Égypte: deux juges, un procureur tués par balle dans le Sinaï

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Un camion de l'armée égyptienne transporte des blindés destinés à être déployés à Al-Arich, dans le nord du Sinaï, le 20 mai 2013 (Archives/Tarek Nassr/AFP)
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Un camion de l'armée égyptienne transporte des blindés destinés à être déployés à Al-Arich, dans le nord du Sinaï, le 20 mai 2013 (Tarek Nassr/AFP)
Un camion de l’armée égyptienne transporte des blindés destinés à être déployés à Al-Arich, dans le nord du Sinaï, le 20 mai 2013 (Archives/Tarek Nassr/AFP)

Deux juges et un procureur égyptiens ont été tués par balle samedi dans le nord du Sinaï, théâtre d’attentats jihadistes visant habituellement les forces de sécurité, a indiqué à l’AFP le porte-parole du ministère de la Santé.

Il s’agit de la première attaque visant des magistrats dans la péninsule du Sinaï. Elle intervient quelques heures après que la justice a condamné à mort le président islamiste Mohamed Morsi, destitué par l’armée en juillet 2013.

L’attaque s’est produite dans la ville d’Al-Arich, le chef-lieu du Nord-Sinaï. Des assaillants armés ont stoppé le véhicule des magistrats avant d’ouvrir le feu sur le groupe, selon un responsable de la police.

Quatre personnes ont été tuées par balle: deux juges, un procureur et le chauffeur, a indiqué à l’AFP le porte-parole du ministère de la Santé, Hossam Abdel Ghaffar, précisant qu’un procureur avait également été blessé.

Les groupes jihadistes qui revendiquent habituellement les attentats quasi-quotidiens contre les forces de l’ordre dans le Sinaï disent agir en représailles à la sanglante répression qui s’est abattue sur les partisans de M. Morsi depuis sa destitution et a fait plus de 1.400 morts.

L’attaque a eu lieu quelques heures après l’annonce du verdict contre M. Morsi, condamné à mort en première instance avec une centaine d’autres accusés pour des évasions de prison et des violences durant la révolte populaire de 2011 contre Hosni Moubarak. Certains des co-accusés de Mohamed Morsi appartiennent à des mouvements jihadistes basés dans le Sinaï.

Le ministère de l’Intérieur a décrété l’état d’alerte renforcé à travers le pays, annulant jusqu’à nouvel ordre les congés des policiers, selon un responsable de la police.

Le Nord-Sinaï, dans l’est du pays, est le bastion du groupe jihadiste Ansar Beït al-Maqdess qui s’est rebaptisé Province du Sinaï pour marquer son allégeance au califat auto-proclamé par le groupe Etat islamique (EI) sur une partie de l’Irak et de la Syrie.