Poutine à Obama: Voulez-vous vraiment sacrifier nos relations pour la Crimée?

1
164
Le président russe le 5 mars à une réunion du Conseil économique suprême d'Eurasie (Présidence russe)
Temps de lecture estimé : 4 minutes
Le président russe le 5 mars à une réunion du Conseil économique suprême d'Eurasie (Présidence russe)
Le président russe le 5 mars à une réunion du Conseil économique suprême d’Eurasie (Présidence russe)

Alors que, jeudi, le parlement de Crimée votait à l’unanimité le rattachement de la région à la Russie, Vladimir Poutine, lors d’une conversation téléphonique avec Obama à l’initiative de ce dernier, demande au Président américain s’il est prêt à «sacrifier» les relations russo-américaines pour la Crimée.

Poutine a une nouvelle fois montré sa détermination lors de de cet entretien au téléphone d’au moins une heure, le 2e fois en moins d’une semaine, mais Obama n’a pas cédé non plus et, pour l’instant, l’Amérique et la Russie continuent à jouer à «Le premier qui recule est une poule mouillée»…

Le président américain a insisté sur le fait que la Russie agit en violation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine, ce qui conduit les Etats-Unis «à prendre des mesures de représailles, en coordination avec nos partenaires européens», selon la Maison Blanche.

Les Russes, pour leur part, ont une nouvelle fois encore «jouer des muscles» hier quand, après le vote du Parlement local de Crimée de jeudi en faveur du rattachement à la Russie et l’annonce de l’organisation d’un référendum le 16 mars pour entériner ce choix, le Parlement russe a fait savoir qu’il respecterait le «choix historique» de la Crimée. Bienvenus dans la Fédération russe, peu importe qu’en diront les puissances occidentales!

Comment faire marche arrière après cela?

Obama

Le président Obama a donc parlé pendant une heure [hier jeudi 7 mars, ndlr] avec le président Poutine de la Russie, dit la Maison-Blanche. «Le président Obama a souligné que les actions de la Russie sont en violation de la souveraineté de l’Ukraine et de l’intégrité territoriale , ce qui nous a conduit à prendre plusieurs mesures en réponse, en coordination avec nos partenaires européens.»

Le président Obama a indiqué, poursuit le compte-rendu que fait de la conversation la Maison-Blanche, «qu’il y a un moyen de résoudre la situation diplomatique, qui tienne compte des intérêts de la Russie, les gens de l’Ukraine, et la communauté internationale».

«Dans le cadre de cette résolution, les gouvernements de l’Ukraine et la Russie devraient avoir des entretiens directs, facilités par la communauté internationale; des observateurs internationaux pourraient faire en sorte que les droits de tous les Ukrainiens sont protégés, y compris les Russes, et les forces russes devraient retourner à leurs bases, et la communauté internationale travailler ensemble pour soutenir le peuple ukrainien qui se préparent pour les élections en mai».

Le président Obama a indiqué en outre que le Secrétaire Kerry doit poursuivre les discussions avec le ministre des Affaires étrangères Lavrov, le gouvernement de l’Ukraine, et d’autres partenaires internationaux dans les jours à venir pour faire avancer ces objectifs.

De son côté, hier à Rome, le secrétaire d’État américain, John Kerry, a encore vivement condamné la demande des autorités pro-russes de Crimée de rattachement à la Russie. «La Crimée est une partie de l’Ukraine, la Crimée est l’Ukraine», a-t-il martelé.

Du côté militaire, les États-Unis ont officiellement «suspendu tous les liens militaires» entre Washington et Moscou, ce qui touche les manoeuvres et les déplacements de bâtiments de guerre dans les ports des deux pays.

Le chef d’État-major américain, le général Martin Dempsey, a pour sa part déclaré jeudi que le Pentagone «est profondément engagé dans le soutien de l’approche diplomatique pour résoudre la crise de l’Ukraine».

Mais la communication n’est pas coupée, loin de là. «J’ai parlé hier et aujourd’hui avec mon homologue russe, le général Valery Gerasimov, et je vais continuer à maintenir cette ligne de communication», a précisé le général.

