Porochenko fait l’apologie du mémorandum que ses forces armées refusent de mettre en oeuvre!

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Le président ukrainien Petro Porochenko devant le Congrès américain, jeudi 18 septembre 2014 (Nicholas Kamm/AFP)
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Le président ukrainien Petro Porochenko devant le Congrès américain, jeudi 18 septembre 2014 (Nicholas Kamm/AFP)
Le président ukrainien Petro Porochenko devant le Congrès américain, jeudi 18 septembre 2014 (Nicholas Kamm/AFP)

Dans une interview aux chaînes de télévision ukrainiennes, alors que ses forces armées annonçaient qu’elles refusaient de mettre en oeuvre le plus récent mémorandum de paix, le Président Petro Porochenko a déclaré que le pays faisait tout pour établir la paix. «Nous ne pouvons gagner que par la paix», a-t-il souligné rapporte le site même de la présidence ukrainienne.
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Mise à jour au 22/09/2014 à 8h53

L’armée ukrainienne a finalement annoncé commencer la mise en oeuvre des neuf points du mémorandum de Minsk, signé samedi par Kiev et la rébellion, et qui prévoit la création d’une zone tampon, une interdiction de survol des régions séparatistes et le recul des pièces d’artillerie des deux camps.

«Nous nous préparons à reculer l’armement lourd à 15 km» de la ligne de front, a assuré le porte-parole de l’armée Andriï Lyssenko.

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En réponse à une question lors de l’entrevue, le Chef de l’État ukrainien a noté que le triangle «président-Parlement-gouvernement» a été unanime sur la priorité d’un règlement pacifique du conflit, souligne le communiqué de la présidence.

«Nous avons une position absolument ferme que nous avons besoin de la paix», a dit Petro Porochenko.

Il a également souligné l’importance sur le chemin de la paix du mémorandum de paix signé samedi  à Minsk . Selon lui, le document spécifie le mécanisme de cessez-le feu et crée les conditions préalables à la cessation des hostilités.

Une désescalade est en cours, quoi qu’on dise», a aussi insisté le président Porochenko.

Il est également revenu sur ses rencontres avec le président russe Vladimir Poutine estimant que sans ces rencontres, il n’y aurait pas le processus [de paix] actuel.

Kiev et la rébellion pro-russes ont signé samedi à Minsk un mémorandum en neuf points qui prévoit la mise en place d’une zone tampon de 30 km de large le long de la ligne de front.

Ce plan de paix, qui vise à consolider le fragile cessez-le-feu décrété le 5 septembre après une première session de négociations de paix à Minsk, a connu des accrocs dès son entrée en vigueur.

Mais l’armée ukrainienne a annoncé dimanche qu’elle n’était pas prête quant à elle à en respecter tous les points, notamment le recul de son artillerie, tant que le cessez-le-feu ne serait pas total.

Le porte-parole de l’armée ukrainienne, Andriï Lyssenko, a estimé que la mise en oeuvre de la zone démilitarisée prévue au mémorandum ne serait possible qu’une fois que le cessez-le-feu serait complet dans les régions rebelles de Donetsk et de Lougansk.

«L’un des principaux points (de l’accord de Minsk) concerne le cessez-le-feu et seulement après, il y a les autres points», a déclaré Lyssenko.

«Tant que ce premier point n’est pas acquis, nous ne pouvons pas parler des points suivants», a-t-il prévenu, alors que le texte prévoit bel et bien bien une entrée en vigueur simultanée des neuf points sur le territoire contrôlé par les rebelles, soit une zone qui s’étend sur 230 km de Lougansk à la mer d’Azov au sud et sur 160 km dans sa plus grande largeur entre Donetsk à l’ouest et la frontière russe à l’est.

Selon l’ex-président ukrainien Léonid Koutchma, qui représentait les autorités de Kiev aux entretiens de Minsk, le mémorandum en neuf points prévoit, notamment, la création d’une zone de sécurité de 30 km dans l’est de l’Ukraine, l’arrêt de l’usage des armes, le retrait de 15 km des pièces d’artillerie lourdes (plus de 100 mm) des deux camps depuis leur ligne de contact, l’interdiction de survol de la zone de sécurité aux avions de combat et drones sauf ceux de l’OSCE et le départ des mercenaires étrangers des deux camps.

Un jour, ce sont les rebelles qui déclarent ne pas être engagés par la signature de leurs représentants aux négociations de paix, le lendemain, ce sont les forces armées de Kiev qui rechignent à mettre en oeuvre le plan de paix pourtant accepté par la partie ukrainienne aux négociations.

Et, aujourd’hui, le bouquet: Porochenko fait l’apologie du mémorandum que ses propres forces armées refusent de mettre en oeuvre. Il y a un pilote dans l’avion, mais qui est-il?