tour est prévu le 24 novembre, ndlr] aient bien lieu».

«De la même façon, il faut souligner», a annoncé le ministre français des Affaires étrangères, «que la sécurisation de l’ensemble de la zone et des zones voisines, s’agissant en particulier des ressortissants français, va bien sûr être accrue».

Le nord du Mali, occupé en 2012 par des islamistes armés liés à Al-Qaïda, reste très instable même après l’ intervention armée internationale lancée par la France en janvier, toujours en cours d’ailleurs, pour traquer les djihadistes.

Kidal, où les deux journalistes français ont été enlevés et assassinés, échappe à toutes fins pratiques au contrôle de Bamako et est encore sous la coupe de groupes rivaux touareg, malgré la présence de quelque 200 militaires français de Serval, basés à l’aéroport, et de troupes de la MINUSMA, la force de maintien de la paix de l’ONU au Mali.

«Un crime contre des journalistes, c’est un double crime», a poursuivi Laurent Fabius, «C’est un crime contre les personnes, qui, je le répète, ont été froidement assassinées, dans des conditions odieuses, mais c’est aussi un crime contre la liberté d’informer et d’être informé. Et c’est la raison pour laquelle il est d’autant plus important que nous vous fournissions les précisions que je viens de fournir et que la presse fasse son travail»

«Dans ces circonstances», a-t-il conclu «il y a à la fois une émotion considérable, une indignation estrêmement forte et la détermination de la France de lutter contre le terrorisme».

Par ailleurs, le Président de la République a aussi reçu ce matin les responsables de RFI et le ministre laurent Fabius se rendra lui-même en fin de matinée avec la ministre de la Culture, Aurélie Filipetti, pour rencontrer les équipes de RFI.


Déclaration de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, à la suite de la réunion à l’Elysée, avec le président de la République et les ministres concernés, au sujet de l’assassinat de deux journalistes de RFI (Présidence de la République française)

À lire aussi:

Mali: les deux journalistes français enlevés samedi à Kidal retrouvés morts >>

 

Mali: à Gao, où les islamistes rôdent, la colère gronde contre l’État >>

 

Mali: combats à Kidal et brusque dégradation de la situation sécuritaire dans le Nord >>

 

Mali: opération d’envergure conjointe France-Mali-ONU pour stopper les terroristes >>

 

Avec la dégradation de la situation au Mali, Serval permet de sauver les billes >>