Les menaces de Trump envers l’OTAN pourraient avoir de lourdes implications pour le Canada

0
135
Le chef d'état-major de la Défense du Canada, Jonathan Vance (à droite), assiste à la réunion du comité militaire de l'OTAN, à Bruxelles, le 21 janvier 2016. (OTAN)
Temps de lecture estimé : 3 minutes
Le chef d’état-major de la Défense du Canada, Jonathan Vance (à droite), assiste à la réunion du comité militaire de l’OTAN, à Bruxelles, le 21 janvier 2016. (Archives/OTAN)

Le rôle du Canada au sein de l’OTAN devra s’accentuer si les États-Unis se retiraient de l’alliance, comme le laissent supposer certains commentaires commentaires du président élu Donald Trump, a annoncé le Comité permanent des affaires étrangères et du développement international du Parlement canadien.

Un membre libéral du Parlement, Bob Nault, cautionne que le Canada et ses partenaires doivent comprendre quelle forme finale la politique étrangère des États-Unis prendra après l’investiture de Donald Trump vendredi, rapporte le National Post.

Le gouvernement Canadien maintient sa position actuelle sur son implication dans l’OTAN et son soutien à l’Ukraine face à l’annexion illégale de la Crimée.

Le porte-parole de Chrystia Freeland, la Ministre des Affaires Étrangères, a dit que « le Canada reste un membre dévoué de l’OTAN; nous avons fait partie de chacune de ses missions depuis sa création. »

Le Canada est l’un des quatre pays qui joue un rôle majeur dans le renforcement militaire de l’OTAN en Europe de l’est, avec la contribution d’un personnel de 450 individus en Lituanie.

Nault maintient que le Canada restera fidèle à l’alliance, qui serait alors lourdement affaibli si son plus grand contributeur militaire et financier diminuait son implication.

« Cela signifie que ce seront des pays tels que le notre qui devront mettre d’avantage d’efforts, » a dit Nault lors d’un interview ce lundi.

Nault et le reste du Comité se rendront en Lituanie et en Pologne, deux des membres de l’OTAN de l’Europe de l’est et des voisins plutôt nerveux de la Russie.

Nault a annoncé que son Comité va rencontrer les officiels européens pour discuter du rôle continuel de l’OTAN, la situation dans la région, et si les sanctions envers la Russie sont efficaces ou non.

Le Comité voyagera aussi en Ukraine et au Kazakhstan lors de cette mission d’enquête de douze jours.

La visite semble être à l’ordre du jour, avec les compliments fréquents de Trump pour son homologue russe et ses critiques de l’OTAN.

Trump a aussi dit qu’il pourrait mettre fin aux sanctions imposés sur la Russie depuis l’annexion de la Crimée en 2014, en échange pour un accord de réduction d’armes de destruction massive.

Le nouveau Secrétaire de la Défense, James Mattis, a tout de même évoqué le danger que pose la Russie et a promis de faire opposition à Trump si cela était nécessaire.

Selon les changements que la présidence de Trump apportera, le Canada devra décider où et comment se déploieront ses ressources militaires, et si une augmentation des dépenses en termes de défense sera nécessaire.

Cela amène des implications financières lourdes pour le Canada, qui est 23ème en termes de contributions à l’OTAN avec 0.99 pour cent de son PIB pour la défense, un chiffre bien en dessous de l’objectif de l’alliance de deux pour cent.

Les États-Unis font partie des cinq pays à contribuer le taux demandé, et Barack Obama avait déjà recommandé au Canada de contribuer davantage.

Les accords militaires signés aujourd’hui entre les États-Unis, la Lituanie et l’Estonie officialisent la présence de troupes américaines et faciliteront l’organisation d’exercices militaires.

Le nouveau président est précédé de nombreuses incertitudes mais cela ne signifie pas forcément la fin de la présence américaine en Europe, mais plutôt un rappel à leurs responsabilités pour les autres membres de l’OTAN.