Corée du Nord: après la purge, la population appelée à s’unir

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Un Sud-Coréen regarde à la télévision les images de Jang Song-Thaek, l'oncle du leader nord-coréen Kim Jong-Un, le 3 décembre 2013 dans une gare à Séoul (Jung Yeon-Je/AFP)
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Un Sud-Coréen regarde à la télévision les images de Jang Song-Thaek, l'oncle du leader nord-coréen Kim Jong-Un, le 3 décembre 2013 dans une gare à Séoul (Jung Yeon-Je/AFP)
Un Sud-Coréen regarde à la télévision les images de Jang Song-Thaek, l’oncle du leader nord-coréen Kim Jong-Un, le 3 décembre 2013 dans une gare à Séoul (Jung Yeon-Je/AFP)

Les médias de Corée du Nord encourageaient mardi la population à s’unir autour de son dirigeant Kim Jong-Un, au lendemain de l’annonce officielle du limogeage soudain du numéro deux officieux, qui pourrait, selon des analystes, susciter l’instabilité.

Pyongyang a confirmé lundi la chute de l’influent Jang Song-Thaek, oncle et éminence grise du numéro un. La télévision a en outre diffusé les photos de l’arrestation humiliante de celui considéré jusqu’à peu comme le numéro deux du régime.

Le quotidien Rodong Sinmun, pro-gouvernement comme tous les médias de ce pays où l’opposition n’existe pas, publie en Une un éditorial qui appelle à l’unité et prévient que la Corée du Nord « ne pardonne jamais aux traitres ».

Il cite des déclarations de citoyens indignés par les méfaits présumés de Jang Song-Thaek. « Ces mécréants qui ont cherché à ruiner notre unité méritent un châtiment divin. Je voudrais plonger Jang et son clan dans de l’eau bouillante », affirme Ri Yong-Song, ouvrier dans une centrale électrique à Pyongyang.

Un autre ouvrier, dont le nom n’est pas donné, qualifie Jang et ses proches de « déchets humains », « pires que des animaux ».

Jang a été démis pour avoir commis « des actes criminels » et dirigé « une faction contre-révolutionnaire », avaient indiqué les médias lundi. « Malade idéologiquement, extrêmement oisif et nonchalant, il consommait des drogues et gaspillait des devises étrangères dans les casinos alors qu’il était soigné à l’étranger aux frais du parti », avait détaillé l’agence KCNA.

Des analystes estiment que ce limogeage brutal –premier remous d’importance rendu public depuis l’arrivée au pouvoir de Kim Jong-Un en décembre 2011, à la mort de son père– pourrait être source d’instabilité, même dans un des pays les plus contrôlés au monde par sa classe dirigeante.

Le Chosun Sinbo, un journal pro-Pyongyang basé au Japon, répond à ces spéculations en affirmant que la population nord-coréenne « soutient pleinement la décision du parti ».

« A présent un soupir de soulagement s’étend à tous les ouvriers des entreprises étatiques actives dans l’économie et la production d’engrais, dont les activités avaient été perturbées par ceux qui ont été purgés », ajoute le Chosun Sinbo.

A Séoul, la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye a accusé Kim Jong-Un de recourir à la violence la plus extrême pour consolider son pouvoir. « La Corée du Nord est désormais engagée dans un règne de la terreur, tout en poursuivant une purge massive pour renforcer le pouvoir de Kim Jong-Un », a déclaré la chef de l’Etat lors d’une réunion de son cabinet, a indiqué son bureau.