La France est en Centrafrique pour éviter un carnage, déclare François Hollande

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Le président François Hollande se recueille devant la dépouille des deux soldats français tués en Centrafrique, le 10 décembre 2013 à Bangui (Fred Dufour/AFP)
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Le président François Hollande se recueille devant la dépouille des deux soldats français tués en Centrafrique, le 10 décembre 2013 à Bangui (Fred Dufour/AFP)
Le président François Hollande se recueille devant la dépouille des deux soldats français tués en Centrafrique, le 10 décembre 2013 à Bangui (Fred Dufour/AFP)

La mission de la France en Centrafrique est « dangereuse » mais « nécessaire » pour éviter « un carnage », a déclaré mardi soir le président français François Hollande lors d’une brève visite à Bangui après la mort la veille de deux militaires français.

Peu avant minuit, dans la nuit du 9 au 10 décembre 2013, une section de la force Sangaris a été prise à partie à Bangui « à très courte distance au cours d’une patrouille à pied conduite dans le cadre de la mission de désarmement des groupes armés présents dans la capitale centrafricaine ».

Les militaires français ont immédiatement riposté et, durant l’échange de tirs, deux militaires français ont été grièvement blessés. Immédiatement pris en charge par leurs camarades avant d’être évacués vers l’antenne chirurgicale avancée (ACA) sur l’aéroport de M’Poko, les deux militaires sont décédés des suites de leurs blessures.

Il sont devenus les deux premiers soldats français à mourir au combat depuis le début de l’opération Sangaris en République Centrafricaine.

En début de soirée, mardi 10 décembre, venant d’Afrique du Sud où il avait assisté le jour-même à la cérémonie d’hommage à Nelson Mandela, le Président français s’est rendu à Bangui auprès des militaires français déployés sur l’aéroport de M’Poko.

Le chef d’État français a été accueilli à son arrivée par le premier ministre centrafricain, Nicolas Tiangaye, par le chef d’état-major des armées (CEMA), l’amiral Edouard Guillaud, par le commandant de la force Sangaris, le général de brigade Francisco Soriano, et par l’ambassadeur de France en Centrafrique, Charles Malinas.

À un journaliste qui lui avait lancé « Monsieur le Président, vous avez l’air très ému! », François Hollande a répondu « L’émotion, elle est évidente après ce qui s’est produit : deux soldats qui sont morts pour la mission qui leur avait été confiée, qui se poursuit, et d’autres soldats qui sont encore en ce moment même, au moment où je suis présent, sur le terrain, pour pacifier cette ville et ce pays », a déclaré le président ».

François Hollande s’est recueilli devant les corps des deux militaires français morts au combat dans la nuit avant de s’adresser aux militaires français déployés sur l’aéroport de M’Poko.

« Il était temps d’agir .[..] Ici même à Bangui près de 400 personnes ont été tuées. Il n’était plus le temps de tergiverser », a déclaré le Président français devant les troupes françaises.

« La France, ici en Centrafrique, ne recherche aucun intérêt pour elle même […] La France vient défendre la dignité humaine », a aussi ajouté François Hollande.

Il s’est ensuite entretenu avec les autorités militaires et avec les autorités de transition centrafricaines.

Le président français, qui avait déclaré la semaine dernière qu’on ne pouvait laisser en place un président (Michel Djotodia, ex-chef rebelle de la Séléka) « Qui n’avait pu rien faire. Qui avait laissé faire! », a répété qu’il souhaitait voir des élections générales organisées « dès le second semestre » 2014 et non début 2015, comme cela était prévu initialement par le calendrier de la transition politique centrafricaine.

République centrafricaine était en proie au chaos et aux violences inter-religieuses depuis la prise du pouvoir en mars 2013 par l’alliance Séléka, une coalition hétéroclite de groupes rebelles à dominante musulmane qui terrorisait la population.

Le désarmement en cours des groupes armés visait donc exprésemment ces combattants de l’ex-rébellion Séléka.

Toutefois, après les tueries de jeudi dernier qui ont fait au moins 400 morts, alors que la population chrétienne avait pris de vitesse la Force Sangaris et avait voulu se venger des rebelles Séléka qui ont alors répliqué, il est devenu urgent d’éviter les représailles et la spirale de violence qui s’ensuivrait.

Après avoir réussi à désarmer les ex-rebelles, les militaires français devront donc aussi contenir la vengeance des populations de la capitale, en très grande majorité chrétiennes, contre les ex-Séléka et la minorité civile musulmane qui y est associée.

Par ailleurs, le président américain Barack Obama a annoncé le déblocage de 60 millions $ d’aide militaire supplémentaire pour l’opération des forces étrangères en Centrafrique, portant à 100 millions $ la contribution des États-Unis.


Le président de la République a répondu à une interview lors de son arrivée à Bangui en République centrafricaine (Vidéo: Présidence de la République)

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