Deux soldats libanais capturés le 2 août exécutés, l’un par Al Nosra, l’autre par l’État islamique

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Des membres du groupe djihadiste al-Nosra près d'Alep, le 25 octobre 2013 (Karam al-Masri/AFP)
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Des membres du groupe djihadiste al-Nosra près d'Alep, le 25 octobre 2013 (Karam al-Masri/AFP)
Des membres du groupe djihadiste Al-Nosra près d’Alep, le 25 octobre 2013 (Archives/Karam al-Masri/AFP)

Un soldat libanais enlevé après des combats avec des djihadistes venus de Syrie a été exécuté par ses ravisseurs du Groupe Al-Nosra, a annoncé samedi le gouvernement à Beyrouth, alors que des informations sur les réseaux sociaux font état de l’exécution ce même jour d’un deuxième soldat libanais par le groupe rival, l’État islamique.
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Mise à jour au 20/09/2014 à 19h30

Un kamikaze à bord d’une moto s’est fait exploser samedi près d’un barrage du Hezbollah dans l’est du Liban, tuant des combattants du parti chiite libanais, selon un responsable des services de sécurité.

Cet attentat est survenu quelques heures après l’annonce par le gouvernement libanais de l’exécution d’un troisième soldat libanais otage depuis août de djihadistes qui combattent le régime en Syrie.
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«Le soldat Mohammad Hammiyé [ de confession chiite, ndlr] a été tué par les groupes terroristes qui ont menacé de tuer d’autres soldats», a indiqué le ministre de la Défense Samir Mokbel à l’issue d’une réunion de sécurité.

Et, sur on de ses comptes Twitter, Al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda, annonce que le groupe a tué Mohammad Hammiyé «première victime de l’entêtement de l’armée libanaise».

Le père du soldat Mohammad Hamiyé, Maarouf Hamiyé, cité par l’Agence Nationale d’Information libanaise, a par contre assuré ce samedi que son fils était vivant, mettant en garde contre toute atteinte à son encontre.

«Les allégations sur l’assassinat de mon fils sont fausses», a insisté M. Hamiyé père, affirmant qu’il était entré en contact avec plusieurs notables et cheikhs de Aarsal et de Syrie, ainsi qu’avec des responsables de sécurité et même avec la présidence du gouvernement à la suite de ce qu’il a qualifié d’«informations erronés qui constituent une menace et un moyen de pression de la part des ravisseurs».

Le 2 août une trentaine de soldats et de policiers à Aarsal, localité de l’est du Liban proche de la frontière syrienne,ont été capturés lors de combats entre l’armée et des djihadistes venus de Syrie.

Fin août et début septembre, deux soldats libanais, un sunnite et un chiite, ont été décapités par le groupe ultra-radical l’État islamique (EI) qui retient une partie des otages.

En outre, les djihadistes de l’État islamique auraient exécuté samedi un deuxième soldat libanais, Abbas Medlej, originaire de Baalbeck, selon des informations circulant sur les réseaux sociaux. et rapportées par le quotidien francophone libanais l’Orient Le Jour, proche de l’Alliance du 14 mars.

Toujours selon le quotidien, un porte-parole de l’EI aurait affirmé à l’agence d’information turque que son mouvement a exécuté le soldat libanais «parce qu’il avait tenté de fuir».

L’exécution de Hamiyé est par contre de la première revendication du genre faite par le groupe rival Al-Nosra, la branche officielle d’Al-Qaïda en Syrie.

Le Front al-Nosra avait posté le 23 août une vidéo montrant les neuf soldats et policiers kidnappés et appelant le Hezbollah à retirer ses combattants de Syrie et une deuxième le 5 septembre affirmant qu’ils pourraient payer le prix de l’implication du Hezbollah libanais dans le conflit en Syrie.

Dans son tweet aujourd’hui, Al-Nosra a accusé l’armée d’être devenue une marionnette aux mains du parti iranien, en référence au Hezbollah chiite, bête noire des djihadistes et des rebelles syriens en raison de son soutien militaire au régime de Damas.

Les ravisseurs réclament le retrait des combattants du Hezbollah de Syrie et un échange avec des prisonniers islamistes détenus au Liban.

De son côté Jamal Jarrah, député du courant du Futur, membre de l’Alliance du 14-mars, anti-syrienne, a déclaré ce samedi que le Hezbollah entravait les négociations du gouvernement avec les ravisseurs pour la libération des militaires pris en otage, et affirmé que son parti «négociait pour libérer ses propres combattants contre des corps des combattants du Front Al Nosra ».