Crise du Golfe: le premier ministre canadien Trudeau fait part de ses préoccupations à l’émir du Qatar

0
224
Devant une agence de Qatar Airways, le 6 juin 2017 à Abou Dhabi. (AFP/Ali KHALIL)
Temps de lecture estimé : 3 minutes
Devant une agence de Qatar Airways, le 6 juin 2017 à Abou Dhabi. (AFP/Ali KHALIL)

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a fait part mercredi à l’émir du Qatar de sa préoccupation relative au « financement du terrorisme et de l’extrémisme » en appelant les pays du Golfe à « maintenir un dialogue ouvert ».

Lors d’un entretien téléphonique avec cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, « le premier ministre a soulevé les préoccupations du Canada relativement au financement du terrorisme et de l’extrémisme, peu importe où ils se produisent », selon le compte-rendu transmis par les services de Justin Trudeau.

[toggle title= »L’ARABIE SAOUDITE ET SES ALLIÉS ONT PRÉPARÉ UNE LISTE DE DEMANDES POUR LE QATAR » load= »hide »]

Le secrétaire d’État américain Rex Tillerson a indiqué mercredi que l’Arabie saoudite et ses alliés, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Égypte, avaient préparé une liste de demandes pour le Qatar afin de trouver une issue à la crise diplomatique dans le Golfe.

« Nous espérons que la liste de demandes sera bientôt présentée au Qatar et sera raisonnable et réalisable », a déclaré Rex Tillerson, cité dans un communiqué. « Nous soutenons les efforts de médiation koweïtiens et avons hâte que ce sujet avance vers une résolution », a-t-il poursuivi, se disant toutefois prêt à assumer un rôle de médiateur si cette tentative régionale venait à échouer.

« Nous comprenons qu’une liste de demandes a été préparée et coordonnée par les Saoudiens, Émiratis, Égyptiens et Bahreïnis », a précisé le chef de la diplomatie américaine.

Signe d’une impatience croissante de Washington vis-à-vis de son allié saoudien, les États-Unis s’étaient dits « perplexes » mardi face aux explications apportées par Ryad et ses alliés du Golfe pour justifier l’isolement imposé à Doha.

L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Égypte ont rompu début juin leurs relations diplomatiques avec le Qatar, qu’ils accusent de « soutenir le terrorisme » et de se rapprocher de l’Iran, rival régional du royaume saoudien.

« Maintenant que cela fait plus de deux semaines que le blocus a commencé, nous sommes perplexes face au fait que les États du Golfe n’aient pas donné aux Qataris, ni au public de précisions sur leurs accusations visant le Qatar », avait déclaré Heather Nauert, porte-parole du département d’État.

Chargé par le président américain Donald Trump de trouver une issue à cette crise, M. Tillerson a passé une vingtaine d’appels vers Ryad et Doha ces derniers jours, selon cette dernière.

Le Qatar abrite la base militaire américaine stratégique d’Al-Udeid, qui héberge près de 10.000 soldats américains et joue un rôle primordial dans les opérations contre le groupe Etat islamique en Irak et en Syrie.[/toggle]

L’Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis ainsi que l’Égypte imposent depuis début juin au Qatar un isolement en accusant ce riche émirat gazier d’aider des groupes extrémistes.

Justin Trudeau « a insisté sur l’importance de maintenir le dialogue ouvert entre les parties en conflit », ont indiqué ses services.

Le chef du gouvernement canadien et l’émir qatari « ont discuté des relations bilatérales entre les deux pays et du conflit diplomatique actuel dans la région du Golfe ».

« Les deux dirigeants ont également discuté de la nécessité d’atténuer les tensions actuelles, de limiter les conséquences pour les familles touchées dans la région et de continuer à lutter contre les causes profondes du terrorisme », selon ce compte-rendu de leur entretien.