Poutine

Pour sa part, dit un communiqué du Kremlin aujourd’hui, Vladimir Poutine a mis en garde son homologue américain contre le risque de «sacrifier» les relations américano-russes pour des «problèmes internationaux isolés, bien qu’extrêmement importants».

Et, en effet, l’Occident, et tout particulièrement les Américains, ont besoin des Russes sur les dossiers syrien et iranien, sans oublier que Washington a largement bénéficié ces dernières années de l’appui de Moscou pour l’imposante logistique de l’armée américaine en Afghanistan.

«Les présidents ont poursuivi leur discussion de la situation critique qui se déroule en Ukraine. Au cours de la conversation, ils ont abordé les différences dans les approches et les évaluations sur les causes de la crise actuelle et de l’état actuel des choses», dit le Kremlin.

En particulier, poursuit le communiqué de la présidence russe, Vladimir Poutine a noté que l’actuel gouvernement ukrainien, «qui est arrivé au pouvoir à la suite d’un coup d’État anticonstitutionnel et n’a pas été pris en charge par un mandat national, impose des décisions entièrement illégitimes sur la Crimée et les régions de l’est et du sud-est de l’Ukraine. La Russie ne peut ignorer les appels à l’aide sur cette question et il répond en conséquence , en pleine conformité avec le droit international».

Le chef de l’État russe a alors souligné, selon le communiqué du Kremlin, «l’importance primordiale des relations russo-américaines pour assurer la stabilité et la sécurité dans le monde. Ces relations ne doivent pas être sacrifiés en raison de désaccords sur les questions internationales individuelles, même si elles sont très importantes».

Touche pas à ma Crimée, je toucherai pas à ton Ukraine

«Poutine veut mettre l’Occident devant le fait accompli et faire comprendre que la Crimée est le minimum du minimum», estime quant à lui Alexeï Makarkine, du centre des technologies politiques à Moscou, cité ce matin dans une analyse de l’Agence France-Presse.

«Poutine a décidé de montrer qu’il n’avait peur ni de l’Occident, ni des sanctions. Il a voulu montrer sa détermination», renchérit le politologue Pavel Felgenhauer, cité lui aussi par l’AFP.

Alexeï Makarkine, estime que le Kremlin veut faire passer le message suivant aux Occidentaux: «Rendez-nous la Crimée, et on ne touchera pas au reste. L’est de la l’Ukraine, c’est trop compliqué».

De toutes façons «La propagande a pris de telles dimensions dans le pays que Poutine ne peut pas faire marche arrière», renchérit Pavel Felgenhauer, dans cette analyse.

Pendant ce temps, vendredi, tout comme la veille, les observateurs militaires de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE)(dont deux Canadiens), ont été bloqués au moment d’entrer en Crimée.

On continue donc à jouer à «Le premier qui recule est une poule mouillée», jeu auquel Vladimir Poutine semble bien capable de gagner une médaille olympique.

1 COMMENT

  1. Je suis le seul a penser que Poutine est fourbe, hypocrite, dictateur, et de plus corrompus avec des proches qui se sont remplis les poches avec les jeux de Sotchi, il va avoir une belle retraite doré sur le dos des travailleurs russes communiste. Depuis quinze ans aux pouvoirs et les exportations et vente d'arme a des pays terroristes. exemple la Syrie, il
    pense être un apôtre de la paix qui était assez idiots de croire en lui.
    Obama le choix qu'il a est de ramener les U.S.A. en conflit avec les russes, pour protéger une démocratie en Ukraine vacillante J'aurais bien aimé avoir comme président John F Kennedy pour régler ce conflit
    Malheureusement Obama ne pourra pas jouer la gamme et il laissera malgré lui des concessions aux russes et les russes en profiterons pour étendre leur domination. Il y a longtemps un géneral americain
    le Géneral George S Patton avait prédit après la défaites des allemands, il était prêt a faire la guerre aux russes. l'administration de cette époque l'avait démis de ses fonctions et quelque mois plus tard il fur assassiner par qui, je ne sais pas, mais je sais une chose si l'administration l'aurait écouté, ont ne serait pas aujourd'hui a vivre cette situation catastrophiques. La Russie serait devenu une étoile sur le drapeau des États-Unis d'Amériques aujourd'hui. Que Dieu bénisse l'Amérique elle va en avoir besoin

Comments are closed.