Mali: à Kidal, un attentat à la voiture piégée tue deux Casques bleus

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Un Casque bleu en patrouille à Kidal, le 27 juillet 2013 (Archives/Kenzo Tribouillard/AFP)
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Un Casque bleu en patrouille à Kidal, le 27 juillet 2013 (Archives/Kenzo Tribouillard/AFP)
Un Casque bleu en patrouille à Kidal, le 27 juillet 2013 (Archives/Kenzo Tribouillard/AFP)

Un attentat a tué samedi deux soldats sénégalais de l’ONU gardant une banque à Kidal, dans le nord du Mali, à la veille du second tour des législatives et au moment ou l’armée française mène une vaste opération anti-djihadiste dans la région, rapporte l’AFP.

Un véhicule bourré d’explosifs a foncé sur la Banque malienne de solidarité (BMS) gardée par des soldats maliens et d’autres Africains, de la force de l’ONU au Mali, la Minusma, selon un responsable du gouvernorat de Kidal et des sources militaires à la Minusma, rapporte l’agence française.

«Pour le moment, nous comptons au moins deux morts et plusieurs blessés parmi les troupes africaines de la Minusma», a déclaré une source de la force de l’ONU. «Il y a également des blessés parmi les militaires maliens», a-t-elle ajouté.

Selon la Minusma, «les Casques bleus tués lors de l’attentat sont de nationalité sénégalaise».

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius a condamné «cet acte lâche qui intervient à la veille du second tour des élections législatives au Mali».

«La France adresse ses condoléances aux familles des victimes. Elle exprime sa solidarité aux autorités maliennes dans leur action pour mener à bien le processus électoral et la réconciliation, ainsi qu’aux forces de la MINUSMA, chargées, aux côtés des forces armées maliennes, de la sécurité du Mali.», a ajouté le chef de la diplomatie française dans sa déclaration.

Le scrutin, qui doit parachever le retour à l’ordre constitutionnel au Mali, interrompu par un coup d’Etat qui, en mars 2012, avait précipité la chute du Nord aux mains de groupes djihadistes, doit être sécurisé par les soldats français, maliens et de la Minusma.

Par contre, à Kidal, fief des Touareg et de leur rébellion, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), il n’y aura pas de législatives puisque les quatre députés de la ville et de sa région, dont deux anciens rebelles touareg ayant rejoint le parti du président Ibrahim Boubacar Keïta, ont été élus dès le premier tour du 24 novembre.

Serval et opération anti-djihadiste

À quelques jours du second tour des élections législatives, Serval tente d’établir un niveau de sécurité permettant le bon déroulement de ce processus électoral. Les forces de sécurité maliennes assureront la sécurisation de ce scrutin, appuyées par les forces de la MINUSMA et, si besoin, par la force Serval (EMA)

Depuis le 6 décembre, le GTIA Korrigan poursuit ses missions de sécurisation en menant des patrouilles dans la région de Gao et dans l’ensemble du Nord de la boucle du Niger, écrit le ministère de la défense dans le dernier point de situation de l’opération Serval.

Le 9 décembre, le bataillon tchadien de la MINUSMA appuyé par son détachement de liaison et d’appui (DLA) a mené une patrouille à une trentaine kilomètres au nord-ouest de Tessalit. En tout, trois sections renforcées de véhicules blindés ont pris part à cette mission, soit une vingtaine de véhicules,

«À quelques jours du second tour des élections législatives, ces opérations, au même titre que celles qui sont régulièrement menées, contribuent à établir un niveau de sécurité permettant le bon déroulement de ce processus électoral. Les forces de sécurité maliennes assureront la sécurisation de ce scrutin, appuyées par les forces de la MINUSMA et, si besoin, par la force Serval», précise le ministère français de la Défense.

Environs 2800 militaires français sont actuellement présents sur le sol malien et poursuivent une mission de sécurisation visant à affaiblir durablement les groupes terroristes, tout en appuyant le transfert de la zone aux contingents relevant de la MINUSMA.

L’attentat de Kidal s’est produit au moment où l’armée française, mène depuis plusieurs jours une grande opération anti-jihadistes au nord de Tombouctou (nord-ouest).

Au moins une vingtaine d’hélicoptères français et des véhicules au sol y participent, visant Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), a précisé une source militaire malienne, cité par l’Agence France-Presse.

«Une vingtaine de jihadistes ont déjà été tués au nord de Tombouctou, et les Français visent actuellement la zone de Taoudéni», à environ 750 kilomètres au nord de la ville, «devenue le refuge des terroristes et des trafiquants de drogue», a ajouté la source de l’agence française.

Kidal est censée être contrôlée par les forces de l’ONU, les soldats français et les Maliens, mais la situation y reste chaotique et des éléments de nombreux groupes armés continuent à y circuler, dont ceux d’Aqmi qui a revendiqué l’enlèvement et le meurtre, le 2 novembre, de deux journalistes français.

*Avec AFP