Mort du sergent Doiron en Irak: les Kurdes ont confondu les Canadiens avec les djihadistes

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Des peshmergas prennent position à Makhmur (280 km au nord de Bagdad), lors d'affrontements avec des djihadistes de l'EI, le 9 août 2014 (Safin Hamed/AFP)
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Des peshmergas prennent position à Makhmur (280 km au nord de Bagdad), lors d'affrontements avec des djihadistes de l'EI, le 9 août 2014 (Safin Hamed/AFP)
Des peshmergas prennent position à Makhmur, lors d’affrontements avec des djihadistes de l’EI. (Archives/Safin Hamed/AFP)

La mort accidentelle du sergent Andrew Doiron, des forces spéciales canadiennes a déclenché une enquête de la part des Forces armées canadiennes, mais quelques détails sont d’ores et déjà connus, comme le rapportent plusieurs médias kurdes.

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Mise à jour du 08 mars à 20h30:

La famille du sergent Andrew Doiron a émis la déclaration suivante: «Notre fils a tout donné, et avec sa perte, nous avons aussi tout donné. Nous avons perdu notre fils bien-aimé et nous demandons aux médias de laisser à notre famille l’espace et l’intimité pour faire notre deuil.»

à 19h10:

En entrevue au réseau CTV, le ministre canadien a nié catégoriquement les allégations du porte-parole de l’armée kurde Halgurd Hekmat, qui affirmait que les Canadiens s’étaient aventurés sur la ligne de front de Bashik, près de Mossoul, sans s’annoncer. Selon le ministre, les soldats canadiens étaient «à 200 mètres» de la ligne de front lorsque l’incident est survenu et ils étaient revenus à un poste d’observation lorsque les Kurdes les ont pris pour leurs ennemis et leur ont tiré dessus.

à 12h:

Deux représentants des troupes kurdes ont confié à l’Associated Press que le corps du défunt soldat avait été rapatrié au Canada, tôt dimanche matin, après la tenue d’une cérémonie militaire à l’aéroport d’Erbil.

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C’est dans la nuit de vendredi à samedi, un peu avant minuit que les combattants peshmergas ont accidentellement tiré sur quatre conseillers militaires canadiens lors d’une bataille avec l’État islamique.

Le commandant peshmerga sur le front Bashiqa, Mosa Gardi, a indiqué à l’agence BasNews qu’Il y avait «des combats intenses entre les Peshmergas et les militants de l’EI, lorsque les insurgés ont attaqué nos forces dans le village de Qapani près de Bashik, au nord de Mossoul. Au cours de la lutte, les conseillers canadiens ont quitté leur véhicule et se dirigeaient vers la zone. Ils se sont retrouvés très proches des combats sans s’être coordonnés avec nous et lorsque les Peshmergas les virent, ils ont demandé qui ils étaient. Les Canadiens ont répondu en arabe, menant les Peshmergas à croire qu’ils étaient des militants [de l’EI] et ont tiré sur eux», a révélé le commandant.

Blessés, les militaires canadiens ont été transférés à l’hôpital d’Erbil par hélicoptère, et c’est là que le sergent Doiron est décédé des suites de ses blessures.

D’après le commandant peshmerga, «s’il n’y avait pas eu leur conducteur, ils auraient tous été abattus». C’est en effet le conducteur qui a dit aux combattants kurdes qu’ils étaient des conseillers canadiens et pas des militants de l’EI.

Réagissant à la nouvelle, le ministre de la Défense nationale Jason Kenney, a indiqué attendre l’enquête. «Ma compréhension est que les troupes canadiennes se sont conduites comme des professionnelles (et) ont fait ce qu’elles étaient censées faire dans de telles circonstances».

Le ministre, qui se trouvait à la Conférence Manning à Ottawa, a dit que le Canada faisait la différence avec sa mission militaire en Irak et a appelé Doiron un «vrai patriote canadien». Il a déclaré que l’incident n’affectera pas le travail des forces spéciales canadiennes sur le terrain en Irak.

«La mission de formation se poursuivra. Nous avons confiance dans nos forces d’opérations spéciales qui ont fait un travail extraordinaire là-bas», a dit le ministre qui a également précisé que cela n’aura pas d’impact sur la future décision du gouvernement de prolonger ou non la mission militaire.