RDC : l’ONU demande des enquêtes «approfondies» sur les «crimes» du M23

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Des membres du M23, à bord d'un véhicule, en train de se retirer de Goma, capitale du Nord-Kivu. Des exactions sont également reprochées à ce groupe rebelle au Sud-Kivu (Photo: Sylvain Liechti, ONU)
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Des membres du M23, à bord d'un véhicule, en train de se retirer de Goma, capitale du Nord-Kivu. Des exactions sont également reprochées à ce groupe rebelle au Sud-Kivu (Photo: Sylvain Liechti, ONU)
Des membres du M23, à bord d’un véhicule, en train de se retirer de Goma, capitale du Nord-Kivu. Des exactions sont également reprochées à ce groupe rebelle au Sud-Kivu (Photo: Sylvain Liechti, ONU)

L’ONU a demandé jeudi aux autorités de Kinshasa de mener des «enquêtes judiciaires approfondies» sur les «crimes» commis par les ex-rebelles du Mouvement du 23 Mars (M23) dans l’Est de la République démocratique du Congo.

«Au vu des violations des droits de l’Homme et du droit international humanitaire documentées (…) il est recommandé aux autorités congolaises d’ouvrir des enquêtes judiciaires approfondies, rigoureuses et impartiales sur les crimes commis par les éléments civils et militaires du M23 dans la province du Nord-Kivu», écrit le Bureau des droits de l’Homme de l’ONU dans un rapport publié jeudi à Kinshasa.

L’ONU accuse spécifiquement des membres du M23 d’avoir tué, violé ou torturé plusieurs centaines de personnes entre avril 2012 et novembre 2013, mais estime, compte tenu de la difficulté à enquêter sur le terrain, que «le nombre total de victimes pourrait être beaucoup plus élevé».

Ces violations des droits de l’Homme, écrit l’ONU, pourraient dans certains cas « constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité ».

La rébellion du M23 est partie en avril 2012 d’une mutinerie d’ancien rebelles intégrés dans l’armée congolaise et a été vaincue début novembre 2013 après avoir érigé un quasi-État dans les zones du Sud du Nord-Kivu sous son contrôle.

Les Nations unies demandent également aux autorités de «traduire tous les auteurs de ces crimes en justice».

Conformément à ses engagements pris à la fin du conflit pour accélérer la réconciliation nationale, la RDC a adopté en février une loi d’amnistie couvrant les faits de guerre et d’insurrection commis entre début 2006 et fin 2013.

Plus de 200 membres du M23 qui en avaient fait la demande ont bénéficié de cette amnistie, mais celle-ci, de par la loi, ne peut s’appliquer aux auteurs présumés de graves violations des droits de l’Homme, ce qui exclut de fait une centaine de cadres de la branche militaire du M23, accusés par la RDC et l’ONU de nombreuses atrocités commises pendant la rébellion.