Soldats aéroportés, blindés et hélicoptères de combat, Kiev dénonce une invasion armée russe

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Des hommes armés non-identifiés tiennent un check-point avec un drapeau russe près de Armyansk, en Crimée, le 28 février 2014 (Viktor Drachev/AFP)
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Des hommes armés non-identifiés tiennent un check-point avec un drapeau russe près de Armyansk, en Crimée, le 28 février 2014 (Viktor Drachev/AFP)
Des hommes armés non-identifiés tiennent un check-point avec un drapeau russe près de Armyansk, en Crimée, le 28 février 2014 (Viktor Drachev/AFP)

Le président ukrainien par intérim Olexandre Tourtchinov a demandé vendredi dans une intervention télédiffusée au président russe Vladimir Poutine d’arrêter immédiatement son agression et de retirer ses militaires de Crimée.

Mise à jour au 28/02/2014 à 17h00

Les États-Unis demandent l’envoi d’urgence d’une mission internationale de médiation en Crimée et appellent la Russie à retirer ses forces militaires de la région, a déclaré l’ambassadrice américaine à l’ONU Samantha Power, mais l’ambassadeur russe Vitali Tchourkine a immédiatement répondu que Moscou avait pour principe de ne pas accepter les médiations imposées.

Gardant une porte ouverte, la représentante des États-Unis à l’Onu a toutefois refusé de dire si ce déploiement pouvait être considéré comme une agression, comme la qualifient les autorités ukrainiennes.

—à 17h10 Le Président américain Barack Obama vient tout juste de livrer une déclaration aux journalistes sur la situation en Ukraine,

Dans la déclaration qu’il a livré aux journalistes, il s’est dit «profondément préoccupé par les mouvements militaires de la Russie en Crimée».

Le vice-président Biden vient d’assurer encore une fois au téléphone les Ukrainiens de l’appui des États-Unis, a dit le président Obama, affirmant, sans plus de précisions, q’une intervention pareille, en violation de la souveraineté de l’Ukraine, «ne sera pas sans coût».

En communication constante avec les Ukrainiens, les Russes et les Européens, le Président américain a noté qu’en ce moment, la «situation était fluide» et appelé tout le monde à la retenue.

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«Je m’adresse personnellement au président Poutine, pour lui demander d’arrêter immédiatement son agression non dissimulée et retirer ses militaires en Crimée», a déclaré Olexandre Tourtchinov.

Le président ukrainien par intérim a dénoncé une provocation de Moscou: «On provoque le conflit et ensuite on annexe le territoire».

Pendant ce temps, Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit à hui-clos à la demande de Kiev pour discuter de la situation, a déclaré le représentant officiel du Secrétaire général de l’ONU, Martin Nesirky.

Des hommes armés sont en effet apparus ces derniers jours sur plusieurs sites stratégiques de la péninsule ukrainienne russophone.

Des témoins ont signalé vendredi soir des mouvements de transports de troupes blindés non identifiés sur la route entre Sébastopol, siège de la Flotte russe de la mer Noire, et Simféropol, la capitale de la république autonome pro-russe de Crimée, ainsi que l’atterrissage de plusieurs avions-cargo militaires dans un aéroport militaire près de Simféropol, rapporte les médias.

Plus de 2.000 soldats russes aérotransportés ont été déployés à Simféropol, capitale de cette république autonome du sud de l’Ukraine, qui abrite aussi la flotte russe de la mer Noire, a déclaré pour sa part le représentant du président ukrainien en Crimée, Serguiï Kounitsyne.

Les gardes-frontières ukrainiens avaient aussi indiqué qu’au moins dix hélicoptères russes avaient franchi la frontière pour pénétrer en Crimée, alors que trois seulement d’entre eux avaient été autorisés à le faire par Kiev, après une demande russe officielle.

La Russie réplique qu’actuellement, toutes les divisions et unités assurent simplement leur activité quotidienne, y compris ce qui est lié à la préparation au combat. «Il n’y a aucune limitation juridique à cela», a déclaré à ce propos le vice-ministre russe de la Défense Anatoli Antonov.

Mais l’Ukraine accuse la Russie de ne pas respecter l’accord conclu en 1997 entre Kiev et Moscou, qui fixe les règles selon lesquelles la flotte russe de la mer Noire est cantonnée dans le port de Sébastopol en Crimée, péninsule pro-russe dans le sud de l’Ukraine.

Auparavant, dans la nuit de jeudi à vendredi, une cinquantaine d’hommes armés, en uniforme non identifié, s’est emparé de l’aéroport de Simféropol, devant lequel une foule brandissant des drapeaux de la flotte russe de la mer Noire s’est ensuite rassemblée.

Ils ne répondent pas quand on leur demande leur nationalité, rapportent les médias sur place, mais, selon le ministre ukrainien de l’Intérieur par intérim, Arsen Avakov, ces militaires appartiennent aux forces armées russes.

Contrairement à ce que disait la veille un responsable de l’aéroport, cité par l’agence russe Interfax, les vols prévus vendredi soir et samedi matin ont été annulés en raison des événements.

En outre, la veille, jeudi, le Parlement local, contrôlé par un commando pro-russe qui s’en était emparé depuis le début de la journée, avait la tenue le 25 mai d’un référendum pour plus d’autonomie. Il a également limogé le gouvernement local à l’issue d’un vote à huis clos, dont la presse a été tenue à l’écart et a nommé Sergueï Aksenov, chef du parti «Unité russe» à la tête du gouvernement.

S’ajoute à cela les propos du président déchu Viktor Ianoukovitch, à qui Moscou a accordé sa protection et qui est réapparu vendredi en public à Rostov-sur-le-Don, en Russie, près de la frontière avec l’Ukraine, promettant de lutter «pour l’avenir de l’Ukraine» et accusant de «jeunes nationalistes et pro-fascistes».

La Crimée, peuplée majoritairement de russophones, est la région d’Ukraine qui s’oppose le plus radicalement aux nouvelles autorités en place à Kiev. Elle a d’abord appartenu, au sein de l’URSS, à la Russie, avant d’être rattachée à l’Ukraine en 1954.

Une Ukraine européenne, certes, mais peut-être sans la Crimée.

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