Début du procès d’un adolescent montréalais accusé de terrorisme

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150616-justiceLe procès du jeune Montréalais de 16 ans, soupçonné d’avoir voulu quitter le Canada pour prendre part à des activités terroristes, a commencé ce mardi en Chambre de la jeunesse de la Cour du Québec, à Montréal.

L’accusé à déjà plaidé coupable au chef d’accusation de vol qualifié et subit donc son procès uniquement celui lié au terrorisme.

Le jeune de 16 ans, dont l’identité est frappée d’un interdit de publication, est soupçonné d’avoir commis un vol qualifié «au profit ou sous la direction» d’une organisation terroriste en plus d’avoir voulu quitter le pays pour participer «aux activités d’un groupe terroriste à l’étranger».

Le 11 octobre dernier, l’adolescent qui avait 15 ans au moment des faits, était entré dans un dépanneur de l’ouest de Montréal, le visage couvert d’un foulard. Il a sorti un long couteau avant de réclamer le contenu du tiroir-caisse. Le propriétaire a déposé un peu plus de 2.000$ dans un sac, que le père trouvera le soir-même dans la cour arrière de leur maison.

Le père a questionné son fils, mais ce dernier a nié avoir commis un crime.

Cette somme, le jeune homme comptait l’utiliser pour se rendre dans un pays soumis à la loi islamique

Il étudiait dans un collège privé de Montréal lorsque les policiers l’ont placé en état d’arrestation le 17 octobre 2014. Des policiers sont justement venus témoigner des circonstances de l’arrestation de l’adolescent, à l’ouverture du procès ce matin.

Calme inhabituel

Selon les témoignages des policiers devant la juge Dominique Wilhelmy, l’adolescent est resté «très calme» lorsque les policiers l’ont arrêté à l’école au moment de la pause du midi pour un vol qualifié commis dans un dépanneur de l’ouest de l’île.

«Généralement, les jeunes que l’on arrête pour un crime sérieux se mettent à pleurer et craignent la réaction de leurs parents. Pas lui! Il est resté très calme. Je me suis dit: ‘soit il a déjà commis plusieurs autres crimes soit il est un professionnel’», a témoigné le policier de Montréal Pasquale Spagnolo qui l’a arrêté ce jour-là.

«Que ce soit pour des meurtres, des agressions sexuelles ou des vols, dans 99,9 % des cas, lors d’une arrestation, les gens‎ montrent des émotions. Mais pas ici, c’est ce qui m’a marqué», a affirmé l’agent Pasquale Spanolo.

Un autre policier du SPVM a déclaré dans son témoignage que l’accusé était resté «bien calme» lorsqu’il a appris le même jour qu’il était également sous enquête relativement à des activités de terrorisme.

L’adolescent a fait une déclaration vidéo ce jour-là que la poursuite veut produire en preuve. Or, la défense en conteste la légalité. L’accusé a refusé la présence de ses parents ainsi que d’un avocat au moment de l’interrogatoire. La juge a ainsi ouvert un «voir-dire» ce matin afin de déterminer si cet interrogatoire peut être déposé en preuve.

Le père de l’accusé assiste au procès. C’est lui qui a dénoncé son fils à la police.

En vertu de la Loi sur la lutte contre le terrorisme, il risque de 10 à 14 ans de prison.