Des forces spéciales françaises en Libye, selon Le Monde: le gouvernement ouvre une enquête

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Des décisions dans l'ombre de la Tour Eiffel: le général des Marines Joseph F. Dunford Jr., à gauche, chef d'état-major des États-Unis, et son homologue français, le général Pierre de Villiers, regardent la Tour Eiffel, lors de leur rencontre à l'Ecole Militaire à Paris, eux jours après la réunion dans la capitale française des grands contributeurs de la Coalition de lutte à l'EI le 22 janvier 2016. (D. Myles Cullen/DoD)
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Des décisions dans l'ombre de la Tour Eiffel: le général des Marines Joseph F. Dunford Jr., à gauche, chef d'état-major des États-Unis, et son homologue français, le général Pierre de Villiers, regardent la Tour Eiffel, lors de leur rencontre à l'Ecole Militaire à Paris, eux jours après la réunion dans la capitale française des grands contributeurs de la Coalition de lutte à l'EI le 22 janvier 2016. (D. Myles Cullen/DoD)
Des décisions dans l’ombre de la Tour Eiffel: le général des Marines Joseph F. Dunford Jr., à gauche, chef d’état-major des États-Unis, et son homologue français, le général Pierre de Villiers, regardent la Tour Eiffel, lors de leur rencontre à l’Ecole Militaire à Paris, eux jours après la réunion dans la capitale française des grands contributeurs de la Coalition de lutte à l’EI le 22 janvier 2016. (D. Myles Cullen/DoD)

Le quotidien Le Monde a fait état mercredi de la présence de forces spéciales et d’agents secrets français en Libye, entraînant l’ouverture d’une « enquête pour compromission » du secret-défense par le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, a-t-on appris auprès de son entourage.

Selon le quotidien du soir, des forces spéciales sont présentes dans ce pays, où le service action de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) mène aussi « des opérations clandestines » contre des cadres du groupe Etat islamique (EI).

Ainsi, une frappe menée en novembre contre l’Irakien Abou Nabil, considéré comme le plus haut responsable de l’EI en Libye, a « été initiée par Paris », assure Le Monde.

« La France est également présente dans le ciel libyen avec des outils conventionnels sur lesquels le ministère de la Défense ne communique pas », écrit encore le journal.

« L’enquête devra établir si des éléments relevant du secret défense ont été révélés dans cet article » publié dans Le Monde daté de jeudi, a déclaré à l’AFP un proche de Jean-Yves Le Drian, confirmant une information de l’hebdomadaire Le Point.

[toggle title= »Article 413-10 du Code pénal français Modifié par LOI n°2009-928 du 29 juillet 2009 – art. 12″ load= »show »]Est puni de sept ans d’emprisonnement et de 100 000 euros d’amende le fait, par toute personne dépositaire, soit par état ou profession, soit en raison d’une fonction ou d’une mission temporaire ou permanente, d’un procédé, objet, document, information, réseau informatique, donnée informatisée ou fichier qui a un caractère de secret de la défense nationale, soit de le détruire, détourner, soustraire ou de le reproduire, soit d’en donner l’accès à une personne non qualifiée ou de le porter à la connaissance du public ou d’une personne non qualifiée. (Source: Légifrance)[/toggle]

Est puni des mêmes peines le fait, par la personne dépositaire, d’avoir laissé accéder à, détruire, détourner, soustraire, reproduire ou divulguer le procédé, objet, document, information, réseau informatique, donnée informatisée ou fichier visé à l’alinéa précédent.

Lorsque la personne dépositaire a agi par imprudence ou négligence, l’infraction est punie de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.

Sans se prononcer sur le contenu de l’article du Monde, l’entourage de M. le Drian a estimé que « quand des opérations secrètes ont lieu, le but n’est pas qu’elles soient révélées pour la sécurité des hommes et des opérations. »

Comme d’autres pays occidentaux, la France pourrait être amenée à intervenir en Libye, où l’EI profite du chaos politique pour monter en puissance. Mais, comme ses partenaires, Paris ne compte pas le faire sans demande expresse du gouvernement d’union nationale libyen, qui peine à se mettre en place.

Ce dossier a été abordé lors d’une rencontre entre le chef d’état-major des armées françaises, le général Pierre de Villiers, et son homologue américain, le général Joseph Dunford, le 22 janvier à Paris.

L’enquête lancée par le ministère sera menée par la Direction de la protection et de la sécurité de la Défense (DPSD). En France, la violation du secret défense est passible de trois ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amendes, a-t-on rappelé dans l’entourage du ministre de la Défense