Syrie: à Alep, régime et rebelles envoient des renforts

Des rebelles à Alep le 24 novembre 2013 (Medo Halab/AFP)
Temps de lecture estimé : 2 minutes
Des rebelles à Alep le 24 novembre 2013 (Medo Halab/AFP)
Des rebelles à Alep, le 24 novembre 2013 (Archives/Medo Halab/AFP)

La course contre la montre est lancée! Le régime et les rebelles syriens ont envoyé chacun des renforts dans la région d’Alep, alors qu’un assaut de l’armée contre les quartiers tenus par l’opposition semble imminent.

Il y a deux jours, la Coalition nationale de l’opposition avait indiqué que les forces du régime s’apprêtaient à lancer une offensive majeure contre les zones tenues par les rebelles à Alep.

Le régime a envoyé de son côté des unités d’élite, soutenues par des combattants du mouvement libanais chiite Hezbollah.

«Il y a un danger réel que (les secteurs rebelles d’)Alep soient assiégés. Des troupes commando de la Garde républicaine et du Hezbollah continuent d‘être envoyées en renfort, dans une tentative d’encercler la ville d’Alep», a déclaré à l’AFP le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.

De l’autre côté, «les rebelles et les brigades islamistes (alliées) ont envoyé leurs propres renforts (…) à l’entrée est de la ville», qui est divisée en secteurs (ouest, contrôlé par le régime et est, contrôlé par les rebelles.

Si l’aviation syrienne bombarde chaque jours les zones rebelles, faisant plus de 2.000 morts parmi les civils depuis le mois de janvier seulement, la situation n’avait que peu évolué jusqu’à tout récemment.

Face à la machine de guerre du régime et aux combattants djihadistes bien armés de l’État Islamique, les rebelles ont subi plusieurs revers ces derniers mois, perdant leurs bastions dans les provinces de Damas et Homs, au profit de l’armée, et dans l’est aux profit des djihadistes.

Mardi, de nouvelles frappes aériennes ont touché Marea, une ville rebelle dans la province d’Alep, de même que le village voisin de Tal Rifaat, a annoncé l’OSDH, faisant état d’un enfant tué.

Les rebelles craignent désormais de devoir se battre à Alep à la fois contre les troupes du régime de Bachar al-Assad, mais aussi contre les djihadistes de l’État islamique, qui se sont emparés de larges pans de territoires irakiens à la faveur d’une offensive fulgurante lancée le 9 juin.

Lundi, Abdoul Ilah al-Bashir, qui dirige le Conseil suprême militaire de l’Armée syrienne libre (ASL) a déclaré que le régime et l’EI, rejetés par les autres rebelles en raison de ses exactions et de sa volonté d’hégémonie, “se complét(aient)”.

Mardi, un convoi d’une cinquantaine de véhicules d’un groupe d’Idleb (nord-ouest) lié à l’EI ont ainsi traversé des zones tenues par le régime près d’Alep pour se rendre à Raqa (nord), bastion de l’EI, selon l’OSDH.

«Au moment où le régime avance sur la ville d’Alep, l’EI avance vers ses environs. Le régime se réjouit que les rebelles doivent se battre sur les deux fronts», a estimé M. Abdel Rahmane.

Depuis le début du conflit syrien il y a trois déjà, 162.000 personnes sont mortes, tandis que des millions d’autres ont été déplacées, notamment dans les pays voisins.