Le Tchad annonce avoir retiré toutes ses troupes de Centrafrique

0
79
Des soldats tchadiens de la Misca sur un pick-up à Bangui, en janvier 2014 (Archives/Eric Feferberg/AFP)
Temps de lecture estimé : 2 minutes
Des soldats tchadiens de la Misca sur un pick-up à Bangui, en janvier 2014 (Archives/Eric Feferberg/AFP)
Des soldats tchadiens de la Misca sur un pick-up à Bangui, en janvier 2014 (Archives/Eric Feferberg/AFP)

Le Tchad a annoncé mercredi avoir achevé le retrait de Centrafrique de l’ensemble de son contingent au sein de la force africaine (MISCA), lors d’une cérémonie à Sarh (sud) présidée par le Premier ministre tchadien Pahimi Deubet Kalzeubé, rapporte l’AFP.

Le dernier soldat a traversé la frontière le 13 avril à 20 heures, a déclaré lors de la cérémonie le chef du contingent tchadien auprès de la MISCA, le colonel Souleyman Adam, en présence du Premier ministre qui s’est félicité d’un retrait ordonné et discipliné.

Amer et se disant injustement critiqué, le Tchad avait annoncé jeudi 3 avril quitter la Force africaine en Centrafrique (MISCA), dénonçant une «campagne malveillante» contre ses soldats, à nouveau mis en cause après avoir tué plusieurs civils à Bangui samedi 29 mars.

La présidente centrafricaine de transition, Catherine Samba Panza, avait par le lendemain fait part de ses regrets, mais sans plus, après l’annonce du retrait du contingent tchadien de la MISCA.

«Nous regrettons cette décision qui a été prise sous l’effet d’un certain nombre d’événements», avait-elle déclaré.

Les soldats de l’armée tchadienne ont tiré sans avoir été provoqués sur la foule lors de l’incident à Bangui le week-end dernier, tuant 30 personnes et faisant au moins 300 blessés, avait aussi indiqué l’ONU le lendemain.

Au total, 833 soldats ont donc traversé la frontière avec armes et bagages, mettant un terme à un engagement dans la Force africaine qui a coûté la vie à 15 des leurs, selon le gouvernement tchadien.

Fustigeant ceux qui s’emploient obstinément à vouloir ternir l’image de nos vaillantes forces de défense et de sécurité, le Premier ministre a notamment demandé aux forces française Sangaris et à la MISCA «d’assurer la sécurité de ceux de nos compatriotes encore restés en Centrafrique».

Mardi, le chef de la diplomatie française Laurent Fabius avait dit espérer que ce retrait du contingent tchadien n’est pas une option définitive.

Souvent associée à la coalition rebelle Séléka, majoritairement composée de musulmans et de mercenaires étrangers, et qui avait pris le pouvoir entre mars 2013 et janvier 2014, l’armée tchadienne avait mauvaise réputation auprès de la communauté chrétienne de Centrafrique.

La communauté musulmane, en revanche, tenait particulièrement à la présence de ce contingent pour la protéger des exactions des milices chrétiennes anti balaka qui n’hésitent pas à s’attaquer aux civils musulmans, qu’ils accusent de connivence avec l’ex-rébellion Séléka.

*Avec AFP