Les négociations israélo-palestiniennes se prolongeront après fin avril

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Le Secrétaire d'État John Kerry avec le Président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à Ramallah, en Cisjordanie, le 3 janvier 2014 (U.S. Department of State)
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Le Secrétaire d'État John Kerry avec le Président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à Ramallah, en Cisjordanie, le 3 janvier 2014 (U.S. Department of State)
Le Secrétaire d’État John Kerry avec le Président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à Ramallah, en Cisjordanie, le 3 janvier 2014, lors de son dernier voyage au Moyen-Orient (Archives/U.S. Department of State)

Les négociations de paix directes entre Israël et les Palestiniens, censées durer neuf mois, se prolongeront au-delà de la date butoir de la fin avril, a indiqué mercredi le secrétaire d’État américain John Kerry.
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Mise à jour au 27/02/2014 à 10h44

Pour sa part, le négociateur en chef Saëb Erakat a par contre exclu jeudi toute prolongation des négociations directes avec Israël au-delà de la date butoir de la fin avril au moment où le processus de paix initié par le secrétaire d’État américain John Kerry semble en grande difficulté.

Les dirigeants israéliens quant à eux souhaitent publiquement une extension des négociations de paix –qui ont repris en juillet après une interruption de près de trois ans– au-delà de l’échéance fixée au 29 avril.

À l’issue d’entretiens avec John Kerry la semaine dernière à Paris, le président palestinien Mahmoud Abbas avait constaté l’échec «jusqu’à présent» de la diplomatie américaine pour définir un accord-cadre.

C’est bien Mahmoud Abbas et non Saëb Erakat qui décidera en dernier ressort de la prolongation, ou non, des pourparlers israélo-palestiniens.

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Rappelant qu’il travaillait depuis fin juillet 2013 à mettre sur pied un accord-cadre entre les deux parties, M. Kerry a dit à quelques journalistes qu’il pensait «que personne ne s’inquiéterait s’il y avait encore neuf mois […] pour boucler le processus de paix israélo-palestinien».

«Nous essayons d’obtenir une ossature, ce qui est une énorme tâche quand on sait que l’on s’est servi jusqu’ici de ces sept mois pour tenter de comprendre les positions des deux camps et pour pouvoir donner corps aux négociations finales», a expliqué le secrétaire d’État, qui impose un black-out médiatique sur la teneur des tractations directes, interrompues entre septembre 2010 et juillet 2013.

«Je ris de ceux qui disent que cela va nulle part. Ils ne savent pas parce que nous n’en parlons pas. Ils n’ont pas la moindre idée de l’état de nos négociations, ni où elles pourraient nous mener», a ironisé John Kerry.

Mais le climat s’est tendu à l’approche de l’échéance de ces pourparlers de paix fixée au 30 avril. Les délégations israélienne et palestinienne ne s’étant pas officiellement rencontrées depuis plusieurs mois, l’équipe de M. Kerry fait la navette entre les deux parties.

Lors de son dernier voyage au Proche-Orient en janvier, le secrétaire d’État avait présenté un projet d’accord-cadre traçant les grandes lignes d’un règlement définitif portant sur les questions dites de statut final: les frontières, les colonies, la sécurité, le statut de Jérusalem et les réfugiés palestiniens.

John Kerry a rencontré la semaine dernière à Paris le président de l’autorité palestinienne Mahmoud Abbas, lequel avait constaté vendredi l’échec jusqu’à présent de la diplomatie américaine pour définir un accord-cadre.

«Les idées présentées par M. Kerry à M. Abbas sont inacceptables et ne peuvent pas servir de base à un accord-cadre avec Israël», avait affirmé un responsable palestinien, notamment concernant l’exigence d’une reconnaissance de la judéité de l’État d’Israël comme Etat-nation juif.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui doit être reçu lundi par le président Barack Obama à la Maison Blanche, a fait de cette reconnaissance d’Israël comme État-nation du peuple juif un élément cardinal d’un accord de paix.