Violences à Bangui : Au moins 15 morts

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Un convoi de militaires français à Bangui, le 27 février 2014 (Sia Kambou/AFP)
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Un convoi de militaires français à Bangui, le 27 février 2014 (Sia Kambou/AFP)
Un convoi de militaires français à Bangui, le 27 février 2014 (Sia Kambou/AFP)

C’est confirmé, l’on ne connait pas les causes exactes de ce carnage, mais il est bel et bien certain qu’au moins une quinzaine de personnes furent tuées mercredi à Bangui, en République centrafricaine.

Selon des sources, au moins 15 personnes, dont un prêtre, furent tués dans la journée de mercredi dans la capitale du pays africain. En effet, le pays est depuis quelques mois ravagé par une guerre confessionnelle de grande envergure, et la communauté internationale se questionne à savoir si l’on ne se retrouve pas devant un cas identique au Rwanda.

Considérant les groupes religieux habitant Bangui, il n’est pas surprenant de constater que la situation dégénère. Chrétiens, musulmans ; les massacres n’en finissent plus dans ce pays au prise avec l’un des pires conflits actuels de tout le continent. Aux dernières nouvelles, suite à l’attaque, un journaliste de l’AFP  indiquait justement que même en début de soirée, des échanges de tirs étaient audibles aux abords d’un quartier majoritairement musulman, et des sources policières confirmaient le dressage de plusieurs barricades, un peu partout dans la ville, alors qu’un hélicoptère survolait la zone.

Les causes

À cette heure, il est toutefois impossible de confirmer les causes, ni d’identifier les investigateurs de cette action violente et délibérée, proche de l’église Notre-Dame de Fatima. Toutefois, ce serait des assaillants venus du quartier PK5, un quartier musulman, qui serait à l’origine du massacre.

Le père Gabrielle Perobelli racontait : « On a entendu toutes les tonalités d’armes pendant plus d’une heure. Les gens étaient réfugiés derrière l’église et dans les bureaux… Heureusement que les anti-balaka sont venus pour nous protéger. Sinon il y aurait eu beaucoup plus de morts.»

Dans ce coup, c’est un prêtre de 76 ans qui y laissa notamment la vie, Paul-Emile Nzale, a affirmé à l’AFP  l’archevêque Dieudonné Nzapalainga. Toujours pour l’AFP, l’homme témoignait que «On ne peut être que triste devant ces morts. Depuis quelques jours, il y a des affrontements dans ce quartier.»

La situation est critique à ce stade

Dans les faits, l’on retrouve véritablement deux factions s’affrontant, soit les ex-rebelles Séléka, à dominante musulmane, et les miliciens chrétiens anti-balaka. Ce n’est pas sans se rappeler l’an 1994, où le FPR, mené par Paul Kagamé, menait le même genre d’action contre les forces gouvernementales, à titre ethnique cette fois-ci, dans son propre pays, soit le Rwanda.

Devant cette situation, de nombreuses familles, principalement musulmanes, durent quitter leur foyer afin de se sauver du danger, dans une région où les exécutions sommaires sont à craindre, se dirigeant vers le centre et le nord du pays.

Ces citoyens réfugiés ailleurs, ils alimentent la crainte d’une partition du pays, dans un contexte où la population était parfaitement hétérogène avant les évènements ayant secoués le pays, comme quoi ce passé n’est plus l’ombre que de lui-même ; les derniers bastions islamiques tiennent dans la capitale.

À l’heure d’écrire ces lignes, ce n’est pas moins de 2000 soldats français qui auront été déployés en Centrafrique, soit 700 dans les rues de la capitale, tout ceci sous le titre d’opération Sangaris. Ces hommes sont souvent observés durant leurs patrouilles en blindés légers, et peu efficaces la grande majeure partie du temps, en raison des lois régissant leur déploiement. Du côté de l’ONU, c’est une force de 5000 têtes qui a été organisée sur le sol, portant le nom de MISCA.

Compte tenu de l’évolution de la situation, le seul espoir que l’on puisse entretenir concernant ce pays, c’est qu’il ne vacille pas dramatiquement vers un Rwanda…numéro deux.

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