Huit morts dans des attaques de Book Haram au Niger et au Nigeria

0
83
Un attentat-suicide au Nigeria. (naijagists.com)
Temps de lecture estimé : 2 minutes
Des habitants de la ville de Kano, dans le nord du Nigeria, devant le siège de la police en flammes, peu après un attentat à la bombe commis le 20 janvier 2012 (Photo: Human Rights Watch)
Des habitants de la ville de Kano, dans le nord du Nigeria (Photo: Human Rights Watch)

Huit villageois ont été tués dans des attaques menées samedi par le groupe islamiste nigérian Boko Haram dans le sud-est du Niger et le nord-ouest du Nigeria, ont indiqué lundi les autorités des deux pays.

Quatre villageois ont été tués et deux blessés samedi soir lors d’une attaque contre un village proche de Diffa, la capitale provinciale du sud-est du Niger, a affirmé à la télévision d’Etat Fougou Boukar, un responsable du gouvernorat de la région.

« Les dégâts sont énormes avec une cinquantaine d’habitations brûlées », a-t-il déploré en précisant que les assaillants, « au nombre d’une dizaine », ont mené « l’attaque aux environs de 21H30 » (20H30 GMT) et « pris la fuite vers le Nigeria » en traversant la rivière Komadougou Yobé qui marque la frontière.

Côté Nigeria, c’est le village de Bam-Buratai qui a été attaqué samedi vers 23H00 (22H00 GMT), a indiqué le porte-parole de l’armée nigériane, le colonel Sani Usman.

Les assaillants, « arrivés à pied et à vélo », on tiré sans discrimination et jeté des explosifs dans les maisons, a indiqué un témoin.

« Ils ont tué trois personnes et en ont brûlé une autre dans sa maison », a ajouté ce témoin sous couvert d’anonymat. « Ils ont enlevé deux femmes et trois enfants et pris la fuite à bord de deux véhicules qu’ils ont volés dans le village », a ajouté ce témoin.

Le village reculé de Bam-Buratai est situé dans la région d’origine du chef d’état-major de l’armée nigériane, le général Tukur Buratai, qui a échappé à un attentat de Boko Haram en septembre 2014.

Au Niger, la télévision publique a montré des centaines de villageois en détresse près de cases réduites en cendres, priant pour la mémoire des victimes tuées. Vêtue de haillons, une veille femme ramassait des restes de vêtements ou d’ustensiles de cuisine épargnés par les flammes.

D’autres habitants ont présenté à la caméra de nombreuses douilles ramassées par terre. « Les Forces de défense et de sécurité ont été déployées dans la zone », a assuré Fougou Boukar, qui a promis « une assistance » aux personnes sinistrées.

La semaine dernière, 18 personnes ont été tuées et 11 autres blessées dans un raid de Boko Haram à Wogom, un village situé près de la ville de Bosso, dans le sud-est du Niger. Trois des victimes, dont l’imam du village, ont été égorgées, selon les autorités.

Depuis février, Boko Haram multiplie les attaques autour de Diffa, ville frontalière du nord-est du Nigeria, fief des insurgés islamistes, alors que l’armée peine à contenir ses incursions.

« Le problème le plus important auquel nous avons affaire, c’est le contrôle de la zone frontière côté Nigeria », avait justifié fin octobre Hassoumi Massaoudou, le ministre nigérien de l’Intérieur, devant les députés.

L’insurrection des islamistes de Boko Haram a fait plus de 17.000 morts depuis 2009. Quelque 2,5 millions de personnes ont été déplacées au Nigeria et dans les pays voisins, Niger, Tchad et Cameroun, où Boko Haram a étendu ses opérations.