Deux Canadiens sur trois appuient les mesures antiterroristes du gouvernement

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Ami du caporal Nathan Cirillo abattu par un tireur fou, le caporal Branden Stevenson a repris sa position de sentinelle au Monument commémoratif de guerre. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
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Ami du caporal Nathan Cirillo abattu par un tireur fou, le caporal Branden Stevenson a repris sa position de sentinelle au Monument commémoratif de guerre. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
Ami du caporal Nathan Cirillo abattu par un tireur fou, le caporal Branden Stevenson a repris sa position de sentinelle au Monument commémoratif de guerre. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Devant la recrudescence de l’incitation à l’utilisation de la violence par le terrorisme et après les attaques d’octobre dernier contre des soldats canadiens Patrice Vincent, à Saint-Jean-sur-Richelieu et Nathan Cirillo, aux abords du parlement, à Ottawa, tous deux tués par des aspirants-djihadistes, les deux tiers des Canadiens appuient clairement le renforcement par le gouvernement Harper de l’arsenal antiterroriste.

Soupçonnant, à tort ou à raison, les conservateurs de chercher à faire des gains politiques avec le terrorisme, les partis de l’opposition se montrent très critiques et comptent s’assurer que le projet de loi conserve un équilibre entre la protection des Canadiens et le respect des libertés civiles.

«Vous ne pouvez pas protéger les libertés tout en détruisant ces mêmes libertés», a prévenu à ce propos le néo-démocrate Nathan Cullen.

Mais les Libéraux et les Néo-démocrates ont beau crier, la population canadienne, selon un récent sondage, est derrière le gouvernement, même si les nouvelles mesures limitent les libertés garanties par la Charte des Droits, comme la liberté d’expression.

Une majorité de Canadiens sont donc prêts à donner de nouveaux pouvoirs au gouvernement pour lutter contre les menaces de sécurité, allant même jusqu’à bloquer les sites web qui favoriseraient la prolifération du terrorisme, révèle un nouveau sondage de  Nanos Research effectué pour le quotidien torontois Globe and Mail.

Nanos a sondé 1000 répondants et 66 pour cent étaient d’accord ou plutôt d’accord avec l’idée que « le Canada est actuellement en guerre avec des groupes terroristes. », alors que seulement 29 pour cent des répondants étaient en désaccord ou plutôt en désaccord avec cet énoncé.

Les résultats sont plus serrés quant à la capacité du système de justice de faire face à la menace du terrorisme local. Mais, là encore, il y a plus de Canadiens qui estiment que le système n’est pas à la hauteur en ce moment (48 pour cent) que de Canadiens qui croient la situation est satisfaisante (44 pour cent).

Le sondage révèle que 65 pour cent des répondants étaient d’accord que «le gouvernement devrait avoir le pouvoir de retirer les sites Web ou les messages sur Internet qui, selon lui, soutiennent la prolifération du terrorisme au Canada. » Seulement 31 pour cent des répondants ont dit qu’ils étaient en désaccord ou plutôt en désaccord avec cette mesure.

«Les Canadiens croient que nous sommes en guerre », a commenté le sondeur Nik Nanos « Ils s’attendent à de nouvelles attaques après la série d’attaques à Ottawa, Sydney et Paris » que nous avons connu ces derniers mois.

Le ministre Blaney avait déjà déposé l’automne dernier le projet de loi C-44, qui augmentait les pouvoirs du Service canadien de renseignement de sécurité.

Ottawa y va maintenant d’un train de « mesures […] conçues pour aider les autorités à stopper des attaques planifiées, à écarter les menaces de nos rues, à criminaliser la promotion du terrorisme et à empêcher les terroristes de voyager et de faire du recrutement », a expliqué dimanche dernier le premier ministre devant une foule de partisans réunis dans un gymnase scolaire d’Orléans, en banlieue d’Ottawa.

Il y a toutefois, toujours selon le sondage Nanos, des lignes rouges à ne pas dépasser.

Le gouvernement ne doit pas aller trop loin en enfreignant les droits des Canadiens au nom de la guerre contre le terrorisme. Tout en appuyant le gouvernement, près des deux tiers des répondants (64 pour cent) ont également dit qu’ils étaient un peu inquiets ou préoccupés par la possibilité que «les agences de sécurité canadiennes se verront attribuées trop de pouvoir». En comparaison, 34 pour cent des répondants ont dit qu’ils étaient indifférents ou assez indifférents à la perspective.

Le sondage mené au téléphone et hybride en ligne entre le 24 et 26 janvier est réputé pour être précis à plus ou moins 3,1 points de pourcentage, 19 fois sur 20.