Ukraine: le Parlement de Crimée annonce l’indépendance de la péninsule

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Des policiers devant le Parlement de Crimée, à Simféropol, où flotte le drapeau russe. (Oleksandr Polehenko/AFP)
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Des policiers devant le Parlement de Crimée, à Simféropol, où flotte le drapeau russe. (Oleksandr Polehenko/AFP)
Des policiers devant le Parlement de Crimée, à Simféropol, où flotte le drapeau russe. (Oleksandr Polehenko/AFP)

Étape préalable au futur référendum qui doit avoir lieu dimanche sur le rattachement de la péninsule à la Russie, les députés du Parlement pro-russe de Crimée ont déclaré ce mardi la péninsule indépendante de l’Ukraine.

Invoquant notamment le précédent du Kosovo pour justifier leur démarche du point de vue du droit international, un communiqué du parlement indique qu’«une déclaration d’indépendance de la république autonome de Crimée et de la ville de Sébastopol» a été adoptée par 78 des 81 députés présents.

Le texte invoque la Charte des Nations unies et «toute une série d’autres documents internationaux établissant le droit des peuples à l’autodétermination», ainsi que l’avis rendu par la Cour internationale de justice le 22 juillet 2010, selon lequel «la proclamation unilatérale d’indépendance par une partie d’un Etat ne viole aucune norme du droit international».

Si le référendum du 16 mars débouche sur le rattachement de la Crimée et de la ville de Sébastopol à la Russie, la Crimée sera déclarée «Etat indépendant et souverain avec une forme républicaine de gouvernement», indique la déclaration.

«La République de Crimée sera un Etat démocratique, laïque et multinational, qui s’engagera à maintenir la paix et l’entente inter-ethnique et interconfessionnelle sur son territoire», poursuit le document.

En cas de vote en faveur du rattachement, la Crimée «s’adressera à la Fédération de Russie pour y être admise sur la base d’un accord intergouvernemental idoine en tant que nouveau sujet de la Fédération».

Celle-ci a été adoptée également par le conseil municipal de Sébastopol, ajoute le communiqué.

Le parlement ukrainien, à Kiev, a menacé de dissoudre l’assemblée de la République autonome de Crimée s’il n’annule pas d’ici demain le référendum prévu dimanche dans la péninsule. La menace doit cependant bien faire rire les quelques dizaines de milliers de militaires pro-russes qui ont le contrôle de la péninsule et de ses points d’accès.

Ianoukovitch

Alors qu’il se trouvait à Rostov-sur-le-Don, en Russie, pour une conférence de presse, le président déchu Viktor Ianoukovitch a affirmé mardi qu’il était toujours «le président légitime de l’Ukraine» et assuré qu’il rentrerait bientôt à Kiev.

«Nous allons surmonter ces troubles (…). Le pays va se ressaisir et retrouver son unité», a-t-il encore déclaré, alors que ceux qui ont envoyé des milliers de soldats russes en Crimée, semblent appuyer la perspective d’une partition du pays, et avaient déclaré que Ianoukovitch n’avait plus d’avenir politique.