Colombie: deux explosions terroristes à Bogota, au moins dix blessés

Colombie: deux explosions à Bogota, au moins dix blessés. (Diana Sanchez/AFP)
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Colombie: deux explosions à Bogota, au moins dix blessés. (Diana Sanchez/AFP)
Colombie: deux explosions à Bogota, au moins dix blessés. (Diana Sanchez/AFP)

Deux explosions, qualifiées de faits terroristes par le ministre colombien de la Défense et attribuées pour l’instant à la guérilla, ont eu lieu jeudi à Bogota, l’une d’elles faisant au moins 10 blessés selon les autorités.

Les deux explosions visaient des bâtiments de la société de fonds de prévoyance Porvenir, qui fait partie du conglomérat du magnat colombien Luis Carlos Sarmiento, l’homme le plus riche de Colombie et 83e fortune du monde selon le classement Forbes de 2014.

La première explosion, qui s’est produite vers 15h45 heure locale (20h45 GMT) à l’angle de la rue 72 et de la route 10, en plein centre financier de la capitale, a été rapportée par les pompiers sur leur compte Twitter. Ils ont fait état peu après d’une seconde explosion dans une zone industrielle de Bogota.

Dix personnes ont été blessées, selon le dernier bilan officiel. Mais aucune personne n’a été blessée grièvement, ont indiqué les autorités municipales et de la police métropolitaine, évoquant des égratignures et des traumatismes auditifs.

Toutefois, c’est la première fois depuis 2012 que des attentats touchent la capitale colombienne. Le dernier grand attentat à la bombe à Bogota avait eu lieu en mai 2012, lorsqu’une attaque contre l’ancien ministre de l’Intérieur Fernando Londoño Hoyos avait provoqué la mort de son chauffeur et d’un de ses gardes du corps.

Les premiers éléments de l’enquête montrent que les engins explosifs étaient de faible puissance et ont été déclenchés après des avertissements, a déclaré le ministre de la Défense, Luis Carlos Villegas, lors d’une conférence de presse.

« Ce sont des faits terroristes, sans aucun doute, mais ce sont des faits qui ne doivent pas générer dans la population le sentiment que la force publique est absente, a affirmé le ministre de la Défense nationale, Luis Carlos Villegas en conférence de presse.

Le ministre a déclaré que l’enquête pour déterminer qui était responsable pour les deux explosions de faible intensité enregistré jeudi après-midi dans la capitale de la Colombie avance rapidement de sorte qu’on devrait avoir des résultats dans les jours à venir.

Les autorités colombiennes ont d’ailleurs offert pour une récompense de 100 millions de pesos colombiens (env. 50.000 $ canadiens) pour toute information qui menant à l’arrestation des responsables.

Pour sa part, le ministre de l’Intérieur, Juan Fernando Cristo, a invité les citoyens et les Colombiens à s’unir « au-dessus des allégeances partisanes contre ceux qui cherchent à créer l’incertitude et le chaos à rejeter le terrorisme ».

Le président Juan Manuel Santos, en déplacement au Pérou, devait rentrer dans la nuit à Bogota afin d’évaluer les mesures de sécurité, a également ajouté le ministre de l’Intérieur sur son compte Twitter.

Ainsi, le président Santos dirigera tôt vendredi matin à Bogota un Conseil extraordinaire de sécurité suites aux les attaques dans la capitale colombienne.

Le maire de Bogota craint d’autres attentats dans la capitale

Pour sa part, le maire de Bogota, Gustavo Petro, a demandé à la police et les forces armées de renforcer les mesures de sécurité dans la capitale de crainte d’attaques de grande envergure de la part des FARC.

Le maire a lié les explosions à Bogota à la récente série d’attaques des FARC après que le groupe marxiste armé a suspendu le 22 mai le cessez le feu unilatéral qu’il avait décrété en décembre pour favoriser les pourparlers de paix en cours avec le gouvernement colombien à La Havane.

Ces explosions interviennent en effet alors que le pays connaît une recrudescence du conflit armé opposant depuis plus de 50 ans l’État à des guérillas et des groupes criminels.

Entre février et mars 2015, au moins six engins de faible puissance ont explosé dans différents endroits de la capitale et fait une vingtaine de blessés.

Les incidents du 2 juillet ont été attribués par le ministère public à la rébellion. Le parquet a déclaré que les premiers indices pointent vers la «guérilla» de l’après-midi, sans préciser s’il ce sont les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) ou de l’Armée de libération nationale(ELN, la deuxième guérilla du pays après les FARC), qui seraient derrière ces attentats.

Les FARC mènent depuis plus de deux ans des pourparlers de paix délocalisés à Cuba, tandis que l’ELN n’a jusqu’ici que des contacts exploratoires avec le gouvernement colombien.

*Avec AFP


La conférence de presse du ministre colombien de la Défense, Luis Carlos Villegas, après les deux explosions terroristes dans la capitale colombienne. (Ministère colombien de la Défense)