Les tueurs de Saint-Jean et d’Ottawa auraient eu des liens avec l’État islamique, révèle MacKay

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Le ministre de la Justice Peter MacKay et le ministre de la Défense nationale Rob Nicholson s’adressent aux médias lors de l’ouverture du Forum d’Halifax sur la sécurité internationale, à Halifax, en Nouvelle-Écosse, le 21 novembre 2014. (@MinPeterMacKay/Twitter)
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Le ministre de la Défense nationale Rob Nicholson et le ministre de la Justice Peter MacKay s’adressent aux médias lors de l’ouverture du Forum d’Halifax sur la sécurité internationale, à Halifax, en Nouvelle-Écosse, le 21 novembre 2014. (Caporal Felicia Ogunniya/Services d’imagerie de la formation)
Le ministre de la Défense nationale Rob Nicholson et le ministre de la Justice Peter MacKay alors qu’ils s’adressaient aux médias lors de l’ouverture du Forum d’Halifax sur la sécurité internationale, à Halifax, en Nouvelle-Écosse, le 21 novembre 2014. (Archives/ Caporal Felicia Ogunniya/Services d’imagerie de la formation)

Le ministre fédéral de la Justice, Peter MacKay, a révélé que la police soupçonne de plus que les deux jeunes aspirants-djihadistes, Martin «Ahmad» Couture Rouleau et Michaël Zehaf Bibeau,  étaient en contact direct avec des militants du groupe l’État islamique.

Déjà, en octobre dernier, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) contredisait tous ceux qui affirmaient que le tireur qui a abattu le jeune réserviste qui montait la garde devant le cénotaphe à Ottawa n’était qu’un pauvre fou, affirmant avoir la preuve que son geste était politique et idéologique.

À son tour, le ministre fédéral de la Justice a déclaré qu’«Ils [les deux tueurs] ont été influencés par le groupe l’État islamique, sans l’ombre d’un doute».

Peter MacKay a fait cette déclaration le mois dernier à Bloomberg News qui n’a publié les commentaires du ministre canadien que cette semaine. Le ministre canadien de la Justice s’était entretenu avec un chroniqueur de Bloomberg lors du Forum internationale d’Halifax.

Mais Bloomberg News n’a fait état des commentaires du ministre que cette semaine.

Le contenu de la vidéo que Zehaf-Bibeau a enregistré de lui-même – et que la GRC n’a pas encore rendue publique- est «conforme à notre conviction qu’il a été radicalisé par l’État islamique», a aussi déclaré Peter MacKay lors de cette entrevue.

Martin Couture-Rouleau avait tué l’adjudant Patrice Vincent avec sa voiture à St-Jean-sur-Richelieu, au Québec, le 20 octobre et Michael Zehaf-Bibeau abattu le jeune réserviste Nathan Cirillo au Monument commémoratif de guerre à Ottawa deux jours plus tard.

Bien que la GRC ait déjà indiqué que Couture-Rouleau avait été influencé par la propagande du groupe l’État islamique et que le geste de Zehaf-Bibeau était politique, la police fédérale n’a pas indiqué publiquement jusqu’à maintenant que Zehaf-Bibeau avait ou non des liens directs avec un groupe ultra-radical.

La police poursuit donc son enquête sur les motivations des tireurs et sur leurs possibles liens avec d’autres partisans du djihad, mais plusieurs éléments pointent vers une radicalisation signée «État islamique», ce qui tendrait à prouver que, chez des personnes instables comme les deux tueurs d’octobre dernier, les appels au meurtre et la manipulation à distance fonctionnent comme on le craignait, le pouvoir d’attraction et l’influence du groupe radical restant liés à la fascination que provoque sa violence extrême.

Grâce à Internet, nul besoin de nos jours de se retrouver ensemble dans un même lieu pour tisser des liens.

Quant au premier ministre Harper, il a été plus loin encore, suggèrant que les deux aspirants-djihadistes pourraient ne pas avoir agi seul, remettant ainsi en question la notion de «loup solitaire».

«[…] on dit que c’est un loup solitaire. C’est vrai que c’est un seul attaqueur (sic), mais ce n’est pas nécessairement le cas que c’est seulement un gars», a dit le premier ministre dans une entrevue accordée au réseau TVA présentée ce mercredi aux journalistes parlementaires d’Ottawa, suggérant que les assaillants étaient possiblement entourés «d’autres personnes».