Transition des soldats blessés à la vie civile: deux ombudsmans pour une enquête

http://www.45enord.ca/2013/02/processus-de-demande-de-prestations-injuste-et-partial-dit-lombudsman/
L'ombudsman des vétérans, Guy Parent (Photo: Archives/ Bureau de l'ombudsman)
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L’onbudsman des vétérans, Guy Parent (Photo: Archives/ Bureau de l’ombudsman)

Pour en finir avec le double processus (Défense-Anciens combattants), long et fastidieux, auquel sont soumis les militaires lors de leur transition à la vie civile, les deux ombudsmans, celui des vétérans et celui de la Défense, vont unir leurs forces pour mener une enquête conjointe sur la façon dont les soldats malades et blessés sont traités pendant cette période  charnière de leur vie.

Une double enquête pour en finir avec un double processus!

L’ombudsman des vétérans Guy Parent et celui des Forces armées  canadiennes Gary Walbourne vont pour examiner ensemble un système qui a fait l’objet de milliers de plaintes.

En moyenne, de 5000 à 6000 militaires sont libérés chaque année. De 75 à 80 pour cent d’entre eux sont libérés avec un soutien minimal et effectuent une transition réussie à la vie civile. Cependant, de 20 à 25 pour cent de ces membres n’ont pas cette chance et sont libérés pour des raisons médicales.

Gary Walbourne affirme que  plus de la moitié des 1.500 plaintes reçues à son bureau a reçu l’an dernier liées à la fin de carrière, y compris les questions de transition.

Les deux hommes vont concentrer leur enquête sur la duplication qui existe entre la Défense nationale et des anciens combattants.

À la fin de sa carrière et lors de la transition à la vie civile, le militaire passe par «un processus fastidieux  qui traîne pendant des mois», déclare l’ombudsman de la Défense: «Il  y a les visites chez le médecin, les  formulaires à remplir sur. Le formulaire CF-98,  qui décrit  la blessure et comment  le militaire a été blessé».

Et, «Une fois que tout cela est fait, il faut commencer un nouveau processus le lendemain, quand la personne est libérée. Il ya  alors une demande de 18 pages pour entrer dans le système [des anciens combattants].»

Beaucoup de soldats, blessés en Afghanistan ou trop malades pour continuer à servir, ont constaté lors de la libération que les bureaucrates du ministère des Anciens combattants  les obligent à faire valider leur condition en visitant plusieurs  médecins.

Dans certains cas, ils ont été privés de prestations pour des blessures qui leur ont pourtant coûté leur carrière.

Pour en finir avec le double processus

Gary Walbourne dit que ce problème de double processus est un de ceux qui sera examinés dans l’enquête.

«Pourquoi y a-t-il deux processus?», se demande l’ombudsman de la Défense . «Pourquoi le processus de libération [des Forces armées] n’est-il pas un processus d’entrée automatique dans le système [des vétérans]?»

En raison des chevauchements, les anciens combattants blessés finissent par avoir deux gestionnaires de cas au cours de leur transition – un de chaque ministère.

Le comité de la Chambre des communes a entendu lors de ses auditions des plaintes des anciens combattants sur la qualité des responsables de dossiers  au cours de son étude récente de la législation qui régit les bénéfices destinés aux anciens soldats.

«La transition est une période de grande adaptation dans  la vie des militaires et vétérans des Forces armées canadiennes», a déclaré pour sa part Guy Parent . «Nous devons veiller à ce que la transition soit aussi harmonieuse que possible avec des informations claires et une communication transparente.»

L’an dernier, les anciens combattants et les militaires se sont plaints publiquement du nombre de soldats qui voulaient continuer à servir, mais ont été libérés de l’armée pour des raisons médicales, plusieurs d’entre eux  souffrant de stress post-traumatique.

Le ministre de la Défense, Rob Nicholson, avait déclaré lors d’une audition à la Chambre des communes que tout a été fait pour préparer les membres des Forces armées à la vie dans le monde civil, y compris l’orientation professionnelle et l’accès à de la formation professionnelle.

Mais l’ombudsman des vétérans a révélé t pour sa part au comité des Communes l’ année dernière que plusieurs soldats éprouvent des difficultés à avoir accès à des bourses d’études s’ils choisissent une carrière qui est sans rapport avec les compétences qu’ils ont acquises dans l’armée, bien que dans certains cas ces compétences n’aient pas d’application dans la vie civile.

En outre, le comité affirme dans son rapport publié en juin dernier que le gouvernement doit travailler plus fort pour soutenir non seulement les soldats, mais leurs familles lors du processus de transition à la vie civile.

Une enquête approfondie

La phase initiale du projet comporte deux volets, explique le bureau de l’ombudsman des vétérans.

Dans un premier temps, il s’agira de schématiser le processus de transition d’un membre des Forces armées canadiennes à partir du moment ou cette personne reçoit son message de libération jusqu’à son intégration avec Anciens Combattants Canada.

Ensuite, on procédera à un examen des dernières recommandations formulées par le Comité permanent de la défense nationale et des affaires des anciens combattants de la Chambre des communes, par le Sous-comité des anciens combattants du Sénat et par le vérificateur général du Canada sur la transition à la vie civile des militaires malades ou blessés.

Il importe de noter, dit le communiqué du bureau de Guy Parent, que cette phase du projet ira au-delà de la transition des membres blessés ou malades des Forces armées canadiennes afin de tenir compte de l’impact potentiel sur leur famille.

L’ombudsman de la Défense, Gary Walbourne, souligne pour sa part que la transition à la vie civile est un sujet complexe et que l’enquête de 15 à 18 mois qu’il mènera avec son homologue des vétérans, Guy Parent, examinera chacune des questions relatives à ce sujet une à la fois et précise que les résultats seront alors publiés dans une série de rapports intérimaires.