Julian Fantino blâmé par les fonctionnaires d’ACC pour la «mauvaise presse»

0
103
Le ministre des Anciens combattants, Julian Fantino. (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)
Temps de lecture estimé : 3 minutes
Le ministre des Anciens combattants, Julian Fantino. (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)
L’ex ministre des Anciens combattants, Julian Fantino. (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Des documents internes du ministères des Anciens combattants montrent que les fonctionnaires fédéraux en veulent à l’ancien ministre des Anciens combattants Julian Fantino pour toute la mauvaise presse qui a nui à la réputation du ministère.

Les documents, obtenus par Postmedia en vertu de la loi sur l’accès à l’information, font partie d’un dossier d’information secret remis au ministre actuel des Anciens Combattants Erin O’Toole lors de sa nomination pour remplacer Fantino en janvier dernier. Ces documents mettent en avant le fait que les fonctionnaires croient énormément que bon nombre des problèmes et la mauvaise publicité qu’il y a eu depuis plusieurs années est à mettre sur le compte de l’ex ministre des Anciens combattants, qui est désormais ministre associé de la Défense nationale, avec la responsabilité de la souveraineté de l’Arctique, la cyber-sécurité et le renseignement étranger.

Julian Fantino a été nommé ministre des Anciens combattants en juillet 2013, en remplacement de Steven Blaney. Beaucoup croyaient à l’époque que sa nomination était une bonne chose vu ses états de services dans la police et en tant que secrétaire d’État aux aînés. De plus, le ministre disait avoir une affection toute particulière pour les anciens combattants puisque sa ville natale en Italie a été libérée par des soldats alliés alors qu’il n’était qu’un bébé.

Les problèmes de réputation d’Anciens Combattants n’ont cependant pas commencé à l’arrivée de Julian Fantino. Il faudrait remonter jusqu’en 2006, lorsque des changements importants ont été apportées aux prestations et soutien des anciens combattants dans la nouvelle Charte des anciens combattants.

De nombreuses plaintes ont suivi dans les années après, jusqu’à une poursuite en 2011. Les fonctionnaires écrivent que le ministère «a connu une attention quasi sans précédent de la part des médias aux cours des quatre dernières années, et qu’elle pourrait être considérée comme étant de la «mauvaise presse».

Puis, Julian Fantino est entré en scène et «ce côté négatif de la couverture médiatique s’est intensifiée en 2014», après que des caméras de télévision ont enregistré des rencontres de haut-niveau avec le ministre Fantino en janvier de la même année et avec la rencontre avec l’épouse d’un ancien combattant en mai.

L’incident de janvier 2014 impliquait un retard du ministre lors d’une réunion avec un groupe d’anciens combattants qui ont été contrarié que le gouvernement conservateur ferment neuf bureaux régionaux d’Anciens Combattants Canada. La réunion a dégénéré en un échange agressif avant que Fantino ne s’offusque d’un doigt d’honneur fait par un vétérans et claque la porte.

Quatre mois plus tard, Julian Fantino a refusé de s’arrêter et a été pourchassé dans un couloir du Parlement par Jenny Migneault, l’épouse d’un ancien combattant souffrant de trouble de stress post-traumatique, qui a été bouleversée par le manque de soutien aux conjoints des anciens combattants.

Toutefois, en plus du «bad buzz» généré par le ministre Fantino, certaines décisions, à même du ministère, ont été durement critiqué, notamment sur le fait de dépenser des millions dans des publicités sur Facebook, Twitter, et durant des matchs de la Ligue nationale de hockey.

Plusieurs fonctionnaires du ministère que nous avons interrogés se disent déçus du ministre, certains se contentant de hausser les épaules et dire: «Je préfère ne même pas en parler».

Julian Fantino a été poussé vers la sortie en janvier 2015 et remplacé par Erin O’Toole. Avec l’arrivée de l’ancien chef d’état-major de la Défense Walter Natynckyk, ces récents changements ont quelque peu redoré le blason du ministère, mais des années de mauvaise communication et mauvaise gestion des dossiers ne s’oublieront pas facilement, alors que les élections fédérales approchent à grands pas!