Deux Russes, dont un « plombier », soupçonnés d’espionnage à Davos

Un policier chargé de la sécurité du Forum économique mondial de Davos (Suisse), le 20 janvier 2020. [AFP]
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La police suisse a découvert l’an dernier deux agents russes présumés, porteurs de passeports diplomatiques mais l’un disant être plombier, à Davos, où se tient chaque année en janvier le Forum économique mondial (WEF), ont révélé mardi les médias suisses.

« C’était un contrôle de police régulier. Les deux hommes avaient des passeports diplomatiques russes mais n’étaient pas officiellement accrédités comme diplomates en Suisse », a indiqué à l’AFP une porte-parole de la police cantonale des Grisons, région dans laquelle se trouve la station de ski de Davos.

D’après les médias suisses, les deux suspects étaient soupçonnés d’avoir effectué des travaux préparatoires pour une opération lors de l’édition 2020 du WEF, qui a ouvert mardi en présence du président américain Donald Trump.

D’après le journal Tages Anzeiger, « au moins l’un des deux hommes a prétendu être un plombier ». Les deux hommes avaient prévu de rester à Davos du 8 au 28 août, piquant la curiosité des policiers.

Les deux hommes ont toutefois été relâchés.

« Nous n’avons reçu aucune information à ce sujet de la part des autorités suisses. Il n’y a aucune preuve d’espionnage », a déclaré Stanislas Smirnov, attaché de presse de l’ambassade de Russie à Berne, à l’AFP.

« Je n’exclus pas qu’il s’agisse de personnes ayant un passeport diplomatique russe. Elles ne doivent pas nécessairement être accréditées en Suisse », a-t-il ajouté.

Quant à savoir pourquoi l’un d’entre eux a déclaré être plombier, l’attaché de presse russe a estimé qu’il devait s’agir d’une « blague stupide ».

A Berne, le Service de renseignement de la Confédération a indiqué à l’AFP ne pas s’exprimer sur « des cas particuliers, ni sur ses activités opérationnelles ». Le procureur général n’a pas ouvert d’enquête.

En octobre 2018, la Suisse avait en revanche lancé une procédure pénale contre des ressortissants russes, soupçonnés d’espionnage sur le territoire helvétique à l’encontre de l’Agence mondiale antidopage (AMA) et du laboratoire de Spiez, qui travaille notamment pour l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).

Selon les médias, les Russes visés par la procédure étaient vraisemblablement un duo de membres du GRU, le renseignement militaire russe, arrêtés aux Pays-Bas début 2018 pour soupçon de piratage du laboratoire suisse de Spiez, associé alors à l’enquête sur la tentative d’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal. 

Les deux ressortissants russes avaient été renvoyés en Russie la même année.

Quant à l’AMA, basée à Montréal, elle avait suspendu en 2015 l’Agence russe antidopage (Rusada), en réponse à son rôle-moteur dans le système de dopage d’Etat qui régissait le sport russe entre 2011 et 2015. L’AMA a réintégré l’agence antidopage russe le 20 septembre 2018, mais fin 2019, elle a prononcé l’exclusion de la Russie de toute compétition sportive internationale pendant quatre ans, pour sanctionner la « manipulation » de données de contrôles antidopage qui lui avaient été remises.