Le Canada expulse l’ambassadeur et le chargé d’affaires vénézuéliens

L'ambassade vénézuélienne à Ottawa au 32 Range Road. (Google Street View)
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L’ambassade vénézuélienne à Ottawa au 32 Range Road, dans un beau quartier central près du parc Strathcona et du Canal Rideau. (Google Street View)

Le Canada a annoncé lundi que l’ambassadeur vénézuélien n’était plus le «bienvenu» et déclaré le chargé d’affaires « persona non grata », en représailles à l’expulsion, il y a deux jours, du chargé d’affaires canadien par le Venezuela.

L’ambassadeur vénézuélien avait déjà été retiré par Caracas pour dénoncer les sanctions canadiennes contre des responsables vénézuéliens impliqués dans la corruption et les violations jugées flagrantes des droits de l’homme dans ce pays plongé dans une crise politico-économique.

« J’annonce que l’ambassadeur vénézuélien au Canada n’est plus le bienvenu au Canada. Je déclare également le chargé d’affaires vénézuélien persona non grata », a affirmé dans un communiqué la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.

[toggle title= »DÉCLARATION DE LA MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES CHRYSTIA FREELAND » load= »show »]

Le 25 décembre 2017 – Ottawa, Ontario – Affaires mondiales Canada

La ministre des Affaires étrangères, l’honorable Chrystia Freeland, a fait aujourd’hui la déclaration suivante:

«Le gouvernement du Venezuela a annoncé que le chargé d’affaires du Canada à Caracas avait été déclaré persona non grata et que celui-ci sera expulsé du pays. Ce geste est typique du régime Maduro, qui ne cesse de miner tous les efforts visant à rétablir la démocratie et à aider le peuple vénézuélien.

«Les Canadiens ne demeureront pas les bras croisés pendant que le gouvernement du Venezuela dépouille son peuple de ses droits démocratiques et de ses droits de la personne fondamentaux et lui refuse l’accès à une assistance humanitaire essentielle.

«En réponse à ce geste du régime Maduro, j’annonce que l’ambassadeur vénézuélien au Canada — qui avait déjà été retiré par le gouvernement vénézuélien pour protester contre les sanctions canadiennes contre des responsables vénézuéliens impliqués dans la corruption et les violations flagrantes des droits de la personne — n’est plus le bienvenu au Canada. Je déclare également le chargé d’affaires vénézuélien persona non grata.

«Je tiens à souligner tout particulièrement le professionnalisme et le dévouement exceptionnels de tout le personnel de la Ambassade du Canada qui travaille au Venezuela.

«Nous continuerons de collaborer avec nos partenaires de la région, notamment par l’intermédiaire du Groupe de Lima, pour faire pression sur le régime Maduro, un régime antidémocratique, et pour rétablir les droits du peuple vénézuélien.»[/toggle]

L’expulsion l’avant-veille du chargé d’affaires canadien Craig Kowalik est « typique du régime Maduro qui ne cesse de miner tous les efforts visant à rétablir la démocratie et à aider le peuple vénézuélien », a dénoncé Mme Freeland.

« Les Canadiens ne demeureront pas les bras croisés pendant que le gouvernement du Venezuela dépouille son peuple de ses droits démocratiques et de ses droits de la personne fondamentaux et lui refuse l’accès à une assistance humanitaire essentielle. »

Le gouvernement canadien a haussé le ton contre le régime du président Nicolas Maduro pour l’inciter au dialogue avec l’opposition et a pris contre lui une série de sanctions.

Ottawa a décidé, entre autres, d’interdire sur son territoire 52 responsables du Venezuela, de Russie et du Soudan du Sud, qu’il accuse d’être corrompus ou liés à des violations des droits de l’homme.

Pour sa part, la présidente de l’Assemblée constituante vénézuélienne avait reproché au chargé d’affaires canadien « une ingérence permanente, insistante, grossière et vulgaire dans les affaires intérieures du Venezuela ».