Yemen: de nouveaux enjeux pour les rebelles

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Les rebelles chiites d'Ansaruallah contrôlent la capitale du Yemen, Sanaa
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Les rebelles chiites d'Ansaruallah contrôlent la capitale du Yemen, Sanaa
Les rebelles chiites d’Ansaruallah contrôlent la capitale du Yemen, Sanaa.

Au Yémen, les rebelles chiites d’Ansaruallah cherchent à étendre leur influence jusqu’au détroit stratégique de Bab al-Mandeb à l’ouest de Sanaa, la capitale, et aux champs pétrolifères situés à l’est.

Il y a un peu plus de deux semaines, les rebelles chiites d’Ansaruallah, aussi appelés les houthis, avaient pris le contrôle de Sanaa, la capitale du Yemen. Après une entrée sans résistance, ils s’étaient rapidement emparés des principaux bâtiments publics pour faire régner leur loi dans la ville, d’après la population.

Un accord de paix sous le parrainage de l’ONU avait pourtant été signé le 21 septembre, prévoyant le retrait des rebelles armés de la capitale, ainsi que la nomination d’un nouveau Premier ministre. Les rebelles, agissant sous le nom de comités populaires, voudraient en contrepartie, avoir un droit de regard sur les finances du pays. D’après plusieurs fonctionnaires, ils surveilleraient et fouilleraient les cadres du ministère des Finances et de la Banque centrale.

Une volonté d’expansion

D’après une source militaire de l’AFP proche d’Ansaruallah, les rebelles ont récemment mis le cap sur Hodeida (Al-Hudaydah), où ils ont ouvert la semaine dernière leur dernière permanence dans le but d’étendre leur présence sur tout le littoral jusqu’à Bab al-Mandeb situé à l’embouchure de la mer Rouge et du Golfe d’Aden.

Les houthis comptent déjà plusieurs milliers d’hommes armés à Hodeida, où leur but est de contrôler Bab al-Mandeb, ainsi que Dhubab et Al-Makha, deux régions côtières par où transitent tout genre de trafics, dont celui des armes.

Ils cherchent également à s’installer dans la province de Marib, plus à l’est, en vue de prendre le contrôle, à l’aide de leurs alliés tribaux, des gisements de pétrole et de gaz, ainsi que de la principale centrale électrique qui alimente la capitale.

Toutefois, les rebelles houthis devraient se heurter à une forte résistance des tribus de Marib qui leur sont hostiles. Parmi ces tribus, on compte les Abida et les Mourad, qui s’étaient rangées aux côtés des tribus d’Al-Jawf, situées au nord de la province, au cours des combats qui les opposent aux houthis depuis plus de trois mois.

Infiltrer l’armée 

Dans un message de vœux à l’occasion de la fête musulmane du Sacrifice, célébrée ce week-end, le chef d’Ansaruallah implicitement dénoncé des complots qui se trament contre certaines provinces, dont le Hadramout, principal bastion d’Al-Qaïda. En effet, une progression des rebelles chiites dans Marib pourrait provoquer des accrochages avec Al-Qaïda, très actif dans la région et les autres provinces du sud et du sud-est du Yémen.

Un des responsables des services de sécurité du pays a rapporter que les houthis étaient en train de négocier l’intégration de plus de 20 000 de leurs combattants dans l’armée, les forces de sécurité et les services de renseignements. Ces derniers profitent du blocage du processus politique pour infiltrer l’armée.