Abandon du programme des F-35: «Sur quelle planète vit le parti libéral», réplique Harper

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100e F-35 pour Lockheed Martin (Lockheed Martin)
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Le ministre Mackay annonçant l’acquisition de 65 avions F-35, en juillet 2010 (Photo: Caporal Darcy Lefebvre, © 2010 DND-MDN Canada)
Le ministre de la Défense de l’époque, Peter Mackay, alors qu’il annonçait l’acquisition de 65 avions F-35, en juillet 2010. (Photo: Caporal Darcy Lefebvre, © 2010 DND-MDN Canada)

La polémique autour du futur avion de combat dont le Canada doit se doter s’est accentuée lundi, le Premier ministre conservateur sortant Stephen Harper tirant à boulets rouges sur le chef du parti libéral pour son refus de vouloir acheter le F-35 de l’Américain Lockheed Martin.

« Sur quelle planète vit le parti libéral s’il pense que nous pouvons nous retirer du projet de développement du F-35 sans perdre d’occasions d’affaires? », a lancé lors d’une réunion électorale dans le cadre des législatives du 19 octobre le chef conservateur qui n’a jamais caché sa préférence pour l’avion de combat de Lockheed Martin.

Dimanche, le chef libéral Justin Trudeau avait affirmé qu’en cas de victoire de son parti aux législatives, il n’achèterait pas les F-35. Une telle décision replacerait automatiquement dans la course le Rafale de Dassault, l’Eurofighter Typhoon, le Super Hornet ou encore le Grippen du Suédois Saab.

« Nous n’avons jamais été obligés d’acheter les F-35 », a dit lundi M. Trudeau en soulignant que les coûts de développement de cet appareil n’ont cessé d’augmenter. Ce choix pour remplacer les F-18 en service depuis plus de 30 ans « n’a plus aucun sens ».

Le Canada étant l’un des pays partenaires dans la conception, le développement et la production des chasseurs F-35, le premier ministre sortant n’a pas manqué en réponse au jeune chef libéral de souligner les risques pour l’industrie de l’aéronautique canadienne en cas d,annulation du programme.

Stephen Harper a prévenu lundi que des entreprises canadiennes du secteur de l’aérospatiale perdront des contrats si Ottawa se retire du projet de développement des F-35.

Le chef libéral veut « anéantir » l’industrie aéronautique canadienne, a accusé M. Harper en rappelant que cette dernière, concentrée à Montréal, a reçu « des centaines de millions de dollars de contrats » depuis que le Canada s’est joint au programme de développement du F-35 en 1997.

Un appel d’offres qui n’exclut personne, préconise plutôt le NPD

Le chef du Nouveau parti démocratique (NPD, gauche), Thomas Mulcair, s’est pour sa part prononcé en faveur d’un appel d’offres pour le choix du nouvel avion, mais sans énoncer de préférence.

Néanmoins, Thomas Mulcair, n’a pas caché que la déclaration de Justin Trudeau, qui semble écarter d’emblée le F-35, «est l’une des plus surprenantes que j’ai entendues de lui depuis le début de la campagne».

«Quand il dit des choses comme ça, il démontre son manque d’expérience complet. Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne», a expliqué le chef néo-démocrate, précisant bien que le processus d’acquisition par appel d’offres devra alors être suivi.

Ces dernières années, le débat a été vif sur l’avion appelé à remplacer le F-18 Hornet de McDonnell Douglas, groupe américain racheté depuis par Boeing.

Le gouvernement conservateur avait annoncé en 2010 son intention d’acheter 65 avions furtifs F-35 en prévoyant « une enveloppe bloquée » de 9 milliards de dollars.

Mais le programme F-35 a pris un énorme retard et a connu des incidents à répétition, si bien que les coûts d’acquisition et d’entretien sur quatre décennies des F-35 avaient été réévalués à 44,8 milliards de dollars par le ministère canadien de la Défense en 2012.

Mais aujourd’hui, malgré tous ces coûts et après toutes ces année de controverse, Stephen Harper nous rappelle qu’il est sans nul doute impossible de sortir la main de l’engrenage…sans perdre la main.

*Avec AFP