L’US Navy croise près d’une île artificielle contestée en mer de Chine

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Vue aérienne en date du 11 mai 2015 de l'archipel des Spratleys en mer de Chine méridionale. (POOL/AFP/Archives/Ritchie B. Tongo)
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Une île de l’archipel des Spratleys, défigurée par un aérodrome. (JolPress)

Remis à jour 10/08/2017 à 23h42

Un navire de guerre américain s’est approché jeudi d’une île artificielle construite par Pékin en mer de Chine méridionale, dans le cadre d’une patrouille pour affirmer la « liberté de navigation », a indiqué un responsable américain sous couvert d’anonymat.

Le destroyer USS John S. McCain s’est approché à six milles marins du récif Mischief – récif Meiji en chinois -, qui fait partie de l’archipel disputé des Spratleys.

Le responsable américain a précisé à l’AFP qu’une frégate chinoise avait envoyé au navire américain des mises en garde par radio au moins à dix reprises.

« Ils ont appelé pour dire +s’il-vous-plait, faites demi-tour, vous êtes dans nos eaux », a-t-il raconté. « Nous leur avons répondu que nous étions un (navire) des États-Unis et que nous menions des opérations de routine dans les eaux internationales ».

Selon lui, les interactions ont toutes été « sûres et professionnelles » au cours des six heures qu’a duré cette mission.

La Chine revendique la quasi-totalité de la Mer de Chine méridionale, territoire également convoité par plusieurs pays asiatiques comme Taïwan, les Philippines, Brunei, la Malaisie et le Vietnam.

Cette opération de liberté de navigation – FONOP en jargon militaire – devrait très probablement provoqué l’ire de Pékin. C’est la troisième menée par les Etats-Unis depuis l’entrée en fonctions du président républicain Donald Trump le 20 janvier.

Elle est intervenue dans un contexte de tensions croissantes sur la péninsule coréenne au sujet du programme de missiles de la Corée du Nord et tandis que Washington exhorte Pékin à restreindre son petit allié indiscipliné.

M. Trump a promis cette semaine « le feu et la colère » à la Corée du Nord si elle continuait de menacer les Etats-Unis. A la suite de quoi, le régime de Kim Jong-Un a annoncé son intention de tirer une salve de quatre missiles au-dessus du Japon vers le territoire américain de Guam.

Le lieutenant-colonel Chris Logan, un porte-parole du Pentagone, s’est refusé jeudi à tout commentaire concernant la patrouille de l’USS John S. McCain.

Mais « nous continuons à mener régulièrement des FONOP, comme nous l’avons fait de manière routinière par le passé et comme nous continuerons à le faire à l’avenir », a-t-il indiqué.

« Toutes les opérations sont menées dans le respect du droit international et démontrent que les Etats-Unis voleront, navigueront et opèreront partout où le droit international le permet », a-t-il affirmé.

Pékin proteste

La Chine a protesté à la suite de l’incident en mer de Chine méridionale.Pour Pékin, qui revendique la quasi-totalité de la Mer de Chine méridionale, la présence du navire américain est une incursion dans ses eaux territoriales.

Le porte-parole de Pékin a affirmé que les bâtiments chinois avaient « expulsé » le navire américain après un avertissement.

« Un tel acte porte gravement atteinte à la souveraineté et à la sécurité de la Chine et met en danger les équipages des deux parties », a dénoncé Pékin, répétant que « la Chine jouit d’une souveraineté incontestable sur les îles Nansha (Spratleys en chinois) et les eaux qui les entourent ».

M. Geng a accusé les États-Unis de « refuser une stabilisation en mer de Chine méridionale » et de pousser à la militarisation de la région.

« La Chine est fermement déterminée à sauvegarder sa souveraineté territoriale et ses intérêts maritimes », a-t-il ajouté.

Le ministère chinois de la Défense a également protesté, par la voix de son porte-parole, Wu Qian. « Les actes provocateurs des militaires américains ne feront qu’encourager l’armée chinoise à renforcer encore ses capacités de défense », a-t-il averti.

L’initiative américaine est survenue quatre jours après que Washington, épaulé par le Japon et l’Australie, ont protesté contre la construction par Pékin d’îlots artificiels en mer de Chine méridionale, à des fins militaires.

Pékin de son côté a remporté une manche cette semaine en obtenant des 10 membres de l’Association des nations du sud-est asiatique qu’ils publient un communiqué édulcoré au sujet de sa campagne expansionniste dans cette mer.

L’incident en mer de Chine survient dans un contexte de tensions croissantes sur la péninsule coréenne au sujet du programme de missiles de la Corée du Nord et tandis que Washington exhorte Pékin à restreindre son petit allié indiscipliné.