Opération IMPACT: le ministre Nicholson fait le point depuis Bruxelles

Un CF-18 canadien de l'opération Impact décolle de la base canadienne au Koweït (Archives/Combat Cam)
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Depuis Bruxelles, le ministre canadien de la Défense, Rob Nicholson, a fait ce 5 février le point sur l’Opération Impact lors d’un point de presse qui était aussi consacrée aux les résultats de la réunion d’aujourd’hui des ministres de la Défense de l’OTAN.

Le ministre Nicholson a rappelé à cette occasion que le groupe l’État islamique représentait une menace à la sécurité globale.

Il a aussi rappelé avec horreur l’assassinat du pilote jordanien capturé en décembre alors qu’il effectuait des frappes pour la coalition sur des positions djihadistes en Syrie.

La Jordanie, qui avait alors suspendu ses frappes, a annoncé jeudi avoir de nouveau frappé des positions du groupe État islamique après avoir promis de riposter sévèrement à l’exécution d’un de ses pilotes militaires, brûlé vif par l’EI.

De leur côté, les Émirats arabes unis, craignant que leurs propres pilotes ne connaissent le même sort, avaient suspendu fin décembre leurs frappes aériennes en Syrie contre l’organisation l’État islamique en Syrie après la capture du pilote jordanien.

Les Émirats ont demandé que les États-Unis améliorent leurs efforts en matière de recherche et de sauvetage des pilotes en déployant les V-22 Osprey, des appareils mi-avions mi-hélicoptères, dans le nord de l’Irak, donc plus près des théâtres d’opérations, et non au Koweït où se trouve actuellement le camp de base de la mission aérienne.

Demande accordée, du moins en partie: Washington a maintenant décidé de repositionner dans le nord de l’Irak des équipes spécialisées dans la recherche et le sauvetage de pilotes, pour les rapprocher des zones de bombardements.

Quant au Canada, qui effectue pour sa part des frappes en Irak, jamais il n’a été question de suspendre sa participation à la coalition.

Le 5 février 2015, au nord-ouest de Bagdad, des CF-18 Hornet ont exécuté avec succès des frappes sur une enceinte du groupe État islamique utilisée en tant que zone de préparation à l’aide de munitions à guidage de précision.

Le 3 février 2015, au sud-ouest de Mossoul, des CF-18 Hornet ont frappé une usine de fabrication d’IED et de stockage du groupe djihadiste à l’aide de munitions à guidage de précision.

Depuis 15 h (heure normale de l’Est) le 4 février 2015, la Force opérationnelle aérienne en Irak a donc effectué 435 sorties aériennes:

  • Les chasseurs CF-18 ont effectué 284 sorties;
  • L’aéronef de ravitaillement CC-150T a effectué 72 sorties et a acheminé environ 4 063 000 livres de carburant; et
  • Les aéronefs de patrouille CP-140 ont mené 79 missions de reconnaissance.

Les pays qui effectuent des frappes aériennes en Irak sont les États-Unis, l’Australie, la Belgique, le Canada, le Danemark, la France, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. Ceux qui effectuent des frappes aériennes en Syrie sont les États-Unis, le Bahreïn, la Jordanie, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

Toutefois, le chef de la diplomatie Nasser Joudeh a ffirmé de son côté à la chaîne américaine Fox News jeudi que les frappes jordaniennes avaient ciblé jeudi des objectifs de l’EI aussi bien en Syrie qu’en Irak. C’est la première fois que le royaume, qui n’effectuait jusqu’ici que des frappes en Syrie, fait état de raids aériens en Irak.

Par ailleurs, le ministre de la Défense a aussi promis lors de la téléconférence d’aujourd’hui d’aviser les Canadiens si des membres des Forces armées canadiennes sont blessés ou tués en Irak. « Nous dévoilerions bien sûr toute information du genre. Je crois que ce serait approprié », a déclaré le ministre en réponse à la question d’un journaliste.

Outre les frappes aériennes, environ 70 membres des Forces armées canadiennes travaillent dans un rôle de consultation et d’assistance lié à la prestation de conseils stratégiques et tactiques aux forces de sécurité irakiennes et la Défense a révélé que les forces spéciales déployées dans la région accompagnent les combattants sur les lignes de front dans 20 % des cas. Les soldats canadiens ont jusqu’à maintenant essuyé des tirs ennemis et riposté à trois reprises.