Irak: la chute de Mossoul aurait pu être évitée, l’imminence d’un assaut avait été signalée

0
61
Un camion de l'État islamique, paradant dans les rues de Mossoul, le 12 juin 2014.
Temps de lecture estimé : 2 minutes
Un camion de l'État islamique, paradant dans les rues de Mossoul, le 12 juin 2014.
Un camion de l’État islamique, paradant dans les rues de Mossoul, le 12 juin 2014.

La chute en juin 2014 de la deuxième ville d’Irak, Mossoul, aux mains du groupe État islamique (EI) face à une armée en déroute aurait pu être évitée, l’imminence d’un assaut djihadiste ayant été signalée, conclut un rapport parlementaire obtenu par l’AFP.

Le groupe extrémiste sunnite a pris le contrôle du chef-lieu de la province de Ninive (nord) le 10 juin 2014, mais officiers supérieurs et responsables ont fait preuve d’incompétence face à de nombreux renseignements détaillés prévenant d’un assaut imminent.

Le rapport mentionne l’ancien Premier ministre et actuel vice-président Nouri al-Maliki parmi les responsables de la chute de cette deuxième ville d’Irak.

« Ceux qui étaient informés de l’état de la sécurité dans la province savaient (…) que cela devait certainement arriver », souligne le rapport, préparé par une commission parlementaire et transmis à la justice pour des poursuites éventuelles.

« Toutes les informations l’indiquaient clairement », affirme le rapport. « La seule surprise a été la rapidité avec laquelle les unités militaires se sont désintégrées ».

« La piètre performance des commandants ayant dirigé la bataille (…) a détruit le dernier espoir de résistance dans la ville. Ces commandants ont commis de graves erreurs qui ont accéléré l’effondrement de la sécurité ».

M. Maliki, alors commandant en chef de l’armée, n’avait pu avoir une appréciation exacte du danger à Ninive car il se basait sur « des informations erronées » qu’il ne confirmait pas, et laissait aux commandants le choix de décider de la suite après la désintégration des unités de l’armée, explique le rapport.

Mais les dirigeants militaires que M. Maliki avaient choisis au sein de l’armée n’étaient pas assez compétents pour de telles décisions. Il a choisi des « responsables et commandants incompétents sous lesquels tout type de corruption était pratiqué », juge le rapport parlementaire.

Cela inclut notamment une pratique suivie parmi les soldats et les policiers, qui partageaient leurs salaires avec des supérieurs pour pouvoir s’absenter, laissant des unités à court de personnel.

D’autre part, des unités « manquaient de formation de base et d’armement de qualité. On donnait plus d’importance au nombre d’effectifs plutôt qu’à la compétence, l’entraînement et la qualité », souligne le rapport.

M. Maliki a rejeté le rapport le jugeant « sans valeur ».

Après la prise de Mossoul, l’EI s’est emparé de la province de Ninive et avancé vers le sud prenant le contrôle d’un tiers de l’Irak.

Soutenues par des frappes aériennes d’une coalition anti-jihadiste dirigée par les Etats-Unis, les forces gouvernementales ont repris du terrain dans deux provinces au nord de Bagdad mais la majeure partie des régions de l’ouest du pays sont sous contrôle jihadiste.