Un Canadien d’origine chinoise de 53 ans arrêté pour espionnage

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La GRC a procédé a deux arrestations ce lundi 22 avril (Photo: Archives/GRC)
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La GRC a procédé a deux arrestations ce lundi 22 avril (Photo: Archives/GRC)
Dimanche 1er décembre, la GRC a annoncé l’arrestation d’un Canadien d’origine chinoise qui aurait tenté de vendre des informations secrètes à son pays d’origine (Photo: Archives/GRC)

Ce dimanche 1er décembre, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a annoncé l’arrestation d’un Canadien d’origine chinoise qui aurait tenté de vendre à son pays d’origine des informations secrètes sur la Stratégie nationale d’approvisionnement en matière de construction navale (SNACN).

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Mise à jour au 02/12/2013 à 12h07

La Chine dément

Comme il fallait s’y attendre, Pékin a démenti ce lundi 2 décembre que le «Canadien» arrêté pour espionnage ait transmis à la Chine des informations secrètes relevant de la défense nationale canadienne.

«Les affirmations selon lesquelles un homme sino-canadien aurait transmis des informations confidentielles au gouvernement chinois sont totalement infondées», a déclaré Hong Lei, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Quant à la presse chinoise, bien sûr, elle ne souffle pas mot de l’affaire.

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au 01/12/2-13 à 21h25

L’homme était chargé d’évaluer la structure des navires

L’accusé, Qing Quentin Huang, a obtenu une maîtrise de génie hydrodynamique marine de  l’Université des sciences et de la technologie de Huazhong ( Chine centrale ) en 1985 . 

Naturalisé Canadien, il a été admis à l’Ordre des ingénieurs en Ontario en 2004.

L’accusé était l’un des 20 ingénieurs maritime aux bureaux de Burlington de Lloyd Register Canada depuis avril 2006.

Bud Streeter , vice-président pour les opérations canadiennes de l’entreprise , qui dit avoir été «choqué» par ces accusations, affirme que  la société coopère pleinement avec l’enquête qui se poursuit.

Huang était ingénieur en structures et il était chargé d’évaluer la conformité  la conception des navires avec les normes de l’industrie.

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au 01/12/2013 à 20h57

L’accusé travaillait pour un sous-traitant d’Irving Shipbuilding

Qing Quentin Huang a été accusé d’avoir tenté de fournir à la Chine des informations classifiées qui concerne la sécurité des frontières par l’intermédiaire d’un contact à l’ambassade de Chine à Ottawa.

Il est accusé de deux chefs de tentative de communiquer des informations secrètes à une puissance étrangère et, s’il est reconnu coupable, est passible de la prison à vie.

Huang a travaillé pour Lloyd’s Register Canada Ltd, un sous-traitant de la société Irving Shipbuilding Inc d’Halifax, en Nouvelle-Écosse, qui construit des navires de patrouille, des frégates, navires auxiliaires, navires de recherche scientifique et des brise-glaces pour le Canada.

Lloyd’s Register Canada Limited, membre du Groupe LR, se ppécialise dans la classification des navires et fournit également d’autres services comme la certification légale, des services de contrôle de la qualité, des services-conseil, des audits de sécurité maritime, etc.

Au moment d’écrire ces lignes, il n’avait pas encore été possible de communiquer avec un représentant Lloyd’s Register et le site internet du groupe LR était inaccessible.

Pour sa part, la société Irving a déclaré par voie de communiqué qu’en ce qui la concerne les informations sensibles sont étroitement contrôlées.

«Nous pouvons confirmer que l’accusé n’a jamais été employé par Irving Shipbuilding propriété. Nous sommes en outre être assuré auprès de notre sous-traitant , Lloyd’s Register Canada Ltd , que l’accusé n’a pas eu d’autorisation de sécurité et n’a donc pas participé à tous les travaux et n’a pas un accès direct à des renseignements classifiés ou contrôlés», a déclaré Kevin McCoy , président de Irving .

«Cette arrestation démontre l’importance de la collaboration entre les partenaires de la sécurité pour la protection de l’intérêt national du Canada», a déclaré quant à lui le ministre de la Sécurité publique Steven Blaney dimanche par voie de communiqué, ajoutant que «La protection de l’information sensible reste fondamental pour protéger les intérêts du Canada et de la souveraineté nationale».

Du côté de la Défense, un porte-parole du ministre Rob Nicholson, a déclaré qu’il serait «inapproprié» de commenter une affaire qui est devant les tribunaux .

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La GRC et ses partenaires ont précisé ce matin les circonstances qui ont conduit à l’arrestation de Qing Quentin Huang (RCMP)

La GRC et ses partenaires du Service de police de Toronto et de la Police provinciale de l’Ontario ont précisé ce matin les circonstances qui ont conduit à l’arrestation de Qing Quentin Huang, un homme de 53 ans, qui vivait à Waterdown, en Ontario, dans l’agglomération de Hamilton. «M. Huang a été inculpé en vertu de la Loi sur la protection de l’information de deux chefs d’accusation pour tentative de communiquer à une entité étrangère des renseignements à l’égard desquels le gouvernement fédéral prend des mesures de protection.», dit le communiqué de la police fédérale canadienne.

«Le jeudi 28 novembre 2013, la GRC a été informée que M. Huang prenait des mesures pour transmettre de l’information sensible à la République populaire de Chine.», poursuit la GRC. «Cette information porte sur certaines composantes de la Stratégie nationale d’approvisionnement en matière de construction navale du Gouvernement du Canada, laquelle inclut des navires de patrouille, des frégates, des navires auxiliaires, des navires scientifiques de recherche et des brises-glace.»

«Dans ce genre de situation, le partage d’information peut fournir à une entité étrangère un avantage tactique, militaire ou compétitif grâce à la connaissance des spécifications de navires chargés de défendre les eaux canadiennes et la souveraineté du Canada», a expliqué à ce propos la surintendante principale Jennifer Strachan, l’officière responsable des enquêtes criminelles pour la province de l’Ontario.

Lorsque la GRC a été informée de la nature criminelle des actions, elle a commencé une enquête criminelle nommée Projet Seascape. «C’est important de comprendre que les efforts déployés pour la protection de notre sécurité nationale ne visent pas seulement le terrorisme. Il s’agit aussi de protéger les intérêts canadiens et de prendre les mesures qui s’imposent pour protéger notre souveraineté», a expliqué pour sa part le surintendant principal Larry Tremblay, le directeur général des Opérations criminelles de la Police fédérale de la GRC.

La GRC a été mise au courant de cette affaire jeudi et a procédé à l’arrestation de Qing Quentin Huang samedi, a aussi précisé la surintendante Strachan, ajoutant que les autorités ne croyaient pas à cette étape-ci pas que la sécurité du Canada ait été mise en danger.

Qing Quentin Huang a comparu en cour dimanche. Il est présentement incarcéré et il comparaîtra de nouveau mercredi pour l’enquête sur cautionnement.

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