Tillerson rencontre l’UE, en désaccord avec Trump sur Jérusalem

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Le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson rencontrait mardi 5 décembre 2017 à Bruxelles ses homologues de l'UE et de l'OTAN. Ici, avec la haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité de l'UE, Federica Mogherini. (Department of State)
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Le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson rencontrait mardi 5 décembre 2017 à Bruxelles ses homologues de l’UE et de l’OTAN. Ici, avec la haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité de l’UE, Federica Mogherini. (Department of State)

Le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson rencontrait mardi à Bruxelles ses homologues de l’UE et de l’Otan pour manifester une détermination commune face aux missiles de la Corée du Nord, mais sans parvenir à escamoter des divergences majeures sur l’Iran ou le statut de Jérusalem.

Difficile d’afficher toutefois l’harmonie transatlantique au moment où le président Donald Trump pourrait reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël, ce qui rendrait impossible aux yeux des Européens la création d’un Etat palestinien côte à côte avec l’Etat hébreu.

« Toute action qui saperait l’effort (d’une paix négociée au Proche-Orient) doit être évitée », a prévenu la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini aux côtés de son homologue américain, juste avant un déjeuner avec les 28 ministres des Affaires étrangères de l’UE.

« Une solution doit être trouvée à travers des négociations pour résoudre le statut de Jérusalem — occupée et annexée par Israël — comme future capitale de deux Etats (israélien et palestinien), de façon à répondre aux aspirations des deux parties », a-t-elle martelé.

M. Tillerson, resté silencieux sur cette question explosive, a préféré insister sur « l’engagement fort des Etats-Unis » envers l’Union européenne et leurs « objectifs sécuritaires partagés ».

Il a remercié l’UE pour sa « position déterminée » face à la Corée du Nord.

Mme Mogherini a défendu une nouvelle fois l’accord nucléaire avec l’Iran, virulemment remis en cause par Donald Trump, en le qualifiant de « priorité stratégique majeure pour l’UE ».

Devant M. Tillerson, qui a égrené les griefs des Etats-Unis contre Téhéran — des récents tirs de missiles balistiques à son ingérence dans le conflit syrien et au Yémen–, elle a estimé qu’il fallait les « aborder en dehors de l’accord ».

« L’objectif (du déjeuner) est de tout faire pour ne pas trop nous éloigner les uns des autres. Nous avons besoin les uns des autres en dépit des irritations récentes », a résumé le chef de la diplomatie allemande Sigmar Gabriel.

« Je pense que nous devons encore et encore chercher des voies communes avec les Etats-Unis », a insisté M. Gabriel.

Rex Tillerson devait ensuite retrouver ses homologues de l’Alliance atlantique pour deux jours de consultations en commençant par les grands défis sécuritaires du moment: la Corée du Nord et la Russie.

« La tir la semaine dernière d’un missile balistique intercontinental a montré que toutes les nations alliées pouvaient être à la portée » de Pyongyang, a insisté lundi le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg.

« Le monde entier doit exercer une pression maximale sur la Corée du Nord », a estimé M. Stoltenberg, rappelant que les 29 pays de l’Otan « ont été clairs et constants dans leurs condamnations » de l’essai nucléaire du début septembre et des tirs de missiles par Pyongyang.

Si les Européens se sont toujours sentis à l’abri, ils ont affiché une fermeté sans faille en durcissant encore leurs sanctions économiques contre Pyongyang.

Mais au-delà de cette unité sur la Corée du Nord, nombre de sujets continuent de diviser les partenaires de part et d’autre de l’Atlantique.

A commencer par la lutte contre le réchauffement climatique après le retrait de l’accord de Paris décidé par Donald Trump. L’UE s’inquiète aussi de la remise en cause d’accords commerciaux multilatéraux, de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ou encore de l’ONU.

Même l’Otan, organisation de coopération militaire transatlantique historiquement dominée par les Etats-Unis, a été critiquée par Donald Trump, qui ne cache pas son exaspération devant l’inégal « partage du fardeau » et réclame sans ménagement à ses Alliés européens et canadien qu’ils augmentent leurs budgets militaires.

La tournée en Europe de Rex Tillerson débute après une séquence médiatique ayant une nouvelle fois illustré les tensions récurrentes de l’ancien PDG d’ExxonMobil avec Donald Trump.

Les médias américains ont rapporté la semaine dernière que la Maison Blanche entendait le remplacer prochainement par le directeur de la CIA Mike Pompeo à la tête du département d’Etat, ce que Trump a démenti.