Navires de soutien interarmées: 20% de différence des coûts entre le Canada et les États-Unis

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Les liens entre les agences de renseignement canadienne et américaine vont bien au-delà du partage d'information, révèle un document coulé par Edward Snowden et obtenu par Radio-Canada/CBC.
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Le NCSM Protecteur quitte son port d’attache d’Esquimalt (Colombie-Britannique) en 2009 pour un déploiement de trois mois à l’ouest de l’océan Pacifique (Photo: Shelley Lipke , Marine royale canadienne)
Le NCSM Protecteur quitte son port d’attache d’Esquimalt en 2009 pour un déploiement de trois mois à l’ouest de l’océan Pacifique (Archives/Shelley Lipke/Marine royale canadienne)

Il en coûtera un peu plus de 20% de plus aux Canadiens et Canadiennes pour construire au pays les deux navires de soutien interarmées de la Marine royale canadienne plutôt qu’aux États-Unis.

C’est le résultat d’une analyse (voir plus bas) menée par deux experts au sein du Bureau du directeur parlementaire du budget que 45eNord.ca a pu interviewer.

En février 2013, le directeur parlementaire du budget a publié son estimation du coût du navire de soutien interarmées (NSI) de la Marine royale  canadienne et estimait alors qu’il en coûterait 3,28 milliards $ pour faire construire au Canada les deux navires de soutien interarmées dont à besoin la marine.

Il a toutefois ajouté que, parce que certains aspects de la construction des navires au Canada étaient incertains, il valait mieux prévoir un budget minimal de 4,13 milliards $ afin d’atténuer le risque que le programme ne se solde par un échec.

Dans l’analyse parue ce mercredi 11 décembre, Erin K. Barkel et Tolga R. Yalkin estiment que les coûts seraient 21% plus bas, soit 2,59 milliards $, si les navires étaient construits aux États-Unis.

Les deux principales raisons avancées par les deux experts pour expliquer cette différence de prix est:

  1. l’expérience du personnel;
  2. le coût des matériaux et de la  main-d’œuvre.

«Plus le personnel est expérimenté, moins il lui faut d’heures pour terminer le travail et moins il fait d’erreurs, ce qui réduit le gaspillage de matériaux et la reprise de travaux», a indiqué Erin K. Barkel à 45eNord.ca.

Lors de la précédente analyse, tant le gouvernement que les militaires avaient rejeté les estimations du Bureau du directeur parlementaire du budget, préférant tabler sur un budget de 2,6 milliards.

Le porte-parole libéral en matière de défense nationale, John McKay, avait déclaré que «dans la foulée des fiascos vivement critiqués qu’ont été les F-35 et de nombreux autres projets d’acquisition d’équipement militaire, il est maintenant évident que la Stratégie nationale d’approvisionnement en matière de construction navale est tout autant mal gérée par les conservateurs de Harper, bien qu’ils en vantent les mérites.»

Le gouvernement a cependant indiqué à plusieurs reprises que son intention n’est pas forcément de payer moins cher, plutôt que d’obtenir une expertise dans le domaine de la construction navale pour les entreprises canadiennes.

Mi-octobre, le Secrétariat de la Stratégie nationale d’approvisionnement en matière de construction navale (SNACN) a annoncé que Vancouver Shipyards amorcera les travaux de construction des navires de soutien interarmées avant ceux du brise-glace polaire Diefenbaker.

C’est ainsi que la mise en chantier des navires de soutien devrait débuter fin 2016 pour se terminer en 2019.

Comme le NCSM Preserver et le NCSM Protecteur devront prendre leur retraite en 2016-2017, le Canada se retrouvera sans navires de soutien pour une période de deux ans pendant laquelle il devra compter sur ses alliés.

Pendant cette période, le Canada sera donc dans l’impossibilité de mener des opérations autonomes.

Fin octobre, c’est le ministre de la Défense nationale, Rob Nicholson, qui a annoncé que les noms des futurs navires de soutien interarmées de la Marine royale canadienne, ont été choisi.

Les deux navires seront nommés NCSM Queenston et NCSM Châteauguay en reconnaissance des importantes batailles des hauteurs de Queenston et de Châteauguay qui ont eu lieu durant la guerre de 1812.