Signature d’un accord de sécurité: Karzaï, un canard boiteux contredit par son ambassadeur à l’ONU

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Le président afghan Hamid Karzaï, le 14 décembre 2013 à New Delhi (Archives/Findlay Kember/AFP)
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Le président afghan Hamid Karzaï, le 14 décembre 2013 à New Delhi (Archives/Findlay Kember/AFP)
Le président afghan Hamid Karzaï, le 14 décembre 2013 à New Delhi (Archives/Findlay Kember/AFP)

L’ambassadeur de l’Afghanistan aux Nations unies s’est dit «certain» que Kaboul signerait bientôt un accord de sécurité avec les États-Unis pour autoriser le maintien de troupes américaines au pays après le retrait officiel à la fin de l’année, contredisant ainsi son président qui, après avoir tergiversé, refuse carrément de signer, mais apparaît de plus en plus comme un vilain canard boiteux.

Depuis de mois, le Président afghan sortant, Hamid Karzaï, à qui la constitution interdit de briguer un troisième mandat, refuse de signer l’accord bilatéral de sécurité (BSA) encadrant une présence américaine dans son pays après la fin de la mission de l’Otan prévue en décembre. Il veut laisser ce soin à son successeur qui doit être élu en avril.

Devant le refus de Karzaï, le Président américain Barack Obama a prévenu le mois dernier son homologue afghan qu’il préparait donc un retrait militaire total d’Afghanistan fin 2014, tout en laissant ouverte la possibilité de signer un accord crucial pour la présence américaine «plus tard cette année».

Il s’agirait alors de «l’option zéro», qui ne laisserait plus aucun soldat américain dans le pays, 13 ans après une intervention armée dans la foulée du 11-Septembre, destinée à déloger du pouvoir les talibans qui avaient offert un sanctuaire aux dirigeants d’Al-Qaïda, dont Oussama ben Laden.

Plus d’Américain, plus de Canadien (le dernier contingent de soldats des Forces armées canadiennes (FAC) déployé en Afghanistan est rentré au Canada aujourd’hui), plus de Britanniques, en un mot comme en mille, plus personne.

Toutefois, même si Karzaï refuse obstinément de signer, des délégués de la Loya Jirga, grande assemblée traditionnelle afghane, avait exhorté en novembre dernier le président afghan à signer au plus vite l’accord de sécurité avec les États-Unis.

En outre, tous les candidats à la présidentielle d’avril se sont prononcés en faveur de la signature de l’accord de sécurité avec les Américains.

Dans son dernier discours au parlement avant l’élection présidentielle du 5 avril, samedi, M. Karzaï a toutefois réitéré son refus de signer tout accord avec Washington, allant jusqu’à affirmer que les militaires américains pouvaient partir désormais puisque l’armée afghane, qui assure déjà la sécurité du pays à 93 %, serait en mesure de prendre le relais.

La déclaration de Zahir Tanin au Conseil de sécurité de l’ONU, lundi, contredit donc celle du président afghan sortant.

Zahir Tanin a rappelé à son tour que la Loya Jirga avait souligné, en novembre, «l’importance de poursuivre les relations stratégiques avec les Nations unies, l’OTAN et la communauté internationale dans son ensemble». Et c’est la raison pour laquelle, a-t-il insisté, la signature de l’accord bilatéral de sécurité avec les États-Unis est imminente.

En vertu de cette entente, des militaires américains demeureraient en Afghanistan pour assurer la formation des soldats afghans et des forces spéciales y seraient elles aussi maintenues pour continuer la lutte contre les insurgés d’Al-Qaïda.

Avec pareille déclaration de l’ambassadeur afghan aux Nations unies, Hamid Karzaï apparaît donc de plus en plus comme un canard boiteux qui en est à ses derniers couacs.