Le Canada souligne l’urgence de la mise en oeuvre de la résolution sur l’évacuation des Syriens

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Des civils syriens ayant fui les quartiers est d'Alep arrivent à des postes de contrôle gérés par les forces pro-gouvernementales, le 10 décembre 2016. (AFP/George OURFALIAN)
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Des civils syriens ayant fui les quartiers est d’Alep arrivent à des postes de contrôle gérés par les forces pro-gouvernementales, le 10 décembre 2016. (AFP/George OURFALIAN)

Le ministre canadien des Affaires étrangères, Stéphane Dion, a salué l’adoption de la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies sur l’évacuation des Syriens, l’accès à l’aide humanitaire et la surveillance à Alep, en Syrie, soulignant l’urgence de sa mise en oeuvre.

Le Conseil de sécurité a en effet décidé lundi à l’unanimité, y compris la Russie qui soutient le régime du président syrien Bachar al-Assad, de déployer des observateurs onusiens à Alep pour y superviser les évacuations et évaluer la situation des civils.

Cette décision survient dans la foulée de l’appel à l’action lancé par le Canada au moyen d’une résolution de l’Assemblée générale appuyée par 122 pays, et qui réclamait une action décisive du Conseil de sécurité de l’ONU. »

« Il est impératif que cette décision très attendue du Conseil de sécurité des Nations Unies à l’égard de la tragédie syrienne soit mise en œuvre afin que les familles éprouvées reçoivent l’aide médicale et humanitaire dont elles ont désespérément besoin », a déclaré le chef de la diplomatie canadienne. « Les habitants d’Alep et dans l’ensemble de la Syrie ont attendu beaucoup trop longtemps cette décision sur les évacuations cruciales, l’accès à l’aide humanitaire et la surveillance. Ils doivent maintenant être évacués de façon sécuritaire et l’aide humanitaire doit être acheminée sous la surveillance de l’ONU. »

L’adoption de cette résolution, proposée par la France et à laquelle la Russie avait menacé d’opposer son veto, marque le premier signe d’unité depuis des mois entre les grandes puissances mondiales aux prises avec un conflit qui a déjà fait plus de 400 000 morts depuis mars 2011.

« Nous continuons de demander une résolution politique urgente à ce conflit, les souffrances des civils piégés à Alep doivent cesser. Le Canada continue d’exhorter toutes les parties impliquées dans ce conflit à respecter le cessez-le-feu, à faciliter les évacuations, l’accès à l’aide humanitaire et à la surveillance, ainsi qu’à ouvrir la voie à une reprise des pourparlers de paix », a poursuivi le ministre canadien des Affaires étrangères.

Avec cette « résolution humanitaire », l’objectif de la France est « d’éviter un nouveau Srebrenica », ville de Bosnie où fut commis en 1995 le pire massacre en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, avait expliqué pour sa part l’ambassadeur français auprès des Nations unies, François Delattre.

On ignore encore toutefois si le régime syrien autorisera l’accès des observateurs de l’ONU dans la ville ravagée. »C’est un point de départ », a déclaré M. Delattre à la presse. « Nous serons extrêmement vigilants », a-t-il ajouté. Ban Ki-moon devra indiquer au Conseil sous cinq jours si l’accès a été autorisé par les autorités syriennes, qui ont bloqué à plusieurs reprises par le passé l’aide de l’ONU.

Le Canada, qui a accueilli des milliers de réfugiés syriens, a été aussi très actif dans ce dossier et ses actions concertées à l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, conjointement avec le leadership des principaux partenaires, ont contribué à la décision prise aujourd’hui à l’ONU, rappelle Ottawa, qui souligne aussi que le Canada apporte un soutien financier aux partenaires humanitaires qui fournissent de l’aide aux populations dans le besoin à l’échelle de la Syrie.