Déploiement massif de forces de sécurité à Bagdad

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Le Premier ministre Nouri al-Maliki, le 1er juillet 2014 lors d'une session parlementaire à Bagdad (Ahmad Al-Rubaye/AFP)
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Le Premier ministre Nouri al-Maliki, le 1er juillet 2014 lors d'une session parlementaire à Bagdad (Ahmad Al-Rubaye/AFP)
Le Premier ministre Nouri al-Maliki, le 1er juillet 2014 lors d’une session parlementaire à Bagdad (Ahmad Al-Rubaye/AFP)

Des forces de la police irakienne, de l’armée et des unités antiterroristes ont été déployées en nombre dans des zones stratégiques à Bagdad dans la nuit, a-t-on appris de sources sécuritaires. Cette mobilisation coïncide avec une annonce du Premier ministre Nouri al Maliki à la télévision d’Etat.

« Il y a une forte présence de membres de la sécurité, de la police et de l’armée, spécialement autour de la ‘zone verte' », un quartier hautement protégé où sont basées les institutions clés du pays, a indiqué un haut responsable de la police à l’AFP.

Ces mesures de sécurité « sont très inhabituelles et ressemblent à celles que nous imposons pour un état d’urgence », a ajouté ce haut responsable de la police. « De nombreuses rues ont été fermées, ainsi que plusieurs ponts-clés », a précisé un responsable au ministère de l’Intérieur. « Tout est lié à la situation politique », a-t-il ajouté.

Le déploiement a débuté vers 15h30 (heure de Montréal), 90 minutes avant que le Premier ministre a annoncé à la télévision d’Etat qu’il déposerait une plainte contre le président Fouad Masoum: « aujourd’hui, je vais déposer une plainte devant la Cour fédérale », a dit Nouri al Maliki dans sa déclaration surprise retransmise à minuit (17h00, Montréal).

Il accuse le président d’avoir violé deux fois la Constitution, notamment en ne confiant pas à un Premier ministre désigné la mission de former un nouveau gouvernement.

Washington a aussitôt exprimé son soutien à Fouad Masoum: « les Etats-Unis soutiennent pleinement le président dans son rôle de garant de la Constitution irakienne », a déclaré la porte-parole du département d’Etat Mary Harf dans un communiqué.

Choix le 19 août

La coalition de Nouri al Maliki, un chiite, a remporté les législatives du 30 avril et ce dernier vise un 3e mandat, mais il est vivement critiqué pour son autoritarisme et son choix de marginaliser la minorité sunnite. Washington, Téhéran, les dirigeants chiites et la majorité du propre parti de Maliki lui ont retiré leur soutien, mais il n’a pas encore renoncé.

Près de trois mois après les législatives, le kurde Fouad Masoum, 76 ans, a été élu à la présidence irakienne. Le nouveau chef de l’Etat doit nommer dans les jours à venir un Premier ministre, alors que M. Maliki ne veut pas laisser sa place.

Malgré l’enjeu, le Parlement a reporté dimanche au 19 août une session faute de consensus entre les députés sur le choix du Premier ministre.