Le site de l’OSDH attaqué et effacé par des pirates de l’EI

Des pirates informatiques se réclamant du groupe extrémiste État islamique (ÉI) auraient attaqué mercredi le site internet de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), selon son directeur, Rami Abdel-Rahmane.
Temps de lecture estimé : 3 minutes
Des pirates informatiques se réclamant du groupe extrémiste État islamique (ÉI) auraient attaqué mercredi le site internet de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), selon son directeur, Rami Abdel-Rahmane.
Des pirates informatiques se réclamant du groupe extrémiste État islamique (ÉI) auraient attaqué mercredi le site internet de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), selon son directeur, Rami Abdel-Rahmane.

Des pirates informatiques se réclamant du groupe extrémiste État islamique (ÉI) auraient attaqué mercredi le site internet de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), selon son directeur, Rami Abdel-Rahmane.

L’OSDH est une organisation indépendante établie au Royaume-Uni qui diffuse des informations sur le conflit en Syrie depuis ses débuts, en mars 2011, s’appuyant sur un vaste réseau d’informateurs (militants, travailleurs humanitaires, médecins, etc) sur le terrain, en tout 230 collaborateurs établis un peu partout en Syrie, selon son directeur.

L’Organisation rapporte aussi les attaques et les violations des droits de l’homme commises par le groupe armé ultra-radical État islamique.

Mercredi, l’OSDH a rapporté dans un post sur sa page Facebook que son site officiel avait été victime d’une opération de piratage systématique et les données qu’il contenait effacées par un groupe relié à l’EI et se fait appeler la « Cyber ​​Armée du Califat ».

Sur son post, Rami Abdel-Rahmane a aussi expliqué qu’était visible sur la page d’accueil du site de l’OSDH, devenu depuis inaccessible, un photomontage de son visage monté sur le corps d’un homme agenouillé en uniforme orange, avec à ses côtés le célèbre John The Djihadist, qu’on a pu voir dans nombre de vidéos d’exécutions de l’EI, cagoulé tenant un couteau à la main.

L’image rappelle clairement les mises en scène des décapitations publiées par l’État islamique par le passé.

The Syrian Observatory promises to continue in exposing human rights violations committed in Syria although the death…

Posted by Syrian Observatory for Human Rights on mercredi 8 juillet 2015

Les hackers ont aussi écrit sur le site, avant qu’il ne devienne inaccessible: « Dans une attaque surprise spectaculaire et unique, la Cyber Armée du Califat a fait irruption dans les systèmes informatiques de l’OSDH, ou ce qui est connu comme l’Observatoire syrien pour les droits de l’homme, a pris le contrôle de ses sites Web, détruit et anéantit données », poursuivant en affirmant qu » « En raison des dommages causés et de la perte de données, l’organisation a ​​décidé de fermer ses portes et conseille la place à ses visiteurs de suivre les dernières nouvelles et les événements sur les médias officiels de l’État islamique », et ajoutant vers le magazine Dabeq,, publié par le groupe djihadiste..

Ce n’est pas la première fois que l’OSDH reçoit des menaces ou se fait pirater. Dans le passé, l’Observatoire a déjà reçu par des menaces du gouvernement de Bachar el-Assad, de l’ÉI et du Front al-Nosra, un groupe affilié à Al-Qaïda.

Elle s’est aussi déjà fait pirater son site: l' »Armée électronique syrienne » du régime Assad l’avait elle aussi piraté le 12 Février, après la publication de chiffres sur les raids aériens de l’aviation du régime dans la Ghouta orientale qui avait fait 1.600 morts et blessé.

« L’attaque n’infléchira pas la volonté de l’OSDH de rapporter les abus commis en Syrie », a toutefois assuré Rami Abdel-Rahmane, qui a rappelé « qu’il ya plus de 230 membres de l’OSDH répartis dans tout le pays » et qu’en conséquence, ses ennemis ne seront « pas en mesure de [les] bâillonner tant que [leur] cœur bat.

«Nous allons continuer notre travail de surveillance et de signalement des violations commises en Syrie, peu importe quel camp les commet», a clairement fait savoir le directeur de l’OSDH à ses ennemis, ajoutant que, s’ils parvenaient tuer le tuer, lui, Rami Abdel-Rahmane, « il y a plus de 230 autres Rami Abdel-Rahmane qui vont prendre la relève et poursuivre son oeuvre ».