Un homme abattu à Londres après avoir poignardé plusieurs personnes

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Dimanche 2 février 2019, Sudesh Amman, 20 ans, a poignardé et blessé deux personnes. [AFP]
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La police de Londres a annoncé avoir abattu dimanche un homme qui avait poignardé plusieurs personnes au sud de la ville, précisant traiter cette affaire comme un acte terroriste.


Mise à jour 02/02/2020, 18h17

Le suspect, identifié par la police comme étant Sudesh Amman, 20 ans, avait été récemment libéré de prison et purgeait une peine pour des délits de nature islamiste », a expliqué Lucy D’Orsi, une responsable de la police, qui lance aussi un appel à témoins. Toujours selon la police, ce sont deux personnes qui ont été poignardées par l’assaillant, qui portait un gilet explosif factice, et une troisième a été blessée par un éclat de verre provoqué par un tir des forces de l’ordre. L’une des victimes était jugée dans un premier temps grièvement blessée mais sa vie n’était plus en danger en fin de journée.

Selon plusieurs médias, le suspect avait déjà été condamné en 2018 pour 13 délits terroristes après avoir en particulier partagé dans un groupe familial sur la messagerie Whatsapp un magazine lié à Al-Qaïda. Selon la chaîne de télévision Sky News, il a été libéré en janvier, après avoir purgé la moitié de sa peine de trois ans d’emprisonnement. Le premier ministre Boris Johnson a promis de détailler dès lundi «des changements fondamentaux» concernant le traitement des auteurs d’actes terroristes (son gouvernement avait déjà annoncé un durcissement législatif à la suite de l’attaque qui a fait deux morts fin novembre à London Bridge, en plein centre de la capitale britannique, perpétrée par un djihadiste en liberté conditionnelle).

Mise à jour 02/02/2020, 13h00

Une deuxième victime a été soignée pour des blessures légères sur les lieux avant d’être transportée à l’hôpital et une troisième victime a été transportée à l’hôpital – sa vie n’est pas en danger, écrit à l’instant la police londonienne sur son compte twitter.

«À ce stade, nous pensons que plusieurs personnes ont été poignardées», a indiqué la police sur son compte Twitter. «Nous étudions les circonstances» de cet acte, qui «a été déclaré comme étant lié au terrorisme», a-t-elle ajouté.


Les services d’ambulance de la capitale ont eux aussi indiqué sur leur compte Twitter avoir déployé des moyens pour «s’occuper d’un incident à », un quartier principalement résidentiel.

Sur Twitter, le premier ministre Boris Johnson a remercié les services de secours, ajoutant que ses pensées allaient aux «blessés et à tous ceux qui ont été affectés».

 Les terroristes cherchent à nous diviser et à détruire notre mode de vie. À Londres, nous ne les laisserons jamais y parvenir», a réagi le maire de Londres Sadiq Khan dans un communiqué.

«Machette» et coups de feu

À la télévision britannique, la députée de la circonscription Bell Ribeiro-Addy a précisé qu’une des victimes était grièvement blessée et que «la police surveillait (l’assaillant) depuis un certain temps», sans plus de détails.

La rue où se sont produits les faits a été bouclée par la police, maintenant les passants à plusieurs centaines de mètres, ont constaté des journalistes de l’AFP sur place. Certains magasins ont fermé leurs portes plus tôt que prévu et un hélicoptère survolait la zone.

«Je marchais dans la rue et j’ai entendu des coups de feu, deux ou trois. Tout le monde s’est immobilisé», a raconté à l’AFP Sean Cochrane, 44 ans, qui s’est installé dans un pub voisin en attendant que la police le laisse rentrer chez lui, dans le périmètre de sécurité.

«On n’aurait pensé voir cela arriver à Streatham, c’est un quartier très sûr avec une forte diversité», a déclaré à l’AFP Jonathan Bartley, un élu local et l’un des responsables des Verts. « C’est inquiétant que l’incident ait été aussi vite qualifié de terroriste ».

Un témoin a raconté à l’agence de presse PA avoir vu un homme portant une machette pourchassé par un homme en civil : « Il s’est fait tirer dessus. Je pense avoir entendu trois coups de feu », a dit cet étudiant de 19 ans.

Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent des policiers armés entourant un homme étendu au sol sur Streatham High Road. Les forces de l’ordre reculent ensuite brusquement, et demandent aux témoins de la scène de reculer, alors que d’autres véhicules d’urgence arrivent sur les lieux.  

Londres a été le théâtre de plusieurs attaques terroristes ces dernières années. Fin novembre, une attaque au couteau avait fait deux morts à London Bridge, pont du centre de la capitale britannique, avant que l’assaillant ne soit abattu par la police.

L’auteur de l’attaque revendiquée par l’organisation djihadiste État islamique (EI), Usman Khan, 28 ans, était un ancien détenu pour des faits de terrorisme libéré à mi-peine. Il participait sur les lieux des faits à un programme de réhabilitation pour anciens détenus.

Depuis, le gouvernement de Boris Johnson a annoncé des mesures aggravant les peines pour les auteurs d’actes terroristes et interdisant leur libération anticipée.

Dans le projet, qui doit être étudié au Parlement, il est prévu que ceux qui sont condamnés pour des actes considérés comme terroristes soient emprisonnés pour au moins 14 ans. En outre, le budget alloué à la lutte antiterroriste doit être nettement augmenté.

La famille d’une des deux personnes tuées en novembre avait toutefois déclaré que celle-ci, qui travaillait dans la réhabilitation des prisonniers, «ne voudrait pas que cet événement terrible et isolé soit utilisé comme prétexte par le gouvernement pour introduire des peines encore plus draconiennes ou pour maintenir en prison des gens plus longtemps que nécessaire».