Ukraine: Ianoukovitch et l’opposition signent enfin un accord de sortie de crise

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Des manifestants sur une barricade à Kiev, place de l'Indépendance, le 19 février 2014 (Louisa Gouliamaki/AFP)
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Des manifestants sur une barricade à Kiev, place de l'Indépendance, le 19 février 2014 (Louisa Gouliamaki/AFP)
Des manifestants sur une barricade à Kiev, place de l’Indépendance, le 19 février 2014 (Archives/Louisa Gouliamaki/AFP)

Le président Viktor Ianoukovitch et les responsables de l’opposition ont finalement signé ce vendredi 21 février en présence des médiateurs européens un accord de sortie de crise en Ukraine qui prévoit des concessions majeures à l’opposition, rapporte l’AFP.

Mise à jour au 21/02/2014 à 12h00

Peu après la signature de l’accord en Ianoukovitch et l’opposition, le Parlement ukrainien a en outre voté ce vendredi une loi abolissant l’article du code pénal au titre duquel a été condamnée l’opposante Ioulia Timochenko, et ouvrant théoriquement la voie à sa libération.

Mme Timochenko, ancien Premier ministre, a été condamnée en 2011 à sept ans de prison pour abus de pouvoir.

L’accord prévoit une élection présidentielle anticipée, la formation d’un gouvernement de coalition et une réforme constitutionnelle.

Il survient alors que le bilan des violences depuis mardi à Kiev s’élève maintenant à 80 morts.

C’est au au terme de négociations avec les émissaires de l’Union européenne, les chefs de l’opposition et un représentante de la Russie que le président Ianoukovitch a annoncé. en milieu de journée, heure de Kiev, la tenue d’une élection présidentielle anticipée, ajoutant que le processus de formation d’un gouvernement d’unité nationale allait maintenant débuter.

Le président ukrainien a également accepté un retour à la Constitution de 2004 qui réduit les pouvoirs présidentiels au profit du gouvernement et du Parlement.

Les revendications majeures de l’opposition sont ainsi satisfaites, mais après le bain de sang la veille dans le centre de Kiev et les menaces de sanctions de l’Occident à l’endroit des responsables ukrainiens de la répression

Toutefois, selon les autorités ukrainiennes, des échanges de tirs se poursuivaient encore dans les rues de Kiev, la police affirmant dans un communiqué que «des participants impliqués dans les troubles de masse ont ouvert le feu sur des agents de police et tenté une percée en direction de l’enceinte du Parlement».

Les policiers ont riposté ont riposté, dit le communiqué, sans préciser s’il y a eu des victimes.

L’UE appelle à la mise en oeuvre de l’accord

Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a pour sa part appelé aujourd’hui le gouvernement et l’opposition en Ukraine à passer des paroles aux actes et à mettre en oeuvre l’accord de sortie de crise qu’ils ont signé en présence des médiateurs européens.

«Cet accord est un compromis nécessaire pour lancer l’indispensable dialogue politique permettant à l’Ukraine de s’extraire de la crise», a déclaré M. Van Rompuy. «Il est désormais de la responsabilité de toutes les parties d’être courageuses et de passer des paroles aux actes», a-t-il ajouté.

La conclusion de cet accord a été rendue possible par le travail important des ministres des Affaires étrangères de France, Allemagne et Pologne, et du Représentant spécial du président russe, Vladimir Loukine, a aussi noté M. Van Rompuy.

M. Van Rompuy, a également salué par les efforts persistants déployés depuis deux mois par la chef de la diplomatie de l’UE, Catherine Ashton.

*Avec AFP