Montréal: une peine pour adulte réclamée pour l’aspirant-djihadiste de 15 ans arrêté en novembre

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Les loups solitaires, ces gens se radicalisant seuls, devant leur ordinateur, inquiètent les autorités.
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Les loups solitaires, ces gens se radicalisant seuls, devant leur ordinateur, inquiètent les autorités.
Les loups solitaires, ces gens se radicalisant seuls, devant leur ordinateur, inquiètent les autorités.

Une procureure fédérale a déclaré ce lundi 16 février qu’elle réclamerait une peine pour adulte pour l’adolescent de Montréal arrêté en novembre, et qui fait face à deux chefs d’accusation liés au terrorisme.

Le Service de police de la Ville de Montréal a arrêté en novembre 2014 un adolescent radicalisé de 15 ans qui était en contact avec l’auteur de l’attaque à Saint-Jean-sur-Richelieu qui a entraîné la mort d’un militaire en octobre dernier, et qui projetait de quitter le Canada pour se joindre au djihad armé, a comparu cette semaine au Palais de Justice de Montréal.

L’identité de l’adolescent est restée confidentielle puisqu’il est mineur.

L’adolescent, qui a plaidé non coupable aux deux chefs d’accusation, est resté détenu et a été soumis à une évaluation psychiatrique.

La requête de la procureure fédérale pourrait se traduire par une sentence beaucoup plus sévère que celle prévue dans la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents, dans l’éventualité d’un verdict de culpabilité.

Le jeune homme d’origine maghrébine, accusé d’avoir tenté de quitter le pays afin de participer à une activité terroriste à l’étranger en vertu de la nouvelle Loi sur la lutte contre le terrorisme, risque maintenant des peines de 10 ans à 14 ans de prison.

En outre, il est aussi accusé d’avoir tenté de financer un acte terroriste.

En vertu du Code criminel, les adultes reconnus coupables d’avoir commis une infraction au nom d’une organisation terroriste peuvent même faire face à la prison à vie, alors que pour les adolescents la peine maximale est de trois ans.

C’est le père de l’adolescent, inquiet de la tangente que prenait son fils, qui avait lui-même alerté la police.

Le 11 octobre dernier, l’adolescent de 15 ans était entré dans un dépanneur de l’ouest de Montréal, le visage couvert d’un foulard. Il a sorti un long couteau avant de réclamer le contenu du tiroir-caisse. Le propriétaire a déposé un peu plus de 2.000$ dans un sac, que le père trouvera le soir-même dans la cour arrière de leur maison.

Le père a questionné son fils, mais ce dernier a nié avoir commis un crime.

Cette somme, le jeune homme comptait, semble-t-il, l’utiliser pour se rendre dans un pays soumis à la loi islamique.

Interrogé par la police, l’adolescent a refusé de préciser dans quel pays il comptait se rendre, mais a déclaré qu’il estimait «vivre dans le péché parce qu’il ne réside pas dans un pays musulman».

Au cours de son interrogatoire, il aurait décrit le Canada comme étant un pays d’infidèles qui ne partagent pas ses valeurs. Étant en guerre contre ces infidèles, il pensait donc qu’il était légitime de s’emparer du butin de ses «ennemis».

La police a également retrouvé des vidéos de propagande djihadiste dans son ordinateur.

Les procureurs fédéraux allèguent donc maintenant que l’adolescent a commis ce vol dans dessein terroriste

Les avocats de l’accusé se sont présentés ce lundi devant la Chambre de la jeunesse pour ce qui devait être une rencontre en vue de déterminer la date de son procès. La cause a plutôt été reportée jusqu’au 9 mars pour que la Couronne puisse examiner davantage les preuves.