Conseil de sécurité: 12.000 Casques bleus en RCA en septembre

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Le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon en visite en République centrafricaine le 5 avril 2014 (Evan Schneider/BINUCA/Samir Afridi/ONU)
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Le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon en visite en République centrafricaine le 5 avril 2014 (Evan Schneider/BINUCA/Samir Afridi/ONU)
Le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon en visite en République centrafricaine le 5 avril 2014 (Evan Schneider/BINUCA/Samir Afridi/ONU)

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté enfin ce jeudi 10 avril la résolution créant une mission de maintien de la paix en République centrafricaine, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en RCA (MINUSCA), qui comptera 12.000 membres, Casques bleus et policiers, annonce le service d’information de l’ONU.

Selon la résolution, «à compter du 15 septembre 2014, la MINUSCA comprendra initialement un effectif militaire de 10.000 hommes, dont 240 observateurs militaires et 200 officiers d’état-major, et un effectif de police de 1.800 hommes, dont 1.400 membres d’unités de police constituées, 400 policiers et 20 agents pénitentiaires. »

Le Conseil de sécurité a décidé de créer cette opération de maintien de la paix car il se dit vivement préoccupé par l’état de sécurité en République centrafricaine, mais aussi par les multiples violations des droits de l’homme et la situation humanitaire catastrophique.

Le 5 avril, lors d’une visite surprise à Bangui, à deux jours du 20e anniversaire du génocide rwandais, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, avait lancé dans un discours au parlement provisoire un vibrant aux leaders centrafricains pour qu’ils empêchent un nouveau génocide en Afrique.

Actuellement, des soldats de la paix de la Mission de l’Union africaine MISCA et des soldats de l’opération française Sangaris sont déployés en République centrafricaine, mais ne peuvent suffire à la tâche. «Le transfert de responsabilités de la MISCA à la MINUSCA s’effectuera le 15 septembre 2014», prévoit la résolution.

Le Conseil de sécurité s’est félicité que, d’ici le déploiement de la MINUSCA, les effectifs militaires actuellement sur le terrain seront renforcés grâce au déploiement d’effectifs supplémentaires annoncé en février par la France, le déploiement de personnels de police supplémentaires décidé en mars par l’Union africaine et la décision prise par l’Union européenne le 1er avril de lancer l’opération EUFOR RCA.

Hier mercredi 9 avril, des gendarmes français, éléments précurseurs de L’Eufor-RCA, la mission européenne en Centrafrique, ont commencé mercredi à patrouiller dans Bangui, sur fond de violences dans l’intérieur du pays.

L’opération militaire européenne en Centrafrique, dont le lancement a été annoncé le 1er avril, sera pleinement opérationnelle fin mai avec 800 hommes, selon le général français Philippe Pontiès, qui dirige la mission.

L’Eufor-RCA devrait être notamment chargée de sécuriser l’aéroport et certains quartiers de Bangui, où les tueries de masse ont cessé depuis le début de l’intervention française en décembre, même si les explosions de violence restent courantes, pendant que, de son côté, la force française Sangaris se déploie de plus en plus dans les autres régions de la Centrafrique.

Quant au mandat de la MINUSCA, il sera axé prioritairement sur les tâches suivantes: protection des civils,appui à la mise en oeuvre de la transition,facilitation de l’acheminement de l’aide humanitaire,protection du personnel et des biens des Nations Unies.promotion et protection des droits de l’homme, action en faveur de la justice nationale et internationale et de l’état de droit,désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement des ex-combattants.

Dans sa résolution, le Conseil exige en outre de « toutes les milices et de tous les groupes armés qu’ils déposent les armes.» Le Conseil demande également aux autorités de transition « d’accélérer les préparatifs en vue de l’organisation d’élections présidentielle et législatives libres, régulières, transparentes et ouvertes à tous au plus tard en février 2015.»

Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, qui a salué jeudi l’adoption de cette résolution, a lancé à nouveau un appel «à l’arrêt immédiat des assassinats, des attaques ciblées et des autres violations atroces des droits de l’homme qui se poursuivent dans un contexte d’impunité totale».