RDC: démission du chef négociateur de l’ex-rébellion M23

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René Abandi, l'ex chef de la délégation du M23 aux négociations avec le gouvernement de la RD Congo.
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René Abandi, l'ex chef de la délégation du M23 aux négociations avec le gouvernement de la RD Congo.
René Abandi, l’ex chef de la délégation du M23 aux négociations avec le gouvernement de la RD Congo.

Le chef négociateur de l’ex-rébellion congolaise du M23 a annoncé samedi sa démission, ce qui risque de compliquer encore un peu plus le processus de normalisation entre la République démocratique du Congo et ce mouvement.

Le Mouvement du 23 Mars a communiqué à la presse la lettre datée du 10 janvier par laquelle René Abandi présente au président de sa formation, Bertrand Bisimwa, sa démission en tant que Coordonnateur chargé de la mise en oeuvre des déclarations de Nairobi pour le compte du M23.

Dernier avatar des rébellions à dominante tutsi soutenues par l’Ouganda et le Rwanda dans l’est de la RDC depuis la fin de la deuxième guerre du Congo (1998-2003), le M23 est né d’une mutinerie, en avril 2012, d’anciens rebelles ralliés à l’armée congolaise qui accusaient Kinshasa de ne pas respecter les clauses de l’accord ayant permis leur intégration militaire en 2009.

La rébellion a été vaincue militairement en novembre 2013 et le reste de ses combattants se sont réfugiés au Rwanda et en Ouganda.

Le M23 et Kinshasa ont signé le mois suivant des déclarations de paix à Nairobi sous l’égide de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).

Aux termes de ces déclarations, le M23 a confirmé qu’il renonçait à la rébellion pour défendre par des voies uniquement politiques ses principales revendications, parmi lesquelles la défense des populations rwandophones de l’Est de la RDC, dont il déplore la marginalisation.

Le gouvernement congolais s’est engagé pour sa part à accorder l’amnistie, sous conditions, à la plupart des combattants du mouvement afin de permettre leur retour au pays et leur réintégration sociale.

Depuis plusieurs mois, le processus de normalisation piétine, ce dont les deux parties se renvoient mutuellement la responsabilité. Selon le gouvernement congolais, seuls 180 ex-combattants du M23, sur les près de 600 déjà amnistiés, ont été rapatriés en RDC, tous au mois de décembre.

Dans sa lettre, M. Abandi accuse Kinshasa de refuser de mettre en oeuvre les déclarations de Nairobi et d’organiser un rapatriement qui ignore et viole ces déclarations.

Je prends acte de la décision de M. Abandi, a déclaré à l’AFP François Muamba, chargé de la mise en oeuvre des déclarations de Nairobi pour le compte du gouvernement congolais.

Le rapatriement des ex-miliciens du M23 s’effectue en vertu d’un protocole d’accord signé entre Kinshasa et Kampala en décembre sous l’égide de la CIRGL et de la SADC, et s’est fait jusqu’à présent dans la transparence et de manière volontaire, a-t-il assuré.

Quant à la suite de la mise en oeuvre des déclarations de Nairobi, a dit M. Muamba, je m’en remets à l’appréciation des garants que sont la CIRGL et la SADC.

Au-delà du seul rapatriement des anciens miliciens, le M23 et Kinshasa doivent encore s’entendre pour permettre notamment le retour au Congo de plusieurs centaines de milliers de réfugiés déplacés par les conflits ayant déchiré l’est du pays depuis plus de vingt ans. Le gouvernement s’est également engagé à oeuvrer pour une véritable réconciliation nationale.