Mattis et Pompeo reçoivent vendredi à Washington de hauts responsables chinois

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Le secrétaire d’État américain Pompeo et le secrétaire à la Défense James Mattis alors qu'ils participaient à une conférence de presse commune la presse à l’Institut Hoover de l’Université de Stanford à Palo Alto, en Californie, le 24 juillet 2018. [Archives/Département d’État]
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Le secrétaire d’État américain Pompeo et le secrétaire à la Défense James Mattis alors qu’ils participaient à une conférence de presse commune la presse à l’Institut Hoover de l’Université de Stanford à Palo Alto, en Californie, le 24 juillet 2018. [Archives/Département d’État]

Les ministres américains des Affaires étrangères Mike Pompeo et de la Défense Jim Mattis doivent recevoir vendredi à Washington de hauts responsables chinois, a-t-on appris lundi, signe d’un apaisement des tensions après des mois d’escalade sur le plan commercial et militaire.

Leurs homologues chinois Yang Jiechi (Affaires étrangères) et Wei Fenghe (Défense) seront notamment présents lors de ces discussions, a annoncé le département d’Etat américain dans un communiqué.

Cette rencontre, qui intervient après une période de fortes tensions politiques entre les deux grandes puissances, fait suite à une première ayant eu lieu en juin 2017, consacrée notamment à l’époque à la Corée du Nord.

Les présidents américain Donald Trump et chinois Xi Jinping ont lancé en 2017 « le cadre de négociations (…) pour étendre les domaines de coopération et réduire les différences concernant des sujets diplomatiques et de sécurité clés » entre les deux pays, rappelle le communiqué du département d’Etat, faisant référence à la rencontre des deux dirigeants à Mar-a-Lago (Floride) en avril 2017.

L’annonce des discussions de vendredi, qui intervient la veille d’élections législatives cruciales aux Etats-Unis, constitue le dernier signe d’une normalisation des relations entre les deux pays.

M. Mattis avait déjà dit le 27 octobre que son homologue chinois était attendu à Washington.

« Je voudrais souligner que concurrence stratégique n’est pas synonyme d’hostilité », avait alors déclaré M. Mattis. « J’ai rencontré mon homologue à Pékin il y a un mois, je l’ai rencontré de nouveau à Singapour il y a une semaine. Il vient à Washington la semaine prochaine pour poursuivre nos discussions », avait-il ajouté.

Début octobre, le ministre américain avait annulé une visite prévue en Chine, son homologue ne s’étant pas rendu disponible, selon un responsable du Pentagone.

En septembre, alors que des droits de douane supplémentaires américains entraient en vigueur sur des biens chinois représentant 200 milliards de dollars, Pékin avait fustigé le survol jugé « provocateur » par des bombardiers américains des mers disputées de Chine méridionale et orientale.

L’administration américaine a en outre doublé le conflit commercial d’une attaque tous azimuts contre la Chine, accusée dans un discours du vice-président Mike Pence début octobre de vol de technologies sensibles, d’expansionnisme diplomatique et militaire, d’atteintes massives aux libertés publiques et aux minorités religieuses, et même d’ingérence électorale pour se débarrasser du président Trump.

Mais le président américain a depuis peu adopté un ton plus conciliant. Il s’était montré optimiste vendredi sur la possibilité d’un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine.

« Je pense que nous allons conclure un accord avec la Chine. Je pense qu’un très bon accord sera trouvé », avait-il déclaré.

Lundi, le président Xi Jinping a promis une nouvelle fois d’ouvrir davantage le marché chinois aux importations.

« Notre ferme conviction est que la Chine et les Etats-Unis ont tous deux à gagner de la coopération, et à perdre de la confrontation », a pour sa part déclaré le vice-président chinois Wang Qishan lors d’une conférence à Singapour mardi.

La Chine « est prête à avoir des discussions avec les Etats-Unis sur des sujets de préoccupation mutuelle et à travailler à une solution commerciale acceptable pour les deux parties », a-t-il ajouté.

Les discussions de vendredi devraient toutefois se concentrer sur les problématiques sécuritaires. La Corée du Nord devrait aussi être à l’ordre du jour, alors que M. Pompeo doit rencontre la veille, jeudi, à New York son « homologue » nord-coréen, le général Kim Yong Chol, bras droit de Kim Jong Un.

Des responsables ont évoqué la possibilité d’une rencontre entre les présidents américain et chinois lors de la prochaine réunion du G20 des chefs d’Etat les 30 novembre et 1er décembre, en Argentine. Un tel sommet reste à confirmer officiellement.