RDC: tentative de coup d’État repoussée, au moins 40 morts à Kinshasa

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Des chars de l'armée régulière de la République démocratique du Congo (Archives/Junior D. Kannah/AFP)
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Des chars de l'armée régulière de la République démocratique du Congo (Archives/Junior D. Kannah/AFP)
Des chars de l’armée régulière de la République démocratique du Congo (Archives/Junior D. Kannah/AFP)

La prise d’otages et la réplique qui a suivi ont fait au moins une quarantaine de morts parmi les assaillants lors d’une tentative ratée de coup d’État en RDC lorsque les forces gouvernementales congolaises ont repris le contrôle de la situation.

Mise à jour 1, à 18h00

Au total, les attaques ont fait plus de 70 morts, a déclaré lundi soir à l’AFP Lambert Mende, porte-parole du gouvernement, soulignant qu’un bilan plus précis serait communiqué mardi.

Au total, à Kinshasa, 52 terroristes ont été tués, 39 ont été capturés – dont deux blessés qui sont sous soins médicaux – et neuf civils ont été blessés: sept à la RTNC (télévision publique), qui sont également sous soins médicaux, et deux à l’aéroport, a-t-il précisé, indiquant également que trois militaires ont été tués – dont un officier supérieur à l’état-major et deux autres.

Mise à jour 2, du 31/12/2013, à 13h00

Le gouvernement congolais a affirmé mardi que 103 personnes avaient été tuées dans «l’offensive terroriste» menée lundi par des assaillants se réclamant du pasteur Joseph Mukungubila Mutombo, qui demande le départ du président Joseph Kabila.

«Le bilan définitif de cette offensive terroriste est donc globalement […]de 103 morts, dont 95 terroristes assaillants et 8 éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo», a déclaré Lambert Mende, porte-parole du gouvernement au cours d’une conférence de presse.

Des opposants au régime du président congolais Joseph Kabila ont mené lundi des attaques simultanées à Kinshasa et ailleurs au pays dans une tentative de prise du pouvoir des partisans du chef religieux Paul Joseph Mukungubila, ex-candidat à la présidentielle de 2006 remportée par l’actuel président, selon les autorités congolaises.

Localisation des violences à Kinshasa qui ont fait 40 morts, lundi (AFP)

À Kinshasa, des échanges de tirs ont retenti à l’aéroport et à l’état-major général après une prise d’otages à la télévision publique.

Selon les autorités congolaises, qui ne font état d’aucune victime civile, quarante assaillants ont alors été tués lors de la prise d’otages à la télévision publique, et des tirs survenus à l’aéroport international et à l’état-major général.

«Il y en a eu 16 qui sont tombés à l’aéroport, huit qui sont tombés à la RTNC (Radio-Télévision Nationale Congolaise) et 16 à l’état-major général. Il n’y a aucune victime civile rapportée, et aucune victime parmi les forces de sécurité», a déclaré le gouvernement congolais.

Plusieurs dizaines de jeunes brandissant armes et machettes avaient forcé l’entrée de la RTNC et, avant que les forces de sécurité ne reprennent le contrôle de la situation, l’un des assaillants a demandé en lingala, langue la plus parlée à Kinshasa, que les journalistes lisent un message de «Mukungubila», qu’il a qualifié de «libérateur».

«Les forces gouvernementales de la République démocratique du Congo ont repris le siège de la radio-télévision publique et contrôlent la situation à Kinshasa, y compris à l’aéroport», ont indiqué les autorités.

L’aéroport international de N’djili à Kinshasa a rouvert dans l’après-midi, rapportait pour sa part Radio-Okapi, un des principaux organes d’information en RDC et dont le studio principal de la radio se trouve à Kinshasa, citant le commandant Tabora, responsable de l’aéroport.

Toutefois, les compagnies aériennes ont décidé de maintenir la suspension que les vols nationaux et internationaux depuis l’aéroport de Ndjili.

«Nous ne prenons jamais de risques avec la sécurité de nos passagers et du personnel, nous avons donc décidé d’annuler les vols d’aujourd’hui », a expliqué par exemplele porte-parole de Brussels Airlines, Wencke Lemmes.

Ailleurs au pays, des assaillants ont aussi attaqué ce matin vers 11h00 heure locale l’aéroport de de Kindu, dans l’Est de la RDC, dont les forces de sécurité congolaises ont repris le contrôle depuis.

Toujours selon Radio-Okapi, qui cite le gouverneur de la province du Maniema, Pascal Tutu Salumu, les assaillants portaient des T-shirt à l’effigie de Joseph Mukungubila.

Des tirs ont également résonné dans la matinée à Lubumbashi, la deuxième ville du pays, où le président Kabila séjourne actuellement, sans que l’on sache précisément où se trouvait le chef de l’État congolais.

Joseph Mukungubila

Le pasteur Joseph Mukungubila Mutombo, qui s’est lui-même surnommé le «prophète de l’Éternel», a été candidat à la présidentielle de 2006, remportée par Joseph Kabila.

Kabila et Mukungubila sont tous deux originaires de la riche province minière (coltan, cuivre) du Katanga (sud-est), poumon économique du pays.

Dans une lettre ouverte datée du 5 décembre, Joseph Mukungubila avait dénoncé une mauvaise gestion du pays et tenu un discours haineux contre le Rwanda voisin, dont il a rappellé les agressions contre la RDC et avec lequel, selon le pasteur, le président congolais pactise.

Selon l’Agence France-Presse, un calme précaire régnait à Kinshasa, où des tirs étaient encore entendus en fin d’après-midi, et à Lubumbashi, où un important dispositif sécuritaire a également été déployé.

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