Gaza: les hostilités reprennent de plus belle, Israël vise le chef militaire du Hamas

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Rafah, dans le sud de la Bande de Gaza, sous les bombes le 11 juillet 2014 (Archives/Said Khatib/AFP)
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Rafah, dans le sud de la Bande de Gaza, sous les bombes le 11 juillet 2014 (Archives/Said Khatib/AFP)
Rafah, dans le sud de la Bande de Gaza, sous les bombes le 11 juillet 2014 (Archives/Said Khatib/AFP)

Les hostilités entre Israël et le Hamas ont repris de plus belle ce mercredi 20 août (heure d’Israël) après la rupture du cessez-le-feu, l’armée israélienne tentant d’éliminer le chef militaire du mouvement palestinien, Mohamed Deif, lors d’un raid qui a coûté la vie à sa femme et son bébé à Gaza.

Une nouvelle flambée de violence a éclaté mardi soir quand des roquettes tirées de la bande de Gaza ont à nouveau visé Tel Aviv et Jérusalem et plus d’une quinzaines de localités en Israël, faisant voler en éclats la trêve globalement respectée depuis le 11 août.

Hier, à 15H55, heure d’Israël, 15h55, le Hamas a violé le cessez-le-feu en tirant 3 roquettes qui ont frappé les villes de Beer-Sheva et de Netivot dans le sud d’Israël.

Suite aux 3 roquettes tirées sur Israël, les Forces israéliennes ont alors repris les frappes contre le Hamas à Gaza, le porte-parole militaire israélien, le lieutenant-colonel Peter Lerner, déclarant «à nouveau, les terroristes de Gaza ont violé lé cessez-le-feu en tirant sur Israël depuis la bande de Gaza. Ces aggressions incessantes seront contrées par Tsahal. Nous continuons de frapper les infrastructures et capacités des groupes terroristes de Gaza afin de restaurer le calme en Israël».

Hier soir, les sirènes d’alerte retentissaient de nouveau en Israël.

Des roquettes ont frappé Israël dans la région de Tel Aviv, ainsi qu’à Beer-Sheva et Sderot. Plus tard en soirée, la sirène d’alerte a retenti à Jérusalem, la ville sainte.

Hier soir aussi, le Commandement du front intérieur a dû ordonner l’ouverture à nouveau des abris anti-missiles dans les villes situées à 40-80 km de la bande de Gaza.

Depuis minuit, selon l’armée israélienne, 109 roquettes ont été tirés depuis Gaza, 81 ont frappé le territoire israélien et 15 ont été interceptées

En riposte, les Forces israéliennes a frappé 92 cibles terroristes dans la bande de Gaza.

Selon les secours locaux cités par l’AFP, au moins neuf Palestiniens ont été tués, dont au moins trois enfants, portant à plus de 2.020 le nombre de morts palestiniens depuis le début des hostilités le 8 juillet.

Par ailleurs, mercredi matin, l’armée israélienne a également interrompu le processus de démobilisation des réservistes appelés à servir dans le premier mois de l’opération «Bordure protectrice» et des avis ont été envoyés à 2.000 réservistes qui devaientrentrer à la maison que leur service militaire spéciale a été prolongé.

Mohammed Deif

Photo non datée de Mohammed Deif, chef depuis 2002 des Brigades al-Qassam (AFP)

Parmi les morts, figurent la femme et le fils âgé de sept mois de Mohammed Deif, le chef des Brigades al-Qassam, la puissante branche armée du Hamas qui contrôle Gaza.

Israël, qui a déjà dans le passé ciblés des chefs militaires palestiniens, l’a présenté comme «une cible légitime».

L’ancien chef du Shin Bet (Sécurité intérieure israélienne), Yaakov Peri, a déclaré à la presse israélienne que «Les dirigeants du Hamas ont besoin de savoir qu’ils ne sont pas à l’abri et restent une cible», ajoutant «Je ne peux qu’espérer que la direction du Hamas comprenne le message ‘explicite’».

«L’assassinat ciblé de toute personne qui se livre à des activités terroriste est non seulement légitime, mais souhaitable», a déclaré pour sa part la ministre de la Justice israélienne Tzipi Livni, une modérée et l’ex responsable des récents pourparlers de paix israélo-palestiniens avec l’Autorité palestinienne.

On ignore en ce moment où se trouve Mohammed Deif.

De son côté, le Hamas a appelé sur sa chaîne de télévision Al-Aqsa les Gazaouis à participer à la mi-journée aux funérailles des victimes du raid mardi soir contre la maison du chef militaire qui a également fait 45 blessés.

Israël a tenté cinq fois par le passé d’éliminer Mohammed Deif, chef depuis 2002 des Brigades al-Qassam qui se sont montrés des adversaires coriaces et ont surpris lors de l’opération en cours par leur entraînement et leur équipement.

Depuis le début de l’opération «Bordure protectrice» visant à faire cesser les tirs de roquettes contre les populations civils israéliennes, 2.028 Palestiniens, civils et combattants confondus, ont été tués et 10.302 blessés à Gaza selon le ministère palestinien de la Santé. Côté israélien, 64 soldats ont trouvé la mort et trois civils ont été mortellement touchés par des tirs de roquettes depuis Gaza.

L’armée israélienne a enregistré lors de cette opération ses plus lourdes pertes depuis le conflit de 2006 contre le Hezbollah libanais.

Pourparlers rompus

La rupture du cessez-le-feu, qui expirait mardi à 21H00 GMT, a bien sûr stoppé les pourparlers au Caire entre Israéliens et Palestiniens censés transformer cette pause en trêve prolongée, Les émissaires israéliens ont été rappelés par leur gouvernement et l;es négociateurs palestiniens devaient quitter la capitale égyptienne mercredi matin.

Le médiateur égyptien a appelé Israéliens et Palestiniens à reprendre les négociations, exprimant «son profond regret» devant la rupture de la trêve.

Mais les Les Palestiniens ont affirmé maintes fois qu’ils ne signeraient aucun accord qui ne prévoirait pas une levée du blocus israélien de Gaza.Les Israéliens font eux de la démilitarisation de l’enclave une condition sine qua non.

L’Égypte a soumis aux protagonistes une proposition par laquelle ils s’engageraient à cesser les combats et qui prévoit la réouverture des points de passage aux frontières. Elle fait la part belle à l’Autorité palestinienne, évincée de Gaza par le Hamas en 2007. Le sujet épineux de l’ouverture d’un port et d’un aéroport, à laquelle Israël est opposé, serait, lui, remis à plus tard.

Les États-Unis pour leur part se sont dits «très inquiets», jugeant le Hamas «responsable» des tirs de roquettes et estimant qu’Israël avait le droit de se défendre.